La Bataille d'Urfa

La légende des Paladins et des Prophéties oubliées
 
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 Les Guerres..

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MessageSujet: Les Guerres..   Mar 3 Jan - 14:32

Voilà cinq années qu'il était parti, laissant derrière lui sa famille, ses enfants, ses terres. Il avait dû tout abandonner pour servir dans l'armée. Oh bien sûr il ne voulait pas devenir soldat ; il avait une famille à protéger. Mais on ne lui laissa pas le choix et, enrôlé de force, il partit guerroyer vers de lointaines contrées en espérant ne pas y mourir…

Et en ce jour, il foulait de nouveau sa terre mais... Beaucoup de choses avaient changé. Sa terre, sa demeure, ses proches... Rien n'était plus comme avant. Il tomba à genoux lorsqu'il vit des braises encore fumantes là où jadis sa chaumière. Tout avait brûlé, toute la maison avait été consumée par les flammes ainsi que toute la végétation environnante. Les champs n'étaient plus que cendres, et la terre était devenue stérile et noircie à vie, funeste témoignage intemporel des horreurs commises.

La Mort avait investi les lieux et n'avait pas fait de prisonniers, étendant son règne sans partage. Elle avait banni toute trace de vie sous n'importe quelle forme que ce soit. Aucun bruit si ce n'est une légère brise qui de temps à autre se levait. Des effluves de souffres et de cendres colportées par le vent venaient fouetter ses narines, lui donnant des nausées. La brise colportait aussi des cris, des murmures des complaintes et des pleurs. Et parmi ces sons, parmi cette funeste mélopée, il crut reconnaître par moments ses proches. Il ne pouvait imaginer ce qui leur était arrivé…et cette ignorance, mêlée à une profonde culpabilité ainsi que de l'impuissance le tourmentait affreusement…

Et la Souffrance entama sa danse lancinante dans son être, usant de tous ses artifices pour l'anéantir. Elle fit appel aux moments de bonheur passés...qu'il ne revivrait plus jamais. Sournoise, perverse jusqu' à la lie, la Souffrance s’acharnait à lui faire aimer d'avantage ce qu'il ne pourrait plus ressentir.. Car elle sait que l'on ne désire souvent quelque chose que lorsqu' on l’a perdue, et que ce désir vain entraîne le désespoir. Et du désespoir naît la Souffrance.. Le Mal engendre le Mal, tout comme la Souffrance engendre la Souffrance. Alors l'esprit sombre inexorablement dans ce cercle vicieux.

Toujours à genoux, il pleura. Lui qui durant cinq longues années avait vu la Guerre dans toute son horreur, croyait son coeur à jamais endurci, incapable de verser ne serait ce qu'une larme. Il se trompait, et ses larmes s'écrasaient une à une sur le sol. Ses mains plongèrent dans la terre noircie et séchée tandis qu'il implorait, qu’il suppliait que tout ceci ne soit que cauchemars et chimères. Il se maudissait, maudissait sa vie, cette guerre. La guerre..il l'avait faite contraint et forcé sinon sa famille aurait subi les conséquences de ce refus , il avait "accepté" , pour protéger les siens..
Cruelle ironie. Il se souvient de ses supérieurs et de leur amitié vénéneuse qui jour après jour lui assuraient que sa famille ne risquait rien là bas au pays, et qu'il les retrouverait bientôt. Alors qu'en réalité... Cette guerre dont il ne sut jamais ni la cause ni le but, et pour laquelle il dut tout abandonner ,cette guerre maudite avait même ravagé les terres éloignées du front. Ecrasée d’impôts, de taxes, la population vivait dans la misère.. Bientôt la Famine s'installa suivie de près par la Peste et autres Maladies.. Les Morts s'entassaient dans les ruelles insalubres. Les quatre cavaliers étaient venus. Et de leur sabots ils piétinèrent sans pitié les populations qui une à une furent décimées par cet antique Fléau. Ce fut bref mais atroce...les hommes et femmes n'avaient aucun espoir contre eux. Il ne pouvait que pleurer leurs morts et attendre la leur. Sa famille ne fit pas exception hélas et elle périt par la peste noire…

Il se leva, et marcha péniblement, tel un zombie vers les restes de sa demeure. "Cela" avait dû avoir lieu il y a longtemps, mais les cendres étaient encore tièdes et fumantes, comme un funeste témoin de cette horreur. Et puis, mi recouverte de cendres, il aperçut une poupée de chiffons... celle de sa fille. Il serra ce vestige contre lui et libéra sa douleur en hurlant sa peine. Une nuée d'oiseaux de mauvais augure s'envola par peur et remplit le ciel d'une funeste nuée obscure, tandis que de nouvelles larmes venaient mourir sur le sol desséché.

Voilà les conséquences d'une guerre parmi tant d'autres. Voilà ce que retrouva un homme ; un époux, un père de famille. Un homme qui ne fut qu'un pion sur l'échiquier du Destin, un grain de poussière ballotté par des forces le dépassant, et devenu prisonnier et funeste amant de la Souffrance. Y a t il un destin ? Y a t il quelque chose qui gouverne et régit les destinées ? Cela ne lui importa que peu sans doute ,tout ce qu'il savait c'est qu'il avait mal au plus profond de son âme ,et ce qu'il savait aussi ,c'est qu'il s' étendrait aussi bientôt et qu'il rejoindrait les siens. Une vie brève, comme un souvenir fugace, marquée par le malheur s'effacera. Mais les traces de ses larmes sur ce sol maudit elles resteront bien longtemps après lui. Ainsi va parfois la vie, ainsi va la Souffrance…
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MessageSujet: Re: Les Guerres..   Mar 3 Jan - 14:33


Le jour se lève, et le soleil peu à peu de ses doux rayons commence à déchirer le voile des ténèbres qui formait peu avant la nuit.
Accompagnant ce phénomène, de légères volutes de brumes s’étendent de ci de là sur la plaine, alors que les chants d'oiseaux n'ont pas encore commencé à se faire entendre. La Vie peu à peu s’éveille, lentement, cérémoniellement, tandis que la Lumière continue de chasser les ténèbres. Mais bientôt tout ici va être bousculé, la Vie deviendra Mort, la Lumière recouverte par la Nuit, et la rosée du matin se changera en torrents de sang...

En effet bientôt le sol de met à trembler, comme si la terre se mettait à gronder... Des ombres en rangs serrées parcourent la prairie de part et d’autre, et bientôt deux marées hostiles composées d'hommes et d'armes se font face. Qui sait pourquoi ils vont s'affronter... Une cause ? Un différent entre souverains ? Peu importe après tout... Dans peu de temps la charge sera lancée, et la plupart d'entre eux par la Vielle Dame seront fauchés.
Dans les deux camps, du simple soldat au général, on tremble. On repense à sa famille, à sa femme qui attend et qui implore les dieux d'épargner son mari.. On revoit sa vie, son passé et on songe à toutes ces choses qu'on ne pourra jamais réaliser. Et on se maudit d'être là, on voudrait partir, on voudrait fuir, pour vivre... Certains restent par peur d’être ensuite persécutés, d'autre par Honneur mais peu sont ravis d'être là.

Mais à peine le temps des regrets commence qu'il faut revenir au plus vite à la réalité. Les ombres ne bougent pas, elle s’observent, se toisent et prient. Dans les deux camps on se crispe en fixant les officiers car on sait que bientôt l'ordre sera donné.. Le temps change, les secondes deviennent des heures, la peur saisit au ventre les soldats, leur coeur est prit de folie.. Moment insoutenable où l'on est déchiré entre le désir d'en finir au plus vite et l'angoisse de charger..

Sur une colline, non loin de la scène, elle se tient là et observe comme à son habitude. Peu lui importe l'issue de la bataille. Elle sait qu'elle prendra ceux qui ne verront pas leurs enfants grandir, ceux qu'une épée transpercera ou tout simplement qui ont eu moins de chance. Depuis le temps elle n'a toujours pas compris pourquoi tant de folies mais si les hommes veulent agir ainsi ceci est leur droit. Et, s'appuyant sur sa faux, elle contemple…

Et soudain déchirant le silence, un cri retentit, un ordre est donné et deux masses noires s'élancent l'une vers l'autre. Le sol tremble sous leur pas tout comme leurs membres. Ils hurlent pour effrayer leurs ennemis et pour vaincre leur propre peur. Et puis les hurlements peu à peu diminuent d intensité tandis que les premiers morts tombent. Dans la mêlée le désordre règne, mais peu importe on se bat c'est ce qui compte... Le fracas des armes, les hurlements de douleur se mêlent en une déchirante symphonie, une complainte à la douleur qui s'élève en un funeste crescendo.. Et cela empire malgré le nombre des victimes. Les survivants continuent à s'entretuer.
Et au coeur de ce chaos, certains sortent du lot, ces soldats là qui par leurs actes marqueront d'une pierre blanche la bataille. Que ce soit le simple écuyer qui avec bravoure affronte ses ennemis, le preux chevalier en armure qui fuit la bataille par lâcheté tandis que son page donnerait sa vie pour protéger ses chevaux, ils furent le temps d'un carnage des héros de guerre... Mais plus tard ils comprendront que la guerre n'amène rien, si ce n'est la mort.

Et bientôt, la jolie prairie fleurie laisse place à un charnier. Des cadavres de soldats s'amoncellent par dizaines, et de minces ruisselets de sang s'écoulent le long de la plaine pour former un torrent.. puis un fleuve à la fin . Et tout cela pour quoi ? Pour rien sans nul doute, et ça aura coûté la vie de centaines de soldats. La Guerre est une horreur que les hommes ont crée et qu'il continueront a perpétrer encore hélas longtemps. Les hommes morts ici n'étaient que de des pions, leur sacrifice pour leurs chefs a été vain. Ils recommenceront, une fois que leurs garnisons seront à nouveau pleines, tandis que les chaumières de ceux qui furent appelés au combat se vident peu à peu.

La Faucheuse sa tâche accomplie repart vers d'autres atrocités, malgré toutes ses vies elle n'est pas rassasiée…
Ainsi va la Guerre, ainsi vont les Hommes…
Ainsi va la Vie… Ainsi va la Mort…
Et tant mieux.



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MessageSujet: Re: Les Guerres..   Mar 3 Jan - 14:33




Dans une petite chaumière vivait un jeune garçon nommé Han. Fils de fermiers, il passait ses journées à aider ses parents afin de subsister. Mais ce jeune garçon était épris de rêve de gloire et de célébrité. Chaque nuit, il se voyait en chevalier, bravant mille dangers au cours d'une bataille, et à chaque fois, au réveil, le retour à la réalité emplissait son coeur de déception et de tristesse…

Comme il aurait tout donné pour pouvoir guerroyer comme les grands seigneurs, s’élancer le coeur battant dans la bataille.. Il maudissait ses conditions de vie et profitait dès qu'il en avait le temps du moindre moment de repos pour replonger dans ce monde de chimères où ses rêves sont possibles..
Parfois même, il restait des heures à jouer avec un morceau de bois, s’entraînant à l'escrime et luttant contre des hordes d'adversaires imaginaires.

Ainsi passèrent les années jusqu'à ce que cet enfant devienne un jour un homme grand et robuste et déjà père de famille. Il semblait avoir oublié ses vieux rêves, privilégiant avant tout sa famille qu'il chérissait plus que tout. Mais un jour de printemps, des cavaliers arrivèrent devant sa demeure. Une guerre se préparait contre le seigneur voisin et on recrutait dans le royaume tout homme pouvant se battre. Son sang ne fit qu'un tour quand on lui demanda de rejoindre les rangs de l’armée, il accepta. Il oublia de suite sa femme et l'enfant qu'elle portait, il pouvait enfin réaliser son rêve. Et il partit, la tête remplie d'espoir et de gloire...

Et le revoilà quelques jours plus tard, sur le champ de bataille parmi les autres soldats. Il est heureux et excité car il réalise enfin un vieux rêve. Il trépigne d'impatience en attendant l'ordre de charger, son sang bouillonne son épée le supplie de sortir de son foureau. Il ne sait pas pourquoi il doit se battre, ni contre qui, peu lui importe à vrai dire.. Il attend que cela commence...

Et soudain, enfin l'ordre est donné et bientôt les deux marées humaines s'élancent l'une contre l'autre. Il court aussi vite qu'il le peut en brandissant son arme et en poussant un hurlement de guerre.. En face, un ennemi l'observe et s'élance vers lui. Ce sera son premier adversaire. Les deux guerriers se heurtent avec la violence d'une météorite, et tombent tous deux à terre. Se relevant aussitôt, ils brandissent à nouveau leurs armes et commencent le combat. Pas de pitié, pas d’échappatoire, juste se battre pour ne pas être tuer. Han commence juste a comprendre mais il est trop tard, il faut continuer si il veut survivre. Et il frappe, encore et encore si bien que son adversaire ploie sous ses coups pour enfin trépasser.
Il se maudit d'avoir été si inconscient et égoïste.. Sa famille, il donnerait tout pour la revoir, mais pour cela il faut survivre à cette boucherie.. Les combats prennent part de part et d'autre si bien qu'il se sent totalement désorienté. Un cri.. Il se retourne et voit un nouvel ennemi le charger. Encore se battre.. Et il se bat et parvient tant bien que mal a terrasser son assaillant. Il cherche une issue mais n'en voit pas, si ce n'est la Mort, mais il s y refuse, il veut voir son enfant grandir et vieillir aux cotés de sa femme. Cette pensée semble lui donner des ailes et décuple ses forces. Il défait bon nombre d'ennemis sur son chemin, toujours en s'accrochant à l'image e sa famille.. La folie qui règne en ce lieu ne cesse de croître, les hommes s'entretuent et ne savant pas pourquoi, tandis que les généraux observent de loin la scène. Il voit une forme sombre, inquiétante et familière s'approcher de lui, dissimulant derrière elle une faux, il ne comprends pas lorsque...

Mais soudain, il entend un cri retentir, un cri qui lui glace le sang…Son cri.. Une lame vient de transpercer son corps, sa vie s'échappe tandis qu'il s'affale sur le sol. Il ne voit pas le visage de son bourreau et ne le verra jamais, mais surtout, il ne verra jamais son enfant grandir ni sa femme. Les larmes aux yeux, il murmure "Pardon" avant de rendre son dernier soupire.
L'Ombre repart à l’autre bout du champ de bataille, d’autres attendant qu'on les fauche...
Pauvre Han , toi qui a succombé à tes désirs futiles de guerre, tu as compris bien tard hélas que la guerre était une horreur, mais lorsque la lucidité t'a frappé il était déjà trop tard.. Tu voulais vivre en héros, te voilà mort en martyr…
Paix à ton âme.
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