La Bataille d'Urfa

La légende des Paladins et des Prophéties oubliées
 
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 Ma Croisade.

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MessageSujet: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:39



Ma Croisade.










©Gengis 2002.





Remerciements à Scar d'avoir conservé mes textes après le crash du forum.
Problèmes d'images probablement absentes liées au changement d'hebergeur.
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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:40

Trop de temps avait passé. Trop de nuits d'inactivités à garder cette nécropole sans ne rien faire d'autre que le travail d'un protecteur contre des ennemis contre lesquels il n'y avait aucune gloire ni honneur à triompher.

Une bataille plus importante allait avoir lieu, en nul point comparable à celles passées. Et je suis loin, très loin d'être prêt. Mes affaires sont presque prêtes, armes, armures, monture, vivres..
Une fois les préparatifs accomplis, je passerai un peu de temps avec ma famille, mais je devrai y renoncer pour me mettre en route. Avant de partir je tâcherai de ne pas oublier d'embrasser les miens, mon sang. C'est aussi pour eux que je pars, pour les protéger et aussi pour qu'ils soient fiers du nom qu'ils portent...Trop de choses à faire, à corriger ou à combattre..Des ennemis cachés des menaces, des responsabilités.
Je ne peux pas changer le monde dans lequel je vis...Ce que je peux faire c'est me battre et faire que par mon sang et ma sueur il soit un peu meilleur. Telle est ma voie, ma Quête..


Le destrier s'éloigna lentement, son cavalier partit sans se retourner, sans douter.
Il lui fallut de longues et pénibles heures pour arriver à destination, cette terre qu'il connaît et haït bien. Cette Plaine sinistre théâtre d'horreurs passées et à venir.. Il se dirigea vers le fort le plus à l'est des Crocs et s'enfonça peu à peu dans ces noires terres.. On dit qu'il partit là bas servir quelques temps, se préparer, en tout cas c'est là qu'on le vit la dernière fois.
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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:40

La vie aux Crocs est comparable aux lieux ; morbide et peu hospitalière, ce qu'il me fallait. Sans le savoir ni le vouloir j'ai du m'embourgeoiser, une belle maison, un lit accueillant et confortable, un grand bureau.... Qu'il semble loin le temps où je dormais à la belle étoile enveloppé dans mon vieux kiffa. Même si j'ai obtenu ce que j'ai à ce jour par du labeur et de nombreuses batailles j'ai du me laisser piéger, voir ramollir peut être aussi.
C'est ce qui me conforte jour après jour, que j'ai pris le bon choix,que j'en avais besoin. Besoin de retrouver une rigueur, une hygiène de vie que je délaissais et qui m'avait pourtant conduit où j'en suis à ce jour. Il est louable de vouloir être quelqu'un de droit et vertueux, mais si on ne s'en donne pas les moyens, si on se contente de la facilité cela est vain. C'est ce que je disais jadis à ceux qui ne comprenaient pas ma voie, belle ironie qu'il eut fallu que je me le dise un jour à moi-même pour me réveiller..


Et quel meilleur endroit pour le faire qu'ici, terre hostile et maudite, témoignage lugubre des méfaits de la Fatalit, et surtout refuge des vermines qui la servent. J’y venais depuis déjà quelques temps régulièrement, me tester, repousser mes limites tout en faisant mes devoirs, je m’entraînais. Je n’y étais pas retourné depuis que j’avais commencé à me battre pour Griff, non pas que cet endroit me manque, bien au contraire, mais l’intensité des combats que j’y ai mené oui. Je ne suis pas un joyeux luron je n’ai pas de « loisirs » autres que ceux que me confèrent mes idéaux et principes, mais je connais peu de choses aussi plaisantes et jouissives que de vaincre dans les règles de l’Art et de l’Honneur un fataliste. Peut-être croiserais-je mon cher beau-père au détour d’une bataille ici, qui sait..


Evoquer cette ordure me fait penser aux miens, restés à Ankar. Cela me manque de ne plus entendre brailler mon fils. Ici en tout cas on ne se rappelle pas de mémoire d’homme avoir entendu les cris un enfant, du moins des cris autres que de souffrance. C’est en partie cela qui dérange le plus ici quand on y reste assez longtemps, ce faux silence. Plus de chants d’oiseaux, uniquement des hurlements et des ordres que l’on hurle à tout va, pas de vie...ou si peu. Car au sein des fortins évolue une faune indigène et bruyante qui semble ne jamais se reposer à tel point que l’on dirait parfois une ruche. Même s’il y a une importante majorité de combattants dans le fort ou je suis, il n’est pas rare d’y voir passer ou transiter moult commerçants et artisans en quête de profits ; le matériel de qualité est ici aussi précieux que les vivres. Un apprenti combattant ivre mort voulut tuer Assran pour sa viande l’autre nuit, mais je gage que le coup de sabot qu’il reçut en retour lui a remit les idées en place. Il est vrai que la faim est devenue ma nouvelle compagne ici et que plus les jours passent, plus il est dur de manier l’épée la faim au ventre. Peu à peu mes forces me quittent, jour après jour. C’est ce qu’il me faut.


Ici ils m’appellent « le jeune » en raison de mon âge et surtout de ma récente arrivée. Et comme les nouvelles têtes se font rares je suis le nouveau sujet de discussion et surtout de railleries de la part des autres Combattants. Apparemment ce serait coutume ici comme me l’expliqua un ancien lors d’une veillée. Cela finira soit par un duel, soit par une démonstration de force lors d’un combat dans la plaine. Pour un peu on se croirait presque à Ankar, mais d’un certain point de vue ce n’est pas plus mal. Cependant je vais leur laisser un peu de temps encore, afin de les amuser quelques temps, par contre ensuite plus dure sera la chute pour eux. Donnant-donnant. Il semblerait qu’ils aient appris qui j’étais et quelle était ma voie, c’est sans doute pour cela que mes faits et gestes reçoivent tant d’attentions et de critiques de leur part. « Pas trop mal, mais à chier pour un futur paladin » disent-ils régulièrement. Il arrive qu’un échange de baffes suive ce genre de remarques, pas seulement pour conserver mon honneur, mais par colère car cela est vrai. J’arpente la Plaine plusieurs fois par jour, essentiellement les nuits et j’y combats tous les jours, malgré la faim et les blessures de la veille mais rien n’y fait...Il manque quelque chose. La Flamme est toujours là, mais il manque quelque chose. Alors je m’enfonce jour après jour d’avantage et plus profondément dans le pays de Kali. Par chance je conserve assez de lucidité pour ne pas me faire piéger, il paraît fou au premier abord de s’enfoncer encore et encore dans ce pays maudit pour y trouver un adversaire, cela pourrait très bien être un piège, peut être même tendu par celui qui hante mes nuits. Mais en aucun cas je n’ai renoncé à ma voie et mes principes ni franchi la frontière qui sépare l’ombre de la lumière, c’est d’ailleurs pour cela que je poursuis cette quête. Et c’est en allant toujours au plus près du danger que l’on trouve où est son courage et ses réponses, disait mon oncle jadis. Chaque jour je reviens bredouille et toujours plus amoché par mes excursions, même à un contre dix et en sale posture je ne trouve pas ce que je cherche. Le soir il est de coutume de se réunir autour d’un feu et de se raconter la journée, ses exploits et batailles. J’écoute leurs récits, et je me sens parfois à nouveau comme un enfant en les écoutant. J’envie leur entrain et leur fougue, cette chose qu’ils ont et que moi je cherche ; le sentiment d’avoir réussi quelque chose.. Ils me demandent sans cesse, amusés, ce qui me met dans ces sales états. L’autre jour ce fut une rencontre inattendue avec un vers géant a la lisière des marais, mes recherches m’avaient menées déjà là bas, mais malgré cette sale bestiole je n’ai pas réussi, pas encore.

Jusqu’au jour où en sortant d’une bataille j'ai finalement trouvé ce que je cherchais..


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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:41

Je revenais d’une embuscade au pied des montagnes, nous étions trois combattants à nous y être battus. L’ennemi était nombreux mais nous sommes parvenus à les défaire. Néanmoins un des nôtres tomba au combat, je n’ai à mon grand regret rien pu faire pour l’aider, car submergé je n’ai même pas vu quand il fut lâchement poignardé de dos par l’ennemi. Mon autre compagnon s’en est mieux tiré, une flèche l’a atteint toutefois au bras mais rien de dangereux, du moins c’est ce que je pensais.. Car une fois la bataille finie et nos ennemis en déroute il s’est écroulé subitement, tremblant de toute part. Pris d’un atroce doute j’ai regardé son bras et sa plaie qui avait une couleur n’engageant rien de bon, apparemment nos adversaires ont été lâches jusqu’au bout, usant d’artifices pour tuer à distance.. J’ai tenté de porter mon compagnon jusqu’au fort, je l’ai délesté de ses armures lourdes et encombrantes qui m’auraient fait perdre du temps. Je l’ai porté aussi loin et aussi vite que j’ai pu, mais quand je suis enfin arrivé à destination, le poison avait déjà rempli son office. Le corps de mon défunt compagnon était devenu glacé, si froid...Il était aussi jeune que moi, au rang d’apprenti. Il rêvait de gloire et de bonnes bagarres, il est mort de sang froid, tué par une méthode de lâches...de pourritures.. C’étaient sans doute des membres de la légion des ténèbres ou des renégats.


~~~~~~~~~~~~~~

~~~~~~~~~~~~~~


La nuit sembla d’avantage funeste ce soir là, mais la matinée elle fut sanglante, chacun étant décidé à rendre hommage aux compagnons tombés la veille comme ils avaient coutume de le faire, avec le sang de l’ennemi. « Une vie pour une vie » disent-ils d’un ton hargneux. Il est vrai que je ne les comprends que trop bien, sentir mourir cet homme dans mes bras hier me donne envie à moi aussi de me livrer à un carnage, la colère que ces êtres m’inspirent s’en est trouvée exacerbée, trop sans doute. Je n’aime pas tuer, je n’aime pas ces pourritures non plus, et c’est contre eux que la loi du sang est souvent la plus dure à respecter. Mais se laisser aller, même avec de bonnes intentions comme éliminer une pourriture de ce genre conduit selon moi à tomber tôt ou tard dans leurs filets et au final à devenir comme eux...Surtout qu’une fois vaincus, ils s’empressent de citer cet édit pour sauver leur peau et semer le doute une dernière fois. Je me rappelle encore cet assassin l’autre jour qui prétendant guider des voyageurs vers la Plaine et les égorgea dans leur sommeil pour leur soutirer leur or. Il alla même jusqu’aux forts et demander une escorte en échange d’or, mais quand il voulut exécuter son escorte et que celle ci contrecarra ses plans il se réfugia derrière cet édit pour son salut. Quelle lâcheté…
Seulement il était hors de question de le laisser filer ainsi, car malgré les coups qu’il avait reçus, il recommencerait. C’est alors qu’on lui laissa un choix, subir quelques châtiments à l’ankarienne, ou bien être ramené au fort où vaquaient sans doute un inquisiteur ou deux. Il choisit les châtiments, et repartit avec une langue et deux mains en moins. Il a eu de la chance, si cela avait été aujourd’hui, ils ne l’auraient sans doute pas laisser partir…

Enfin ces moments là importent peu, d’abord et avant tout il faut combattre, ensuite il suffit d’aviser selon moi.
C’est d’ailleurs ce que je m’apprêtais à faire, quand soudain je suis tombé sur celui qui allait chambouler toute ma vie, mes croyances..

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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:41

Kali....












J’étais retourné sur les lieux de l’embuscade, décidé à trouver une piste qui me mènerait aux lâches d’hier ou bien à la mort, peut être les deux. Evidemment je n’ai rien trouvé sur place, enfin c’est ce que je croyais..

« Ils ne sont plus là, et tu ne trouveras nul trace ici, les ombres ici sont prompts à engloutir les personnes sans laisser de traces.. » dit une voix dans mon dos.

Je me rappelle avoir fait aussitôt volte face, et ressentir ensuite la désagréable impression qu’on me renvoyait à peu de choses près mon propre reflet.. L’homme se tenait appuyé contre un rocher, avec une posture qu’hélas je connais trop bien. Il arborait les signes de castes d’un Combattant, mais n’en dégageait pas l’aura, au contraire..Bon nombre d’ennemis ici aiment à prendre sur leur victime moult trophées, les signes de castes y compris, j’ai pensé en premier à un guerrier qui aurait pris cela sur une de ses victimes, mais ça n’allait pas, il avait l’air différent, à la fois funeste et noble, glorieux et maudit en même temps. J’ai sorti mon arme par instinct, il en a fait de même et m’a salué comme on salue son adversaire avant une joute. Intrigante et dérangeante attitude en pareilles circonstances. L’individu m’a alors fait poliment un signe m’engageant à attaquer, décidément.. Je me souviens avoir chargé complètement dépité de ses manières, et aussi l’avoir vu bouger de côté, sa masse s’est ensuite rapprochée de mon visage je crois, ensuite tout est devenu noir.. A mon réveil ; j’étais d’ailleurs surpris d’être encore en vie, il se tenait non loin, appuyé contre un rocher, jouant d’un air nonchalant avec sa masse. Il m’a fixé froidement quelques instants, puis s’est mis à secouer la tête d’un air déçu.. Saleté ! Je me suis relevé tant bien que mal, ma fierté piquée au vif, mais sa masse de nouveau s’est abaissée, et mon corps aussi..

« Première erreur. » dit-il d’un ton froid mais laissant paraître une sorte de mélancolie.

J’enrageais de plus en plus, lorsque soudain j’ai senti devant mes yeux passer un liquide pâteux et tiède. J’ai failli de nouveau sombrer, mais la gueule en sang je me suis relevé péniblement sous le regard blasé de mon adversaire.

« Tu vas te faire mal.. » rétorqua t-il.



~~~~~~~~~~~~

~~~~~~~~~~~~



Alors j’ai avancé, et ai attendu qu’il se mette en garde pour l’attaquer. Il a semblé être surpris, sans doute ne sont-ils pas habitués à se battre avec loyauté ici.. Nos armes s’entrecroisèrent et s’enlacèrent comme deux amantes passionnées, mais mon adversaire se contentait de parer et d’esquiver, en contre attaquant sans grande conviction de temps à autres, tel un maître qui donne une leçon ennuyeuse à un élève.. Et quand cela a fini de l’amuser, il porta la dernière estocade. Je gisais à terre a demi-conscient, incapable de bouger un membre. Il a brandi son arme..et l’a posée sur son épaule, puis tourna autour de moi en m’observant. Il me mit un grand coup de pied dans les flancs m’ordonnant de me relever.. L’ordure devait se régaler de sa position, j’aurais tant aimé avoir encore quelque force supplémentaire à ce moment, rien que pour effacer cet air nonchalant sur sa sale gueule de fataliste. Il m’a roué de coups de semelle jusqu’à ce que je parvienne finalement à m’asseoir grossièrement.


« Têtu, borné, stupide et immature. Mais des tripes. » dit-il d’un ton morne.


Je suis resté assis, grognant de rage mais dans l’impossibilité de faire le moindre geste, obligé de l’écouter se pavaner. Mais lorsque nos regards se sont croisés, il changea de ton et devint tout à coup bien plus sérieux..

« Insuffisant pour quelqu’un qui espère devenir un jour Paladin de Maître Kroryn. Si tu n’apprends pas très vite, tu tomberas, gamin. » ajouta t-il.

Comment osait il ? Comment pouvait-il critiquer ce qu’il ne connaissait pas, lui une ordure infâme de pourriture de Fataliste ? Rhhhaa si j’avais pu à ce moment lui en coller une..

« J’ai les réponses à tes questions mais pour cela il faudra que tu me battes, gamin. Je serai ici chaque jour, à toi de voir. » dit-il, trahissant cette fois encore une mélancolie tacite.
Ca puait le piège et la tentative de corruption, mais il était hors de question de le laisser s’en tirer à si bon compte et rester sur telle humiliation. Peu importe s’il semble si bien me connaître ou me renvoyer une part de moi, je ne sais laquelle, on verra après. . Je suis Combattant, alors je vais me battre.


Ainsi soit-il..



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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:41

Je me nomme désormais Orhan. Ceci n'est pas mon vrai nom, mais il y eut jadis une guerre et la personne que j'étais est morte. Cette époque me semble déjà si lointaine, et le peu dont je me souviens n'est que vestige illusoire d'une autre vie. J'étais un guerrier, un homme, et un poète...je ne suis plus qu'une ombre errante et prisonnière de ses actes.
Depuis déjà bien des années je sers mon Maître, avilissant, corrompant et tuant au gré de mes errances. Hommes, femmes, enfant, vieillards, aucune différence. Ni la mort, ni le chagrin, ni la peine et encore moins la Fatalité n'en font de toute façon, pourquoi en ferais-je moi. J'ai beaucoup tué, je tue beaucoup encore. Car si je ne les tue pas, ils deviendront pires que moi, bien que je sois un monstre dans toute son horreur maintenant. J'ai combattu et exécuté des pourris, des innocents, des crétins de défenseurs de la veuve et de l'orphelin et bien d'autres…

Hier encore je suis tombé sur l'un d'entre eux, un combattant cette fois. Etrange d'habitude ils ne traînent pas si loin en ce pays maudit, peut-être n'y a t-il plus de bière ou de catins éhontées dans leurs forts, ou bien que celles de Nadjar l'ont tenté. S'il s'avère que ce petit imbécile file à Nadjar, je m'en occuperai en personne. Crétins de combattants, crétins de protecteurs, crétins de citoyens qui se battent pour rien, pour des conneries. Ce n'est que gâchis, imbéciles qu'ils sont.
Le dernier en date a des tripes, mais il est comme les autres. Et comme les autres il subira le même sort s'il n'apprend pas très vite, sinon quoi il deviendra comme les autres... Funeste ironie que le monstre que je sois devenu puisse rendre tant de services. J'en rirai si je savais encore le faire. Bêtise humaine..

Mais il est déjà temps de tourner cette page, mon funeste journal, toi témoin de mon sombre chemin d'errance. Je vais voir ce qu'à ce gamin dans le ventre et dans le coeur, aux sens propre comme au figuré sans doute.






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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:42

Le jour est hélas aussi lugubre que la nuit en Kali, et l’aube semble dénuée de toutes les vertus symboliques qu’on lui prête. L’espoir est une farce ici, un blasphème, les jours se suivent et se ressemblent tous, avec leur lot de morts et de souffrances. La nostalgie, le mal du pays ont tôt fait de toucher le cœur de ceux qui combattent ici. Les choses simples, auxquelles on ne prêtait guère attention viennent à manquer cruellement. Le chant d’un oiseau, la quiétude de la forêt, le beuglement des ivrognes près de l’arène, la douce chaleur d’un soleil qui caresse tendrement le visage, les rires d’un enfant, autant de choses anodines pour lesquelles bon nombre paieraient cher ici.

Je n’ai pas dormi, ça serait folie là où je suis. Mon adversaire m’avait laissé ici à moitié conscient, me défiant de revenir le lendemain. Je préfère crever comme un chien que de laisser croire à ce fumier de fataliste qu’il m’a intimidé. Je refuse de déshonorer ma caste et ceux qui portent mon nom en laissant faire ceci. Alors je n’ai même pas bougé et ai passé la nuit ici, et même en n’ayant pas dormi j’ai l’impression d’avoir fait un cauchemar, éveillé cette fois-ci... Foutus pays.
Le seul point moins négatif est le volcan à l’horizon, il me rappelle ma ville, ce que je suis et d’où je viens. Mais ses entrailles et ses flammes me semblent bien sombres, comme pourries..comme ce pays.. Cela me rappelle ce pourquoi je me bats, et ce que je ne veux pas devenir.

L’autre ne s’est toujours pas montré, je me suis fait peut-être avoir comme un gamin, mais au moins je ne ferai pas dire qu’un combattant eut peur de se battre. A vue d’œil il me faudra deux jours de marche dans mon état pour retourner au fort, j’aurais du emmener Assran, j’ai toujours eu horreur de crapahuter ici, à pied on a plus de temps pour voir dans ses sombres détails cette terre maudite. Là une main pétrifiée reste émergée du sol cendreux et charbonneux en direction du ciel, comme si elle espérait le salut ou une aide quelconque. Plus loin gisent des armes et boucliers épars, à côté un crâne décharné mais qui semble encore hurler sa douleur, figé dans une expression macabre. Et plus je regarde, plus ces horreurs deviennent hélas nombreuses. Mais c’est alors que des pas derrière moi m’extirpèrent à ma funeste contemplation..



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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:42

Imaginez vous un lieu tout droit sorti de vos cauchemars, de vos pires craintes, une terre qui semble façonnée par ce qui habite les pires méandres qu’on puisse trouver dans un esprit perfide, où la peur et la mort sont les glaises qui ont servi à sculpter chaque relief. Imaginez ceci et vous aurez une vague approche utopique de ce pays, car en réalité c’est bien pire que cela. Et c’est dans ce théâtre funeste, témoin et symbole de la corruption et la dépravation de ce monde, qu’à nouveau ils allaient s’affronter. Le jeune combattant se redressa tant bien que mal et fit face à son adversaire, qui le toisait une fois encore d’un air blasé. Ce dernier soupira, comme s’il allait accomplir une besogne désagréable, puis s’appuya sur son imposante masse cloutée. Le petit paladin le fixa longuement, tout en restant tendu et contracté, évoquant un serpent prêt à mordre au moindre geste. A cette attitude, le sombre guerrier esquissa un mince sourire, à la fois narquois et amusé.


Le Spadassin s’impatienta, nullement décidé à débattre avec un fataliste qui de toute façon n’aurait prêché que pour ses intérêts, et d’un geste nerveux se campa un peu plus sur ses appuis, soulevant une nuée de cendres, qui plana quelques instants au gré d’une brise glaciale. Ce nuage ténébreux ceintura les deux opposants, formant une arène peu engageante. Le premier assaut fut donné avec ne rare violence, mais nul ne saurait dire qui chargea le premier tant les rixes se succédaient rapidement. Un nuage encore plus épais et encore plus lugubre flottait sur le champ de bataille, soulevé par leurs mouvements rapides et brusques qui lacéraient le sol cendré. La visibilité devenant alors quasi nulle, ils durent s’arrêter quelques instants, guettant le moindre bout de leur adversaire pour ensuite charger en conséquence. Cela dura quelques rixes seulement. Ce petit manège rendait les conditions de combat plus que délicates et son issu improbable tant la chance risquait de prendre le pas sur les talents de combattant. Et pour une fois, ce fut le jeune combattant qui en eu le plus.


Alors qu’il chargeait pour tenter de donner un coup sur le côté droit où il avait cru voir son ennemi, son coude bouscula puis déséquilibra celui-ci qui croyait le combattant de l’autre côté. Une bataille chaotique et désordonnée, sans aucun esthétisme ni gloire à triompher. Le Spadassin sentit le choc sur son coude et entendit le bruit d’un corps s’écrouler sur le sol. Et une nouvelle nuée de cendres les aveugla d’avantage. Quand enfin elle se dispersa, il vit allongé sur le sol et à portée de lame ce guerrier noir qui lui avait causé tant d’humiliations l’autre jour. Il baissa sa lame et la posa près de la gorge de son ennemi vaincu qui ne manifesta étrangement aucune émotion. Il fixa longuement cet être étrange et sombre qu’il tenait à sa merci, une raclure de fataliste de la pire espèce sans aucun doute. D’un geste un seul il pourrait rayer ce fléau ambulant de la surface de Kor, en tirer accessoirement une certaine gloire et surtout beaucoup de satisfaction personnelle en éliminant un agent de la Fatalité. Mais parmi ses idéaux qui formèrent et forment encore sa voie et ce qu’il est aujourd’hui se trouve profondément graver une loi qu’il chérie ardemment, la loi du sang.
Cruel dilemme que de choisir en pareilles circonstances. Comment concilier les deux quand on n’a pas la sagesse d’un homme tel que le Père Lo. Un homme bon et sage qui maintes fois lui fut d’une grande aide et inspiration, lui faisait partager une infime partie de sa sagesse. Une de ses phrase lui revint en tête comme une de ces complaintes lancinantes chantées par certains bardes..
« Ce qui a jadis été défait, peut être à nouveau refait.. »


Pourquoi pas après tout. D’autres ont essayé et ont réussi, pourquoi pas lui. Et ce guerrier avait quelque chose de sombre en lui certes, mais il se dégageait autre chose de moins obscur. Peut-être pas de la lumière tout de même, mais au moins du gris au milieu de tout ce noir. Une faible lueur d’espoir et d’humanité qui sait. Alors, il rangea son arme lentement continuant de fixer son opposant, cherchant dans le regard de celui-ci s’il faisait le bon choix.

« Lâche.. » persifla t-il, comme s’il désirait la mort.
« Ce n’est ni loyal, ni ma Voie. Même si tu es une pourriture. » Répondit le combattant.
« Si tu me tues, tu deviendras comme moi, sache-le.. »
« C’est pour ça que tu vivras, quelques temps. Si j’avais eu un protecteur sous la main je t’aurais livré à lui. » rétorqua le spadassin calmement.
« Un combattant qui ne tue pas.. Est-ce une nouvelle lubie ? »
« Un combattant qui tue ce n’est pas nouveau. Un aspirant paladin qui tue ça le deviendrait. » déclara t-il.


Le regard du guerrier changea brusquement, sans que le Spadassin ne le remarque. Il sentit alors de vieux souvenirs rejaillir du passé, ce puit sombre où ce qu’il était a semble t-il été enfoui pour d’obscures raisons. Personne ne sut ce qu’il a revu ou revécu, mais sans nul doute que ses visions furent aussi tranchantes que du verre dans la chair. Il observa longuement le jeune homme qui l’avait épargné et eut l’impression de revoir un autre gamin qu’il a jadis bien connu, mais qui depuis a disparu. Etrange ironie comme les rôles parfois peuvent changer du tout au tout. Celui qui brandit un jour l’épée se retrouve le lendemain menacé par celle ci

« Ce combat était une farce je n’ai eu que de la chance. Vaincre ainsi est déloyal et sans honneur ni fierté. Sois ici dans trois jours, reprenons ce duel et peut-être te ramènerais-je sur la bonne Voie. Ou bien je crèverai, on verra. » dit l’aspirant paladin.
« Bien, ainsi soit il alors mon jeune et loyal adversaire. Il y avait bien longtemps que je n'avais pas croisé quelqu'un d'aussi droit en Kali. Cela sera sans doute enrichissant pour l’un comme pour l’autre. » répondit le funeste guerrier en se relevant.
« Arrête ton baratin et tire toi d’ici. Vos paroles venimeuses à vous autres fatalistes m’irritent.. »
« Prévisible, mais c'est tout à ton honneur mon jeune ami. A bientôt dans ce cas là. » Dit-il s’éloignant sans dire un mot de plus.


Et les deux adversaires repartirent chacun de leur côté, sans se retourner. Il ne resta aucun vestige de cette bataille, ni gloire, ni récit, juste un peu de poussière noirâtre qu’une brise glaciale balaye de temps à autres avant de mourir à nouveau sur une terre déjà morte. Mais bientôt cela recommencerait, à nouveau les armes s’entrechoqueraient et s’enlaceraient langoureusement en un ballet mortel. Bientôt, ils se battront à nouveau, et l’enjeu ne sera pas un trophée, mais une vie…une âme.


Et loin du regard des hommes, au zenith du champ de bataille, brillait timidement une discrète étoile bleutée..

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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:43

Je me nomme désormais Orhan. Ceci n'est pas mon vrai nom, mais il y eut jadis une guerre et la personne que j'étais est morte. Cette époque me semble déjà si lointaine, et le peu dont je me souviens n'est que vestige illusoire d'une autre vie. J'étais un guerrier, un homme, et un poète..je ne suis plus qu'une ombre errante et prisonnière de ses actes.

Pour la première fois depuis longtemps quelqu'un a failli me surprendre, mais seulement failli. J'ai perdu un duel, par un coup de malchance essentiellement, sinon quoi j'aurais achevé ce gamin rapidement. Je le sais, et il le sait. Mais chose bien rare de nos jours et surtout en ces terres, le petit a été loyal et presque noble, refusant une victoire si facile et sans honneur. Fier et vaniteux, quel petit présomptueux. Il se croit noble et droit, mais il est comme les autres. Sa prétendue voie l'aveugle, ceux là sont les pires, fanatiques et aveugles au point de ne pas voir l'ombre qui dans leur dos pose ses griffes glacées pour y faire son nid.

Il prétend vouloir et pouvoir m'aider. Comme si un gamin le pouvait ! Pauvre caste, ne leur apprend on pas autre chose qu'à frapper fort et bêtement? Si affrontement et duels il veut, c'est ce qu'il aura, mais le temps est venu pour lui d'apprendre, apprendre avec son sang s’il échoue comme les autres. C'est lui aussi un monstre, mais il l'ignore encore. J'ai hâte de lui dévoiler la vérité, voir sa réaction. Etrange, même si je connais d'avance le résultat, je me surprends à espérer tacitement, à vouloir..comme avant.
Le voir, y penser, réveille en moi une colère ancienne et enfouie, quelque chose que je hais par dessus tout, mais quoi..Peu importe j'ai tant de haine et de colère en moi de toute façon, un flux qui jamais ne se tarit, et qui se déverse en de violentes et sanglantes inondations. C'est elle qui guide mon bras, ma nouvelle voie. Et il est trop tard pour revenir en arrière, contrairement à ce que dit ce petit con de présomptueux gamin..

Mais il est déjà temps de tourner cette page, mon funeste journal, toi témoin de mon sombre chemin d'errance. A notre prochaine entrevue sans doute ce gamin ne sera plus, ou bien peut-être serais-je mort, enfin délivré..




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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:44

A cause de mon ordure de beau-père j'ai hélas perdu beaucoup de temps et ai manqué mon rendez-vous avec mon funeste ennemi. J'y suis retourné dès que j'en eus le temps, mais au point de rencontre habituel je n'ai trouvé qu'un tas de morts vivants puants et décharnés. Sans difficultés et donc sans mérite je parvins à les renvoyer une bonne fois pour toute à la terre, mais non loin du champ de bataille trônait une épée plantée dans le sol. Sur celle ci était accrochée un morceau de papier sale et poisseux avec une inscription manuscrite dessus :

~~~~~~~~~~


Pressé par le temps ou par des retrouvailles père fils? La ponctualité et la rigueur se perd chez certaines voies dirait-on. En gage de mon "affection" quelques laquais laissés ici, en espérant qu'ils ne soient pas trop durs pour vous.

A bientôt peut-être.



~~~~~~~~~~

L'ordure.. Ca on peut dire que ces vermines savent choisir les mots pour énerver les gens. Mais ce qui m'a le plus laissé perplexe c'est comment il avait pu savoir ce qui était arrivé au sein des miens récemment. Des questions sans réponses une fois encore, laissées comme un jeu de piste macabre, menant je ne sais où, mais sûrement pas vers une verte prairie fleurie.. J'y ai répondu, en prenant garde aux pièges laissés et suis reparti aux fortins attendant le prochain round. J'avais trouvé un adversaire redoutable, et tenace qui plus est. Demain serait une autre bataille qu'il me faudrait préparer dès ce soir.


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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:44

Jour du serpent :

J’entame ce journal en ce triste jour, conscient et désireux de vouloir laisser une trace. Je me prénomme Khan, mais ceci n’est pas mon vrai nom. Il y eut jadis de sombres évènements, et pour préserver l’honneur de ma famille je changeai celui-ci. Ces quelques lignes seront peut-être perdues ou bien sombreront dans le néant, toutefois j’espère naïvement que les miens auront la possibilité de les lire un jour.


Aujourd’hui fut le jour de la troisième bataille que je pourrais qualifier de guerre. Les précédentes, à Griff mettaient en scène une poigné de défenseurs contre une marée d’ennemis, Zûls ou orcs. Mais jamais dans les barricades et les fronts à Griff je n’ai vu et pu me battre avec tant de citoyens que ce jour là. Aujourd’hui l’ennemi n’était pas une poignée de centaines, mais bien quelques milliers.. Une marée puante et dégueulasse de morts-vivants, de cadavres décharnés et autres liches. Des milliers…Les sentinelles donnèrent l’alerte aussitôt sous le regard incrédule des guerriers et habitants du fortin, à qui il fallut quelques secondes pour réagir. Débandade, cohue, un bordel sans nom. Les assiégés courraient de toute part et dans tous sens, de manière décousue et chaotique, comme tout bon combattant. Je descendis vers les écuries où j’y retrouvai Assran déjà harnaché, car plus tard j’avais rendez-vous avec l’autre pourriture de Fataliste. Mais voyant qu’il n’y avait aucun cavalier dans nos rangs je décidai de le laisser ici et d’aller prêter main forte aux autres à pied dans l’infanterie. Un cavalier seul n‘aurait pas été de grande utilité dans cette situation.


Je rejoignis mes camarades à la sortie, empruntant une épée abandonnée en chemin, m’alourdissant d’avantage. Je vis partir précipitamment les artisans venus fourguer leur produits, les catins et les lâches. Mais je vis aussi une marée rougeâtre d’hommes et de femmes, l’arme à la main, beuglant et impatients d’en découdre. Le vieux Kubal, vétéran du fortin brandit haut son arme en hurlant, et bientôt tous les nôtres hurlèrent de concert en chargeant l’ennemi qui approchait inexorablement. J’étais en première ligne, tenant pour débuter ma fidèle hallebarde, amie de toujours pendant les batailles, et cadeau de ma meilleure amie disparue. L’armée ennemie semblait tout aussi chaotique que la nôtre dans son organisation, puisque quelques liches se trouvaient en première ligne. Il y avait essentiellement foule de spectres et de Ghalluk, créatures loin d’être redoutables, mais dangereuses en grand nombre…La marée rouge courrait droit sur le front adverse, le choc allait être un clash retentissant, plus violent encore que les vagues qui se fracassent contre un roc. Restait à voir qui serait le roc, et qui la vague. Les nôtres prirent l’avantage. Nous enfonçâmes la ligne de front adverse rapidement, progressant dans cette foule de morts vivants. Nous étions nombreux, mais l’ennemi était au moins à dix contre un. De ma hallebarde je fauchais Ghalluks et spectres qui se présentaient devant moi, mais pour un tombé, deux prenaient sa place. Il en venait de toute part et ces vermines resserraient leur étau autour de nous, encerclant un par un nos guerriers. Il y avait une poignée d’archer dans nos rangs, mais devant le flux de monstres, ils durent se replier assez vite, la plupart sont tombés. Pas de mages, pas d’archers… pas grave.


~~~~~~~~~~~~

~~~~~~~~~~~~


Malgré les coups qui surgissaient de toute part j’arrivais à tenir, sentant que le flux qui m’enlaçait faiblissait peu à peu. Ce « répit » me permit de voir l’horrible réalité. Les liches n’étaient que des leurres ! En dernière ligne, une poignée de magiciens noirs commençaient à incanter ou commencer un rituel, en résumé quelque chose qui ne sentait pas bon pour nous et qui allait sans doute faire mal, très mal. Je me souviens avoir hurlé le plus fort possible pour les prévenir, espérant que mon cri passerait à travers le brouhaha du champ de bataille qui couvrait les lieux. Peine perdue, ils ne m’entendirent pas, trop occupés à survivre au milieu de ce tas de morts qui les encerclait. Alors, sentant mes tripes se nouer et se renouer encore, j’essayai de remonter encore et encore dans les rangs ennemis pour arriver jusqu’à eux et tenter de faire avorter leur sortilège. Mais le nombre impressionnant de cadavres ambulants me rappela vite à l’ordre. Je maudissais l’ennemi de nous avoir si facilement piégés avec cette stratégie et je me maudissais de n’avoir rien vu venir. Mais je refusais l’éventualité que tout était perdu, je me suis battu avec tout ce que j’avais, toute la violence, toute la brutalité, toute la rage ; toute la flamme. Mais chaque mètre était une agonie, ma vue était bouchée par ces laquais puants..
C’est à ce moment que j’ai senti un coup de pied au derrière, et en me retournant je vis quatre frères d’arme me montrant les mages en arrière me signifiant qu’on avait pas de temps à perdre.


Ils avaient tous quatre le même style de combat que moi, lourdement armés et travaillant des coups larges et puissants. Cette charge de « lourds » paya car nous progressions vite, mais le rituel semblait bientôt prendre fin, des volutes d’énergies apparaissaient non loin des mages, je sentais mon poil se hérisser, ça puait la magie de l’ombre, ça puait les morts, ça puait la mort, la notre si on ne faisait pas vite. Nous étions maintenant à environ 50 mètres, mais leur ligne de défense s ‘était considérablement resserrée sur nous. Nous perdîmes un compagnon sous leur nombre. Je sentais mes tripes se nouer encore d’avantage sentant que la fin approchait, ma gorge se serrait, et je sentis une frustration sans nom de ne pouvoir faire mieux même en défonçant les rangs adverses. Je n’avais jamais eu autant d’ennemis à la fois, je n’avais jamais réalisé à quel point je pouvais être destructeur et violent, jamais senti aussi proche de ma flamme. Nous nous battions avec ce qui nous restait de force et de volonté tandis que les mages achevaient leur rituel. En arrière garde, quelques-uns uns fuirent la bataille, les autres restèrent, préfèrent mourir en combattant que vivre en lâches. C’eût été une belle mort, dans la Gloire et l’Honneur.


Mais le destin fit son entrée en scène, un hurlement retentit venant des flancs. Je tournai la tête et je vis avec stupeur un bataillon de cavaliers charger les mages, interrompant de justesse le rituel maudit. Ils n’en firent qu’une bouchée ce qui me déplut quelque peu. Nous en avions tant bavé pour arriver si près.. et eux finissent le boulot déjà fait. Je me retournai, voyant derrière nous la marée rouge clamant victoire. La journée touchait à sa fin, les nôtres rentraient au fortin, les cavaliers dans le leur. En chemin j’aperçus une ombre avec une masse qui semblait applaudir…Il avait tout vu.


Le temps est venu de tourner la page cher journal, toi témoin de ma croisade. Demain sera un autre jour, une autre bataille, une autre quête.



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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:44


Jour de l'écume :



Je poursuis ce journal en ce triste jour, conscient et désireux de vouloir laisser une trace. Je me prénomme Khan, mais ceci n’est pas mon vrai nom. Il y eut jadis de sombres évènements, et pour préserver l’honneur de ma famille je changeai celui-ci. Ces quelques lignes seront peut-être perdues ou bien sombreront dans le néant, toutefois j’espère naïvement que les miens auront la possibilité de les lire un jour.

Je suis revenu d'Ankar après y être parti voir les miens, ce changement de lieux et d'atmosphère est comme un soulagement. Je hais ce pays et ces sombres habitants. Je déteste voir ces mêmes pourritures dans une ville soit disant neutre, tout comme j'ai été déçu de voir une arène vide à Ankar. Je n'aime pas ce changement. Je vois de plus en plus de personnes s'écarter du chemin tracé par nos dieux, Khy m'a dit un jour que l'homme évoluait, mais ceci est actuellement une mauvaise évolution selon moi. Les principes et les enseignements semblent dérisoires à certains qui se disent pieux et fervents pourtant.

Alors, à contre courant j'essais. J'essais et lutte pour montrer la voie, mais si eux ne veulent plus l'arpenter consciemment, il ne reste que la justice des Dieux et les châtiments. J'aime à croire.. je crois que ce qui a été défait, peut être refait. Mais c'est une quête bien longue et éprouvante, et surtout frustrante. J'ai parfois le sentiment d'être comme un roc seul et isolé sur lequel vont s'écraser des vagues hautes comme le temple du Maître. Mais j'en suis fier. Là est mon Devoir, ma Quête. Je sais que je ne les sauverai pas tous, pourtant j'aimerais ..
Le roc tiendra bon face aux flots déchaînés et chaotiques, mais malgré ses efforts il laissera échapper malgré lui une partie d'entre eux. Chaque vie est une victoire, chaque instant une bataille à mener. Telle est ma voie, telle sera ma vie.
Ainsi soit-il.

Le temps est venu de tourner la page cher journal, toi témoin de ma croisade. Demain sera un autre jour, une autre bataille, une autre quête.



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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:45

Le jeune spadassin partit de Griff aussitôt après les entrevues qu’il avait à y donner, et après avoir étreint une dernière fois sa compagne retourna aux Crocs. Il y passa la nuit, afin de préparer la bataille qui aurait lieu le lendemain. Les combattants étaient joyeux ce soir là, sans raison particulière si ce n’est peut-être une prise de conscience tacite d’être encore en vie. Il y avait des rires et des chants, de la bière et des femmes de peu de vertu. Le fortin en lui-même résonnait d’un étrange et cynique hymne à la joie, une insulte aux ténèbres de ce pays maudit. Ironie pleine d’audace qui plut au Petit Paladin tandis qu’il observait la fête de loin, préférant se préoccuper du duel du lendemain. Le vieux Kubal l’aperçut et se contenta de saluer « le jeune » la chope à la main, amusé de son comportement. La soirée se déroula ainsi, et à aucun moment il ne songea aller festoyer son caractère et sa ligne de conduite n’étant pas compatible avec la débauche.


Il se mit en route très tôt le lendemain matin, alors que ses compagnons cuvaient encore. Le chemin devenait de plus en plus familier, voir routinier ce qui l’inquiéta quelque peu. La désagréable sensation de se retrouver au milieu d’une toile tissée se faisait de plus en plus palpable. Mais il était trop tard pour faire marche arrière et hors de question de fuir. Après une marche pénible il arriva finalement au lieu de rencontre habituel. Deux silhouettes immobiles étaient là, il reconnut aisément son adversaire, mais l’individu drapé d’un manteau noir et sang lui était inconnu. Cela sentait le piège et rien de bon pour le combattant qui grinça des dents de rage. Alors son ennemi prit la parole.


«A l'heure, parfait. Voici un mage noir très "réputé"en ce moment en Kali, tu ne le connais pas, mais il faisait partie des mages que tu as contribué à tuer l'autre jour. C'est le seul survivant. Sur ce je vous laisse.. »


Et il s’en alla en leur tournant le dos, sous le regard médusé du Petit Paladin. Il n’eut le temps que d’entendre marmonner quelques mots avant de sentir son corps être brutalement projeté en arrière. Le spadassin roula sur le sol sous le choc ne réalisant ce qui s’était produit qu’après avoir vu le mage pointer ses doigts en sa direction, un rictus infâme se dessinant sur ses lèvres. Voilà un combat qui s’annonçait tout sauf loyal.. Le mage recommença à marmonner et à gesticuler, souhaitant abréger ce combat. Le Petit Paladin n’eut le temps que de rouler de côté pour éviter son attaque. Il se releva et dégaina, puis après avoir marqué une pose salua son adversaire. Ce dernier haussa un sourcil d’un air amusé et cynique. Mais aussitôt après le combattant chargea vers son adversaire qui lança d’instinct une attaque afin de le contrer. Il leva son écu et reçut le choc de plein fouet, perdant de la vitesse. Toutefois il continuait à avancer préparant une charge violente, en estoc. Le mage s’écarta de justesse et contre attaqua dans le dos du guerrier. Le choc et la surprise furent telle qu’il fut projeté à quelques mètres. Dans l’impact il en perdit son écu et fut sérieusement touché au flanc, ne devant la vie qu’à son armure... Il reprit conscience la tête dans ce sol cendreux et boueux. Le mage n’avait pas profité de son avantage, voulait-il jouer avec ce guerrier ou bien récupérait-il ?


Le Spadassin eut ainsi le temps de se redresser, et brandit son arme à nouveau après avoir salué le mage. Il sentait son flanc meurtri à chaque mouvement, mais tâcha de faire avec et surtout ne rien laisser paraître aussi bien par fierté que par stratégie. Le mage tournait en rond comme pour le narguer, tout en lui jetant de temps à autres quelques regards malicieux. Voyant qu’il devrait faire encore le premier pas, il chargea à nouveau gardant à l’esprit de ne pas trop se jeter sinon quoi il en paierait encore le prix. Mais dès qu’il commença à s’élancer, le mage fit plusieurs mouvements rapides en ricanant. C’est alors qu’une main sortie de la terre attrapa la jambe du Spadassin qui fut stoppé net dans son élan. Une autre main surgit bientôt du sol, l’immobilisant aussi. Un lugubre gémissement se fit entendre, rejoint bientôt par une chorale entière. La terre vomissait des morts, guerriers de jadis tués et tombés ici. Le mage se mit un peu en retrait, afin de contempler son œuvre. Le Petit Paladin trancha précipitamment les mains qui l’entravaient et fit face au groupuscule de morts vivants. De simples Ghalluks en apparence, pas de réel danger ou quelconque défi pensait-il. Il attaqua vaillamment, sans peur ni doutes comme à son habitude, mais la réponse fut plus que surprenante. Ces laquais là savaient manier une épée, ils savaient parer, esquiver et contre attaquer. Jamais il n’avait vu pareils morts. Le mage souriait dans son coin, regardant le combat comme un divertissement. Comment le spadassin aurait-il pu savoir qu’il est possible bien que difficilement, de ressusciter des combattants morts qui au lieu d’avoir les compétences de combat d’un légume conservent une part de leur art.. ? Lui qui ne connaît rien à la magie ou presque. Un des laquais tenta d’abattre sa hache dans son dos. Il n’eut le temps que de pivoter pour l’éviter, mais plaça néanmoins un coup qui rendit le mort à la terre. Tout en plissant des yeux, il observa ses adversaires qui n’étaient vraisemblablement pas si redoutable que cela. Et il se lança dans la mêlée, frappant avec violence et fureur ses ennemis qui lui rendirent bien. Un épais nuage noir ceintura le champ de bataille, visible assez loin.


Quand la cendre se dissipa, il ne restait que le jeune combattant, fatigué, laminé prenant appuis sur son arme. Il adressa au mage un sourire narquois et cynique, voir provocateur. Quelques gestes, quelques marmonnements et la réponse ne se fit pas attendre. Une nouvelle attaque magique ébranla le spadassin qui tituba sous le coup. Quand il releva la tête il ne vit qu’une lumière avant d’être à nouveau projeté pitoyablement, comme un fétu de paille que le vent ballotte. Puis, reprenant son souffle il se releva, péniblement, lentement... Le mage grinça des dents. Puis il incanta à nouveau et fit quelques geste en direction du Petit Paladin qui vacilla aussitôt. Ses plaies le faisaient atrocement souffrir, comme si quelqu’un y avait plongé les doigts et les écartait. La douleur lui fit mettre un genou à terre. Du sang commençait à ruisseler sur son armure, sa vue se troublait. Le mage quand à lui ricanait.
Et non loin une sombre silhouette plissa des yeux…


Le combat était fini…


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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:45

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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:46

Le combattant tenait encore son arme, mais ses forces l’abandonnaient peu à peu. Il se sentait faillir, faiblir. La Mort à nouveau posa ses serres glacées sur son échine, il en ressentit sa caresse, son frisson morbide. A quelques centimètres de sa main gisait son écu. Il fixait ses éclats flamboyants de la même manière dont il se raccrochait à la vie tandis que son ennemi le tenait en joue, continuant d’infliger la Souffrance en crochetant ses doigts. Et tout à coup, en hurlant avec ce qui lui restait de voix, il prit son écu et le jeta aussi haut que son bras le lui permettait. Le mage leva les yeux et machinalement lâcha son emprise. La douleur cessa brutalement, laissant le champ libre à une poussée de rage destructrice et vengeresse.
Quand le mage baissa à nouveau les yeux, il vit une silhouette vaguement rougeâtre approcher le poing serré avant de rouler à son tour sur le sol pour la première fois du combat. Le mage se releva atrocement vexé, s’essuyant la lèvre.


Le combat recommençait…


Le mage récupérait tout en fixant son adversaire, ce gamin qui avait fait échouer ses plans l’autre jour. Mais savait-il qu’il n’avait même pas donné un coup d’épée sur ses alliés, que c’étaient d’opportunistes cavaliers qui chargèrent les mages ? Quelle importance après tout... Ils profitèrent tous les deux de ce bref moment d’accalmie, l’un pour recouvrer un peu d’énergie pour ses sorts, l’autre pour se remettre du sortilège précédent. Le fataliste attaqua le premier. Le combattant esquiva de côté puis s’élança vers lui. Il tenta d’enchaîner quelques coups mais le mage les esquiva tous, la lame ne trancha que du tissu et l’air. Mais aussitôt après avoir évité l’arme du combattant le mage contre attaqua d’un sortilège rapide et peu puissant. Le petit paladin se protégea et résista au faible impact. Mais pendant ce temps son adversaire sournois reprit son sortilège maudit, et les blessures du spadassin s’écartèrent à nouveau lui arrachant un cri. D’instinct il attaqua d’un large mouvement et sa lame vient rafler le visage du magicien noir qui stoppa son rituel. Il tenta de continuer à enchaîner pour ne pas perdre le maigre avantage qu’il possédait mais ce mage esquivait habilement et semblait lui glisser à chaque fois entre les doigts. Ce dernier se recula et lança sur lui une nouvelle slave magique qu’il reçut en pleine poitrine. L’armure encaissa le choc, mais en fut extrêmement mal menée comme le reste de son équipement, et de son corps aussi. Il haït plus que jamais ces fatalistes et ces mages qui se battent lâchement.


Enragé, le spadassin chargea et lui offrit un violent coup de coude au visage le faisant reculer. Mais alors qu’il allait donner l’assaut final, le mage recommença son sortilège et stoppa net l’élan du petit paladin. Il insista longuement, jusqu’à ce qu’il lâche son arme… Il s’approcha quelque peu et tout en prenant garde à ne pas être à portée de coup de poing, lança une nouvelle attaque magique prenant son temps pour incanter. Le spadassin fut projeté violemment contre le sol, et resta à demi conscient. Le fataliste s’approcha à nouveau et de sa poigne maudite reprit son sortilège de torture. Puis il s’arrêta et lança une nouvelle attaque. Le spadassin avait la tête dans le sol, ses membres refusaient de lui obéir et chaque parcelle de son corps était irradiée par la souffrance. Il tenta désespérément d’attraper une branche morte, n’importe quoi. Tant qu’il lui restait un souffle de vie il se battrait... Mais le mage recommença sa torture tout en jubilant. Le corps du combattant ne bougeait plus, il n’en avait plus la force. Son bourreau savourait tellement ces instants qu’il ne vit pas la lourde masse s’abattre sur sa nuque.


La douleur cessant, le combattant ouvrit un œil et vit, à quelques centimètres de lui la tête du mage posée sur le sol, sans vie. Une ombre se dessinait dans son dos mais il lui était impossible de savoir qui, bien que son instinct avait sa propre idée. Une silhouette désormais familière, une voix reconnaissable entre mille.


« Voilà qui est fait. C'est pas mal tu as été presque utile gamin. Ce mage avait de trop grands projets et devenait trop menaçant. Maintenant, il n'ennuiera plus personne. »


Et il partit, laissant le spadassin seul, sans même l’achever…
Quand il eut la force de se relever il regarda son équipement et le corps du sorcier tout en repensant à la bataille. D’autres questions, sans réponses encore une fois



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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:46

Jour du Roc :


Je suis revenu de la dernière excursion tard le soir, dans un sal état, sous le regard amusé et moqueur de mes frères d’arme. Leur façon habituelle de signifier bon retour en somme. Le prodige qui passait régulièrement soigner et prêcher avait un air de lassitude et de dégoût en même temps lorsqu’il a vu mes plaies à vif, grâce aux charmantes intentions de mon défunt adversaire. C’est un homme droit et froid, un peu comme moi semble t-il, et dont la seule vue des manifestations de la magie de l’ombre provoquait peine et colère. Il tâchait de dissimuler ses émotions, mais je ne le comprenais que trop bien, à soigner sans mot dire pendant des journées entières de vaillants citoyens draconistes amochés par des pourritures hérétiques qui souillent ce que nos dieux et nos ancêtres ont créé.


Autre rituel assez cocasse au fortin, l’évaluation des dégâts par les autres combattants. Quand la journée touche à sa fin et que chacun s’y est démarqué par con courage et sa force, les combattants deviennent le temps d’une courte veillée des commères. On y discute de ses exploits, au combat ou au lit, et surtout on commente les blessures de ses camarades. Chacun y va de son petit commentaire, les plaies et cicatrices sont vues, revues analysées et inspectées, et les plus belles et les plus douloureuses reçoivent en récompense une bonne tape dessus, sous les rires du jury et les grognements du candidat. Cela a failli me manquer.
Et ils étaient là, au-dessus de l’épaule du Prodige à scruter mes blessures, à les commenter. Apparemment certains avaient déjà subi ce même sortilège, ils me le prouvèrent gracieusement. Je n’ai pas eu droit à la bonne tape sur mes plaies, mais à l’alcool versé dessus. Ca fera cicatriser…


Quand les « inquisiteurs » partirent à la recherche de nouvelles investigations, je me suis retrouvé seul avec à nouveau des questions toujours sans réponses, encore une fois.. Je n’arrivais pas, et je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi il a fait cela. Il aurait pu me tuer de tout un tas de manières différentes, mais il m’a épargné. Pire encore il s’est servi de moi comme un outil. Je n’ai servi que de diversion, une diversion pour l’achever lâchement... Aurait-il eu peur d’affronter ce mage, serait-il si lâche... ? Probablement. Je ne m’attends pas à trouver de l’honneur en ce pays... Un jour j’aurai les réponses, sûrement par le fer et le sang, mais je les aurai, je dissiperai le voile du mensonge et ferai rayonner la vérité. Et je le ramènerai.


Le temps est venu de tourner la page cher journal, toi témoin de ma croisade. Demain sera un autre jour, une autre bataille, une autre quête…




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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:47

Jour du Roc :






Journée funeste. J’avais passé la semaine aux Crocs, avec ce que cela comporte comme batailles et horreurs. J’avais décidé de retourner un jour ou deux à Ankar, en profiter pour aller prier et mener mes devoirs de chef de famille et de Spadassin. J’espérais que l’aspirante avait appris et progressé pendant ce temps, mais je ne pus vérifier, ni même apercevoir un rayon de soleil en Kar.
J’étais à peine sur la route du retour lorsque je croisai un jeune homme, mon âge environ, le teint blême et maladif, ses habits couverts de merdes et de poussière. Il se dirigeait d’un pas à la fois ferme et mélancolique vers Kali, sa démarche évoquait celle des Gallhuk... Je me suis aussitôt mis sur sa route et l’ai interpellé. Son regard était glacial, sans aucune étincelle d’émotion, comme si quelque chose en lui était mort à l’intérieur... Mais il ne répondit pas, m’ignorant royalement et continua sa route après m’avoir contourné, sans même sourciller. Dépitante réaction. Faisant aussitôt volte-face je me suis à nouveau interposé lui expliquant de vive voix le respect dû aux citoyens et surtout les conséquences s’il entrait en ce pays. Son regard changea un bref instant, mais trop fugace, car bientôt il redevint froid et morne. Puis il fit mine de se remettre en marche...


Je me souviens avoir du frapper une première fois, sans autre intention que lui donner à réfléchir. Il s’est écroulé malgré la faiblesse du coup. Je n’avais pas remarqué à quel point il semblait affaibli. Ses joues étaient creuses et sèches, ses lèvres aussi craquelées que la terre desséchée. Il avait du marcher pendant des jours sans manger ni se reposer. Mais même épuisé, il avançait toujours vers ce pays maudit. Saloperie..
Il s’est relevé, sans mot dire, sans protester, puis il est passé à côté de moi, sans rendre le coup, continuant sa route. Exaspéré, je l’ai attrapé par le col et l’ai plaqué au sol, l’empêchant cette fois ci de se relever, aidé du poids de mon armure..


La colère traversa un instant ses yeux, une violente envie de me tuer pouvait s’y lire, mais au lieu de m’inquiéter, cela me rassura. C’était une émotion au moins. Il s’est débattu, s’est énervé, a injurié et insulté ma défunte mère pour finalement éclater en sanglots. C’est comme si ce qui le rongeait, sa maladie qui le dévorait de l’intérieur était violemment remontée à la surface pour exploser et être enfin libérée. C’était du désespoir. Le désespoir dans toute son horreur sournoise. Pur, machiavélique, il anéantit méthodiquement toute forme d’espoir, toute issue possible et condamne sa proie à la tourmente. La froideur de son regard s’en était allée, mais ce n’était qu’un voile qui cachait derrière sa mélancolie.
J’ai ensuite relâché ma prise, le laissant se redresser puis s’asseoir. De lourdes larmes perlaient aux coins de chaque œil, mais il tentant de les garder par fierté ou bien par pudeur peut-être. D’une main sur l’épaule je l’ai encouragé à pleurer, pleurer toutes les larmes de son corps si cela pouvait le soulager et l’empêcher de commettre l’irréparable. Et il pleura à nouveau, encore et encore sur mon épaule. J’ignorais encore ce qui avait pu le mettre dans cet état, mais pour qu’il soit assez désespéré pour aller en Kali... La nuit était tombée, si bien que nous dûmes établir un campement de fortune. Je partageai avec lui ce qui me restait de vivres et d’eau, prenant soin de lui laisser la part la plus importante ; part qu’il dévora littéralement. Puis, une fois les estomacs remplis et les larmes séchées, était venu le temps des questions et des choix...


Il me raconta son parcours et ce qui l’avait conduit à son errance. Il s’appelait Jolan Harvok et venait des collines de fer. Simple fils de fermiers, il avait tout sacrifié pour espérer un jour devenir artisan. Il ne se consacrait qu’à sa voie, négligeant les siens, sa femme qui attendait leur premier enfant. Il en paya le prix fort, il perdit tous ceux qu’il aimait, un à un ils le quittèrent lui et son égoïsme, ils se séparèrent de cette relation qui les faisait souffrir. Il était comme un arbre d’automne qui aurait vu ses feuilles tomber, l’abandonner une à une si bien qu’à l’hiver il se retrouva seul, vide…mort.
Pendant le récit je n’ai pu m’empêcher de penser à moi et ma famille, aux sacrifices que j’ai choisis de faire pour ma Voie. Ce récit j’avoue m’a touché, car je m’y suis beaucoup reconnu. J’avais beaucoup de chance d’avoir une épouse aimante, un fils à chérir et à élever ; une famille unie qui même si elle en bave tient le cap malgré les tempêtes. Un instant je me suis maudit de ne réaliser certaines choses que seulement au contact de la souffrance des autres.
Et enfin cet homme, au comble du désespoir, privé de tout ce qui lui faisait apprécier la vie, avait décidé d’en finir avec celle-ci, jusqu’à ce qu’il tombe sur une ordure tout d’ombre vêtu qui lui promit l’espoir et le bonheur en Nadjar.. Et, sans réelle conviction, il s’était mis en route de ce faux salut, se raccrochant désespérément à ce mince et illusoire espoir. Il m’en voulait. Tacitement il me haïssait de lui avoir ôté la possibilité d’avoir cette dernière chance, bien qu’il sût éperdument qu’il irait droit en enfer. Mais pour lui je lui avais arraché tout espoir.


Il me fallait impérativement redonner à cet homme le goût de vivre, de l’espoir, et surtout lui montrer la bonne Voie. Très tôt le matin je le réveillai rudement pour que nous commencions le plus vite possible. J’avais pour intention de l’amener à un petit village en pleine forêt, à dominante de prodiges. Je lui parlai des Dieux, des Huit, de leurs enseignements et leurs dons faits aux hommes, de la Voie qu’il n’aurait jamais du quitter. Je lui parlai aussi de la Fatalité, des ordures qui la servent, des horreurs que j’ai vues et affrontées. Je le mis en garde sur les conséquences des choix que chacun est un jour ou l’autre amené à faire, car ce que nous sommes est déterminé par nos choix. J’ai du argumenter pendant une heure ou deux, en insistant sur le fait que même laminé et à demi mort, il suffisait de se relever, d’avoir assez de courage pour apercevoir enfin la lumière, mais que renoncer menait à l’Ombre.
Enfin vint le moment décisif, celui des choix. J’aurais pu le forcer à revenir dans le droit chemin, mais cela aurait pu échouer à terme, la fatalité et le désespoir auraient pu le faire replonger peu après. Il fallait impérativement qu’il choisisse seul. Ma tâche était de le guider et lui montrer le chemin, mais lui seul pouvait l’arpenter. S’il choisissait la bonne voie j’aurai ensuite à le mener au village où il aurait pu reconstruire sa vie, à l’aider sans l’assister. Par contre s’il s’obstinait à choisir l’Ombre je serais obligé d’employer la manière forte, soit lui casser les jambes pour l’empêcher d’y aller, ou bien le livrer aux Protecteurs.


Je l’ai donc confronté au choix qui ferait basculer sa vie dans un sens ou l’autre. Je l’invitai sur la route et lui montra les deux directions. Au Nord il y avait les Dieux et leurs enseignements, la noblesse et le labeur. Au Sud il y avait l’ombre et le chaos, la haine et la souffrance, la Facilité.. Il fallait qu’il prenne sa décision, ici et maintenant. Il regarda les deux chemins symbolisant les deux voies, puis se tourna vers les Montagnes Noires.
« Je ne veux pas finir ainsi » dit-il en étouffant un sanglot. Je me souviens lui avoir dit qu’il ne finirait pas ainsi s’il le décidait fermement. Il me répondit alors qu’il ne souhaitait pas devenir un servant de l’ombre en plus. Je fis mine de ne pas entendre le poussant à répéter un peu plus fort. Il répéta, mais je n’entendais jamais rien, ses lèvres parlaient mais je n’entendais pas. Il répéta plus fort encore, et encore plus fort au faire et à mesure que je continuais mon petit jeu. Et finalement, j’entendis enfin ce que je voulais lorsqu’il hurla à se rendre muet que jamais il ne choisirait l’ombre. Dans ce cri, poussé avec le cœur et les tripes je fus rassuré et enfin convaincu. Lui aussi. Il s’affala sur le sol, soupirant de soulagement, mais manifestant ses craintes, celle de ne pouvoir être ce qu’il aspirait. Je lui fis comprendre qu’à moins que le grand Kezyr lui-même ne lui interdise à jamais les portes de sa caste, rien n’était perdu du moment qu’on se donnait la peine. A cela il me demanda le plus naturellement possible s’il y avait un charpentier au village. Je faillis en rire, mais je me contentai d’en sourire de satisfaction.


Nous nous sommes mis en route après avoir fait une brève escale au fortin afin de refaire le plein de vivres et d’eau ainsi qu’une monture. En partant je me suis retourné une dernière fois vers ce pays maudit et je crus voir sur une colline une silhouette bien connue, avec sa masse sur l’épaule qui semblait guetter Jolan. « Tu ne l’auras pas celui là ordure » ai-je murmuré en sa direction.
Puis, une fois les préparatifs achevés nous sommes partis...vers la lumière.




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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:47

Je me nomme désormais Ohran. Ceci n'est pas mon vrai nom, mais il y eut jadis une guerre et la personne que j'étais est morte. Cette époque me semble déjà si lointaine, et le peu dont je me souviens n'est que vestige illusoire d'une autre vie. J'étais un guerrier, un homme, et un poète...je ne suis plus qu'une ombre errante et prisonnière de ses actes.

Une nouvelle âme en peine migrait vers sa destination, elle suivait d'instinct les courants invisibles, ces chemins de perdition qui mènent tous au même endroit. Cette terre maudite est un asile pour les âmes perdues, un refuge traître comme l'aurore pour ceux qui croient y trouver la fin de leurs tourments.
Ce pays allait célébrer un damné de plus quand le môme s'est interposé. J'étais trop loin pour entendre ce qu'il lui a dit, mais j'imagine le discours naïf et crétin qu'il a dû lui servir. Ils sont restés longtemps ensembles à parler ou je ne sais quoi, mais je fus patient, au cas où cette âme viendrait, je ne devais pas la rater.
J'observais, perché sur une colline non loin, j'ai vu quand il lui a fait choisir sa voie. Il est encore trop jeune et inexpérimenté, c'était une folie de pousser cette âme au choix, il aurait pu échouer. Il aurait du échouer... Mais il l'a ramené vers les Huit et ils sont partis tournant le dos à l'Ombre... C'était pas mal joué.

Mais il est déjà temps de tourner cette page, mon funeste journal, toi témoin de mon sombre chemin d'errance. A notre prochaine entrevue peut-être y aura t-il de nouvelles surprises.





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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:48

Il leur fallut deux jours pour arriver à la lisière de la forêt qui abritait leur destination. Le Combattant ouvrait toujours le chemin, ces bois étant aussi traîtres que luxuriants. Ils s’enfoncèrent profondément dans la forêt pendant encore une demi journée avant d’apercevoir les palissades du village. Le Spadassin s’arrêta à l’entrée, invitant son compagnon de route à entrer, comme pour lui faire confirmer un choix. Ce dernier, hésitant et ne sachant que trouver derrière ces hautes rangées de bois taillé, s’avança timidement et pénétra le cœur battant dans l’enceinte. Les autochtones saluèrent d’un air intrigué et curieux cette nouvelle tête, puis une poignée fut rassurée en voyant derrière le Combattant que certains connaissaient ici.


Ils furent logés chez un ami au citoyen qui leur prêta ses écuries pour passer la nuit. Leur sommeil ne se fit point prier pour arriver, leur voyage les fit dormir aussitôt arrivés sur leurs matelas de fumier.
Depuis déjà tôt le matin la bourgade était éveillée et s’affairait aux diverses tâches de la vie quotidienne lorsque les deux arrivants se levèrent. Le Citoyen alla saluer les personnes qu’il connaissait, présentant au passage son compagnon de route, son histoire et les raisons de sa présence. Il fut bien accueilli par le village, et rapidement mis à contribution, puisqu’il allait désormais vivre ici avec eux. Et, pendant que Jolan s’intégrait, le Spadassin observait les lieux qui avaient vraisemblablement changés. Il n’y avait majoritairement que des femmes et des vieillards, les hommes valides étaient très minoritaires. Certaines de ces connaissances n’étaient plus là, ce qui l’intrigua. Il alla voir un des anciens du village afin d’obtenir ses réponses, traversant celui ci pour se rendre dans une chaumière modeste dont se dégageaient des odeurs d’épices et de jasmin. La question tomba aussi vite qu’une sentence, mais il ne s’attendait pas à lire une telle angoisse sur le visage de son interlocuteur. Ce dernier pâlit brutalement comme si le Spadassin venait de blasphémer ou comme s’il venait de soulever un voile qui servait à cacher des horreurs sans noms. A croire que la vérité était bien plus terrifiante que le mensonge…


Il dut insister et lever le ton pour qu’enfin l’Ancien daigne avouer l’inquiétante vérité. Depuis plusieurs augures déjà les chasseurs qui partaient en forêt ne revenaient plus, et personne ne trouvait trace de leur corps. Les villageois pensèrent à des bêtes en forêts, abondantes ici, mais une expédition de leurs meilleurs guerriers-chasseurs disparut et qu’un seul corps fut retrouvé à l’entrée du village, atrocement mutilé et à demi croqué... Depuis ce jour là ils vivaient dans la terreur, limitant le plus possible les sorties hors de leur enceinte. D’après certains, la nuit on entendrait ces bêtes qui longeraient les palissades, guettant une proie. D’autres affirment avoir vu des ombres lugubres dans les cieux.. Mais parmi toutes ces rumeurs, bien clairvoyant est celui qui aurait su séparer ce qui était vrai de ce qui n’étaient qu’invention. Lui n’avait pas ce don, mais il avait d’autres talents ; celui de se battre, de combattre et de vouloir aider ces pauvres gens. Cette promesse ne fit même pas jaillir une lueur d’espoir dans les yeux du vieil homme qui après avoir vu disparaître les meilleurs chasseurs du village, s’était finalement résigné à abandonner tout espoir et à attendre la fin..


Le jeune Combattant alla aussitôt se reposer, afin de veiller cette nuit. Certains villageois vinrent lui parler, tenter de le dissuader dans son propre intérêt, mais il persista. Têtu et obstiné comme à son habitude. Il décida d’attendre au centre du village, couché sur un tas de paille. Pour passer le temps, il aiguisa sa lame durant toute son attente, s’essayant à deviner quelle horreur il allait trouver. Les gens l’observèrent curieusement, intrigués voir outrés par son air nonchalant, alors que quelque chose à l’extérieur tue implacablement ceux qui sortent de l’enceinte. Cette attitude irrespectueuse à leur égard n’était pas voulue, mais qu’il panique ou non il y aurait bataille. Qu’il angoisse ou pas, il combattrait. C’est donc pour cette logique propre à lui même qu’il ne voyait pas de raison d’appréhender ce qui allait arriver, puisque ça arriverait de toute façon. La journée passa relativement vite, lui évitant ainsi une attente longue et trop ennuyeuse. Le voile obscur eut tôt fait de recouvrir les cieux et les habitants rentrèrent chez eux dès la soirée, se cloîtrant et priant pour la plupart ; pour ceux qui avaient encore de l’espoir. Derrière les volets on tremblait, on implorait, on niait le drame qui se déroulait, on se cachait derrière cette fine et dérisoire protection de bois sec.
La nuit était particulièrement sombre, les quelques torches disposées sur la palissade pour effrayer les bêtes n’offraient que peu de visibilité, cela s’annonçait laborieux. Le silence s’était lui aussi installé, implacable et inquiétant.. On n’entendait pas un mot, pas un murmure comme si le village entier retenait son souffle pour être le plus discret possible.


Et puis un bruit brisa cette torpeur silencieuse. Furtif et discret, il mourut aussi vite qu’il était né. Le citoyen resta immobile, les sens aux aguets, sa main sur le pommeau de son arme. Quelque chose frôla la palissade au côté opposé, mais s’évanouit aussitôt dans les ténèbres muettes. Quelque chose rôdait autour du village, quelque chose de malin et de prudent. En silence le Spadassin se leva et tenta de pister l’origine de ces mouvements en longeant l’enceinte. Il entendait une respiration de l’autre côté, puissante et sifflante ; loin d’évoquer quelque chose d’humain... Il fit un pas en arrière, mais la chose de l’autre côté fit de même. Perplexe il se décala silencieusement de côté mais de l’autre côté on lui suivait encore. Décontenancé il se figea, et alors on n’entendit plus que le bruit des deux respirations antagonistes. Il recula lentement, toujours sa main sur son arme, prêt à sortir celle-ci dès que la chose derrière aurait démoli ou passé par-dessus la palissade. Tout à coup, sentant que la viande fraîche s’en allait la chose se jeta violemment sur la palissade et on entendit un grattement comme si elle grimpait. Le Combattant avait dégainé et se tenait prêt à accueillir cette chose comme il se doit dès qu’elle passerait à peine par-dessus le mur. Le bois trembla et se fissura par endroit mais la palissade tînt bon. Puis il y eut ensuite le bruit d’une chute... Le Spadassin s’élança vers le point de hauteur le plus proche pour n’apercevoir deux pattes velues disparaître dans la noirceur de la forêt...


Il sortit précipitamment du village en emportant au passage une torche tandis que les habitants venaient juste de se réveiller paniqués par le fracas qui les avait tirés du lit. Ils n’eurent pas le temps de le questionner, car déjà il s’enfonçait dans les bois poursuivant la chose. Il faisait trop noir pour suivre un ou des signes de traces éventuelles, il courut tout droit sans s’arrêter s'engouffrant de plus en plus profondément dans la forêt. Sa course s’interrompit nette lorsqu’il sentit qu’on entravait son pied. Il trébucha puis roula de côté conservant assez de vitesse pour se relever sans trop de peine, l’arme au poing. Le coupable était inattendu, une sorte de voile filandreux blanchâtre, et terriblement collant. Etait-ce du sang ? Etait-ce un autre liquide corporel ? Néanmoins cet indice bien que mystèrieux indiquait que la chose était passée par ici et qu’elle ne devait plus être trop loin. Il continua plus doucement armée de sa torche et de son épée, faisant attention de ne pas se jeter dans une embuscade.
Mais alors qu’il avançait prudemment le sol se déroba sous ses pieds et il dégringola, entraîné par l'éboulement d'une pente. Après moult tonneaux et roulades sa chut pris fin, son crâne se retrouvant à une poignée de centimètres seulement d’un rocher. Remonter en haut s’avérait délicat vu l’instabilité de la terre sous ses pieds et l’inclinaison de la pente. Un seul chemin s’offrait à lui, étroit et obscur. Le Citoyen soupira, étant obligé de s’y engager. Ce pendant quelque chose attira son attention quelque chose qu’il n’avait pas remarqué au début de sa course poursuite mais qui était déjà là... Le silence...toujours ce silence morbide. Il n’y avait même pas le moindre chant d’oiseau ou d’autre animal nocturne, même un grognement ou un gémissement de Gallhuk aurait été plus rassurant. La nature semblait terne, morne, ou plutôt inhabitée. Alors qu’il s’engageait dans l’étroit chemin il sentit les branches se resserrer sur lui, il tenta de se défaire mais elles restaient collées. Il approcha sa torche et sa lame pour comprendre, et retrouva ce fil visqueux qu’il avait trouvé tout à l’heure. Sans s’en apercevoir, il s’était empêtré dans ceux-ci, et il lui fallut se débattre violemment ainsi que quelques coups d’épée pour en sortir. Mais ce qu’il ignorait c’est que son agitation qui fit trembler même imperceptiblement les arbres avait alerté quelqu’un...


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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:48

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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:48

Une fois débarrassé de ce piège, il observa la pente puisque le chemin semblait bouché par cette substance, il ne lui restait plus qu’à essayer de grimper... Et pendant qu’il tentait l’ascension, une ombre se mouvait vers la cime des arbres, discrète et fugace, elle était venue voir ce qui avait agité ses fils. Elle observa l’humain de rouge et d’acier vêtu, il lui tournait le dos. Elle s’approcha silencieusement, pour se placer juste au-dessus de lui, prête à bondir dessus. Elle ne laissa échapper qu’un léger sifflement lié à sa respiration. L’humain se figea net crispé à l’extrême, une main sur son arme. Et tout à coup l’ombre plongea en direction de sa proie qui échappa de justesse à cet assaut. Quand il se retourna il put enfin voir le « visage » de ce qui terrorisait et tuait le village. Elle était haute d’un mètre et demi, sur trois de large. Ses longues pattes étaient aussi velues que nombreuses et de ses crocs dégoulinait un liquide des plus venimeux.. Sa peau était recouverte d’une carapace assez résistante qui ne laissait entrevoir aucune faille, la combattre à l’épée semblait se révéler laborieux, car se tenait devant lui toutes mandibules dehors une Araignée des Ténèbres. Ces créatures qui vivent naturellement en Kali dans une colonie d’une huitaine d’individus servent parfois de monture offensive à certains seigneurs de Kali ou de Kar. Celle ci n’était pas montée, peut-être s’était-elle égarée jusque là, mais peu importe elle était là et elle tuait..


De ses longues pattes elle commença à pousser et tenter de matraquer le spadassin avec violence et célérité... Sous ses assauts il dut reculer quelque peu mais se trouva rapidement acculé au pied de la pente qui le ferait irrémédiablement trébucher. Il para autant que possible avec son arme, faisant à son tour reculer l’agresseur en pointant sa torche enflammée, mais ce dernier jouissant de plus de « bras » reculait et attaquait en même temps. Ses pattes n’étaient pas meurtrières en soi mais étaient plus dérangeantes et vouées à faire diversion pour lancer une vraie attaque, avec ses crocs et son venin. Celui-ci est paraît-il particulièrement virulent et puissant, ce qui ne donnait aucune envie au Spadassin d’en subir les effets. Chaque fois que ses mandibules armées s’approchaient un peu trop près il les faisait reculer avec sa torche, tout en essayant de percer son exosquelette. Des deux côtés les armes étaient redoutablement tranchantes. Des deux côtés les armures tenaient bon, et des deux côtés on combattrait jusqu’à la mort.
Le combat devenait épuisant pour l’humain qui voyait ses efforts inutiles pour percer les défenses de son adversaire. L’araignée semblait le ressentir et en salivait d’avance, ce n’était plus qu’une question de temps. Quand son futur repas trébucha en s’aventurant sur la pente instable, elle se précipita sur lui avant qu’il n’ait eu le temps de faire quoi que ce soit. Vorace et sans pitié elle n’avait plus qu’à lui injecter son poison et attendre qu’il fasse son effet. Ses tissus mourraient rapidement, le faisant atrocement souffrir. Le venin s’insinuerait partout, se propageant comme une mauvaise herbe, ramollissant les chairs les rendant ainsi délicieusement savoureuses. Les mandibules se déployèrent et à leurs extrémités les crocs empoisonnés prêts à remplir leur office plongèrent sur le corps du Spadassin avec une passion de gourmet.. Sa peau était dure, plus dure que les autres proies en provenance du village mais peu importe, celui-ci lui avait donné du fil à retordre, et pour cela elle était bien décidée à savourer ses chairs. Elle relâcha ensuite son étreinte, deux minuscules petits trous trônaient sur le plastron du combattant..
Un cri retentit dans la nuit…


Une flamme dans les ténèbres chatouillait de ses langues ardentes l’abdomen vorace d’une tueuse impitoyable. Allongé sur le sol, le Petit Paladin maintenait sa torche plaquée contre l’abdomen de l’araignée qui à sa façon hurlait ; un cri strident et désagréable, sans doute tout aussi désagréable que les flammes sur son abdomen. C’est en se jetant sur lui qu’elle permis au combattant de voir là où sa carapace était la plus faible. Ce dernier grâce à son armure fut épargné par la morsure et donc le poison. Profitant d’un effet de surprise stratégique il put contre-attaquer et prendre temporairement l’avantage.
Dans un geste de colère, l’araignée tenta de mordre ce bras qui lui causait tant de douleur. Le citoyen le retira à temps, et de l’autre abattit son arme sur la tête de la tisseuse qui recula, bien que non blessée par cet assaut. Il se redressa tandis qu’elle frottait son abdomen sur le sol froid et boueux pour apaiser la douleur. Il jeta sa torche suffisamment haut pour qu’elle atterrisse derrière elle. Le Feu, au même titre que son Maître n’est pas contrôlable, il est imprévisible et destructeur, et c’était cette destruction qu’il cherchait à utiliser. Le feu de la torche se répandit une fois au sol, brûlant la végétation à portée et bientôt l’araignée se retrouva coincée par une barrière enflammée qui s’étendait jusqu’aux arbres l’empêchant même de fuir par cette voie.


L’Aspirant Paladin planta son épée dans le sol fixant l’araignée qui ne cessait de hurler. Il porta sa main à son dos et sortit sa Hallebarde. L’araignée des ténèbres chargea alors en sa direction, derrière lui se tenait une pente glissante mais salutaire. Du manche de son arme il frappa en estoc au niveau de la tête. Le choc le fit reculer légèrement et s’enfoncer dans la terre bien qu’il n’ait bougé ses appuis, mais il parvint à la faire reculer contre son gré. Ce fut ensuite à son tour de charger, il leva très haut son arme et l’abattit violemment sur elle. Elle y laissa deux pattes en esquivant de côté. Tout à coup, elle lui tourna le dos et quand il fut assez près lança en sa direction un fil blanc et visqueux qui lui immobilisa les pieds au sol. Debout, dans l’incapacité de se déplacer, il vit l’araignée s’avancer triomphante, prête à mordre à nouveau.. à la tête cette fois..
Il ne pouvait bouger que ses bras et ses hanches, il pouvait frapper. Mais sans ses appuis il risquait de donner soit un coup trop peu puissant, soit être déséquilibré et tomber se retrouvant ainsi à la merci de la tisseuse.


Alors, prenant sa hallebarde tout au bout du manche, il commença à essayer de faire tourner celle ci. Vu le poids de celle-ci, les premiers tours furent pénibles, le temps qu’elle prenne assez de vitesse. Mais quand il parvint à lui insuffler assez de mouvement et de vitesse, il n’était plus gêné par le poids, mais plutôt par le déséquilibre qu’il lui fallait gérer désormais. L’araignée avançait encore, confiante et vengeresse. La hallebarde tournait, tournait... de plus en plus vite, elle faisait chanter l’air qu’elle pourfendait. L’araignée s’approchait, son venin dégoulinait.
Soudain, quand enfin elle fut assez proche, il fit pivoter la rotation de son arme pour qu’elle la prenne de plein fouet. Hélas ! L’araignée passa au-dessous du coup, esquivant ainsi ce dernier de justesse. Mais alors qu’elle s’apprêtait à mordre la hallebarde finit son tour et la percuta violemment sur le flanc, la projetant d’un mètre ou deux sur le côté. Mettant à profit ce gain de temps, il se défit de son entrave collante à l’aide de son arme, et une fois libéré se dirigea vers la tisseuse qui, le flanc percé, tentait de se relever. Il brandit son arme pour donner le coup de grâce. Un coup pour venger tous ceux qu’elle avait dévoré, un coup pour tous ceux qu’elle terrorisait, un coup pour les sauver. L’arme remplit son office, elle brisa l’exosquelette et pourfendit les chairs, achevant cette créature.


Le Feu se propageait, il lui fallait maintenant remonter la pente. D’imposant nuages noirs s’amoncelaient dans les cieux, annonçant une bonne averse. La nature était vraiment bien faite se dit-il. Du flanc percé il voyait dégouliner les fluides de la créature et aussi ce qui semblait être, ce qui aurait pu être sa future progéniture. Une bonne chose que cette abomination soit morte, pour nourrir ses enfants il lui aurait fallu tuer, tuer encore et encore..
Reprenant ses armes, il remonta finalement la pente, s’y reprenant à deux fois. Il arriva au village au matin, sous les yeux médusés des habitants. L’aube était belle ce matin là, peut-être parce que chargée de symboles. Certains affirmaient même avoir réentendu un oiseau chanter...


Ce à quoi personne n’avait songé, c’est que si la mère était « enceinte », il avait fallu un géniteur pour la féconder...
C’était une victoire, pas la guerre..



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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:49

Bien que sa tâche fut terminée il resta au village deux jours de plus trouvant sans cesse un prétexte à aider ces gens à rebâtir leur village et surtout à rassurer, notamment lors des excursions hors du village afin d’y chercher la subsistance de ses habitants. Peu à peu les villageois reprenaient confiance et osaient s’aventurer à l’extérieur, sa tâche semblait désormais finie. Son ancien compagnon de route trouvait parfaitement sa place au sein de la communauté, il était presque difficile de croire qu’il manqua d’aller se laisser dépérir en Kali. Assran était harnaché, ses maigres possessions rangées, et le départ imminent. Avant de monter en selle, il se retourna admirant une dernière fois la quiétude retrouvée. Puis il se mit en route. Humble et pudique il préférait partir sans adieux ou remerciements. Mais à peine eût-il franchi l’enceinte qu’il vit un homme accourir en sa direction, le visage apeuré. Il se cramponna à la jambe du combattant implorant et bafouillant des mots incompréhensibles, comme s’il venait de visiter Kali.


Mais quand parmi le charabia qu’il débitait on put comprendre le mot-clef « araignée », le sang du combattant ne fit qu’un tour et il partit aussitôt en forêt, vérifier si l’horrible pressentiment qui venait de naître était réel. Il s’enfonça spontanément dans la forêt, se dirigeant consciemment là où la nature se montrait la plus sombre, la plus dangereuse. Il n’avait avec lui que ses armes, sa monture et une torche dont la lumière semblait offenser les ténèbres. Il y débusquerait sans doute la cause de cet effroi, la source du malheur. Un indice laissé là négligemment ou non indiquait hélas que son intuition était juste. Un fil blanchâtre gluant et visqueux gisait pendu au tronc d’un arbre se balançant au gré du vent. Il continua dans cette direction, se dirigeant toujours vers l’ombre et ce qui y était sans doute tapis. Alors que son destrier galopait dans les bois devenus de plus en plus obscurs, il se maudissait, il culpabilisait... L’araignée était pourtant morte, elle n’aurait pu survivre cela était impossible. Mais ses pensées furent interrompues lorsqu’ Assran se cabra soudainement, manquant de le désarçonner. En effet, devant eux se tenait une rangée de cocons sanguinolents, suspendus aux hautes branches par de longs et épais fils visqueux. L’endroit puait la chair en décomposition et à demi macérée, un violent musc au parfum de mort fouettait les nasaux capable de donner la nausée aux plus aguerris…


Quelque chose bougea dans l’épais feuillage d’un gros chêne, juste derrière la rangée de cocons. Un ombre noire finissait précipitamment son repas interrompu par cet humain, et s’apprêtait à s’échapper par les arbres. Même ennemi même stratégie. Le combattant lança sa torche enflammée le plus haut possible, cherchant à enflammer le feuillage de l’arbre par lequel la chose comptait fuir. Par chance le feu prit assez vite, sans heureusement atteindre le stade d’incendie et les flammes obligèrent la bête à renoncer à s’échapper par les hauteurs. Bête qui venait d’être démasquée par le feu et sa lumière qui contrairement à l’ombre ne ment jamais. L’araignée, encore elle... Agrippée au tronc elle sifflait en direction de l’humain qui enrageait de la voir encore et toujours vivante, capable de tuer. La monture était nerveuse, elle labourait le sol avec ses sabots meurtriers, tandis que son cavalier décrochait une nouvelle fois sa hallebarde en serrant les dents. L’araignée restait sur le tronc, ses mandibules, plus grosses que la dernière fois s’agitaient frénétiquement dans un bruit de mastication ragoûtant.


Puis, pointant tant bien que mal sa Hallebarde à la façon d’une lance, il lança brutalement son destrier au galop en direction de l’abomination. Les pas de son destrier martelaient lourdement le sol. Celle-ci tourna sur elle-même en restant sur le tronc, les mandibules en avant. Elle guettait cet humain entouré de fer, à moitié cachée par la rangée de cocons se pensant à l’abri derrière sa muraille morbide et puante. Mais l’humain abaissa sa hallebarde avant de percuter les cocons, si bien que vitesse aidant, il les percuta de face, en luttant pour ne pas être désarçonné par la collision. Et aussitôt après, toujours lancé, il remonta son arme au niveau de l’abomination en poussant un cri de guerre..et celle-ci finit empalée contre le tronc. Son sang ruisselait contre l’écorce de l’arbre tandis qu’elle était agitée de ses derniers spasmes avant de mourir pour de bon. Derrière les cocons étaient tombés au sol, et les quelques fluides qui restaient s’écoulaient sur le sol, fluides qui étaient auparavant des humains... Il observa ces lieux lugubres, puants et morbides. Ces fils blanchâtres pendouillants, ces cocons percés et moisis, cette nature souillée et corrompue... En haut du chêne le feu prenait encore d’avantage et vomissait ses gerbilles incandescentes sur ce sanctuaire infâme et désormais abandonné. Bientôt cette partie serait incendiée, mais tant mieux, les flammes de Kroryn auront nettoyé ces horreurs.
Il n’y avait aucune trace d’une autre abomination et la dernière semblait belle et bien morte, il décida de rentrer au village les prévenir. Les habitants le saluèrent, le remercièrent, lui proposèrent de l’or des richesses, mais il refusa. Sa tâche était terminée ici, tout ce qu’il souhaitait c’était de rentrer quelques temps chez lui, serrer sa femme et son fils, puis retourner se battre en Kali, poursuivre sa Quête.



~~~~~~~~~~~~~~~~



~~~~~~~~~~~~~~~~



C’est ainsi qu’il quitta le village, simplement et humblement, sous le regard dépité des habitants qui avaient désormais droit à vivre plus tranquillement. Il avait renoncé à tout ce qu’ils lui offraient ; à l’or, au plaisir, comme à son habitude. Sur la route qui se dessinait désormais devant lui il voyait au loin le visage de son épouse et de leur enfant unique, sa chair et son sang, son héritier, son fils…
Mais comment aurait-il pu se douter qu’à peine arrivé le destin frapperait sournoisement? Comment aurait-il pu imaginer cela après tout ce qu’il avait traversé et affronté ? Ils avaient survécu aux guerres, aux démons aux « vampires », à la belle-famille. Mais non...
Il fallut que son seul enfant lui soit arraché, là où pourtant il était sensé être le plus en sécurité, au cœur même du Temple de La Mère, rempli de prodiges et de guérisseurs. Mais malgré tout il ne put échapper à la mort. Son petit corps autrefois si agité et dynamique était ce matin là froid et glacial, son petit cœur innocent ne battait plus, il était mort…


Cet enfant né un jour de victoire quand Adarth fut vaincu, qui avait survécu aux sévices de Tullaris et de Thélonius, mourut d’une façon à la fois bête et douce, sans souffrir. Mais la souffrance elle, alla aux parents. Certains affirment qu’il n’y a rien de pire que perdre un enfant, qu’on ne devrait pas survivre à ses enfants. La chose la plus tragique dans tout cela, c’est qu’ils ont tort… c’est encore bien pire... Cette douleur là, en plus de ronger les parents désormais « orphelins » leur fait prendre conscience de leur impuissance, de leur échec. Quelque chose leur a pris leur enfant, leur descendance, sans qu’ils n’y aient pu quoi que ce soit...Ils auraient eu beau lutter, se débattre ou se damner, rien n’aurait changé. On leur avait volé leur fils, leur bébé. Il était innocent, il n’avait rien fait, vierge de tout crime. Un petit être symbole à la fois de vie et de pureté, un cadeau si précieux qu’il en ferait presque oublier toutes les horreurs de ce monde. Un Innocent.


Mais non, malgré cela il avait fallu qu’il meure. Le Spadassin avait beau risquer sa vie pour celle des autres, cela ne sauva pas son fils pour autant. Personne ne le sauva. Il aurait pu douter, renier sa voie ou en changer sous prétexte de sa souffrance, mais non même cette atroce nouvelle ne le fit changer d’un pouce de sa voie. Il n’y eut que du mobilier brisé et mis en miette par sa rage, sa douleur. Les idéaux, la Foi eux restèrent intacts...A vrai dire il ne restait que cela. Lui d’apparence si morne et si froid avait trouvé en son fils un souffle de vie, de renouveau ; de joie. Ce souffle, cette partie de lui était morte avec son enfant, son petit. C’était injuste…
Cet enfant ne rirait plus, ses cris ne résonneraient plus dans la petite maison, il n’égayerait plus les amis la famille, les voisins...Ce n’était pas juste…
Cet enfant ne grandirait pas, il ne marcherait jamais, et ne pourrait jamais monter sur un Destrier Karien. Son père ne le verrait jamais devenir un homme, l’homme qu’il aurait aimé le voir devenir, ses rêves pour son fils étaient balayés, brisés, jetés dans le néant. Ce n’était pas juste..
Il y a longtemps de cela, il avait choisi la Voie des Paladins, voulant devenir un de ces héros dont on chante le Courage et l’Honneur. Il voulait se battre, combattre pour rendre ce monde un peu moins moche, lutter contre ceux qui le souillaient et l’avilissaient. Depuis qu’il était devenu père, sa détermination n’avait cessé de croître, voulant offrir à sa descendance un monde meilleur. Et son enfant était mort. Ce n’est pas juste. Mais à sa mort, tout en serrant sa petite main froide, il lui promit qu’il réussirait, qu’il irait jusqu’au bout comme il l’avait promis jadis.


C’est ce qui désormais l’animait ; ses idéaux et sa Foi, toujours présents, et sa promesse. Un jour il fut dit qu’il coexistait dans cette même armure l’Homme et le Spadassin, les deux facettes symbiotiques d’une même pièce. Ce jour là une partie de l’Homme fut anéantie, poignardée au cœur de plein fouet, et le temps que cette part cicatrise, il restait le Spadassin, fidèle à lui-même avec sa franchise, ses idéaux, sa droiture sa Foi, son honneur, mais sans joies…


On ne devrait jamais survivre à ses enfants…






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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:50

Jour de l'écume :





Je suis retourné au point de rencontre habituel, voir si mon adversaire s’y trouvait. Retenu par plusieurs missions et obligations je n’étais pas revenu là depuis pas mal de jours, j’étais presque certain qu’il n’y viendrait plus et aurait continué son funeste chemin. Quelque part je me disais que j’avais échoué, certes je ne pouvais pas être partout à la fois, mais j’aurais dû.
L’endroit était désert comme je le pensais, mais il y avait un mot laissé sur le sol cendreux. J’ignore depuis combien de temps il avait été laissé là, mais il l’avait laissé à mon intention avec ceci inscrit dessus.


Citation :
Retardé à ramener cette brebis égarée dans le "droit" chemin semble t-il. Peu importe il y en a tellement d'autres…

Sache que quand tu trouveras ce mot il se passera de sombres choses à quelques lieux au sud-est d'ici. Un groupe de laquais plus morts qui vivants se démènent vers cet endroit, animés par une sombre magie que tu connais et hais si bien.
Auras-tu la foi et le courage d'aller détruire cette corruption?

A moins bien sur que tout ça ne soit qu'un piège et un tissu de mensonge comme ton instinct doit te le dicter, mais si ceci est vrai tu en porteras la responsabilité…



Bien sur que cela empestait le piège, voir pire la manipulation ! Il y avait anguille sous roche, pourquoi aurait-il intérêt à ce que je continue à combattre et lutter contre ses semblables ? « Un Fataliste ne sert que ses intérêts » cette rengaine s’est toujours révélée vraie. J’avais deux solutions ; ignorer ceci ou bien me rendre là-bas et tenter d’être plus malin que lui. J’ai choisi la seconde solution, conscient que c’était sans doute ce qu’il avait prévu. Un piège, et moi j’avale...Je suis aussitôt monté sur Assran et nous sommes partis au galop vers cet endroit. J’ai laissé mon destrier en retrait et à l’abri derrière une bute tandis que je continuais à pied et l’arme au poing.
Au bout de quelques minutes je suis arrivé près d’une petite colline devant laquelle gémissaient et s’affairaient une bande de spectres et autres morts vivants. A demi caché derrière un imposant rocher qui trônait sur une légère bute j’observais les lieux. Le sol semblait avoir été creusé et un passage était aménagé pour mener sous la colline. L’entrée quant à elle était gardée par un petit groupe de sorciers en décomposition. Un flux continu de cadavres ambulants allait et venait sans cesse dans cette caverne, sans pause ni répit comme des travailleurs damnés, ce qu’ils étaient déjà. Curieux, j’ai voulu savoir ce qu’ils semblaient transporter à l’aller mais en cherchant à m’avancer pour mieux voir, quelques pierres dégringolèrent puis dévalèrent la bute où je me trouvais, trahissant ainsi ma présence…

Les abominations les plus proches se figèrent puis me découvrirent sans trop de peine. Une moitié chargea en ma direction, l’autre se précipita à l’intérieur comme pour protéger quelque chose, peut-être ce qu’ils traînaient. Il ne fallut pas longtemps pour que tout ce petit monde ressorte accompagné de renforts. Les premières lignes étaient déjà parvenues à mon niveau. Gallhuk, Spectres se jetèrent sur moi, mais furent vaincus. Légèrement en surplomb par rapport à mes assaillants j’avais un avantage stratégique par rapport à mes pitoyables ennemis. Je les ai passé un à un par le fer de mon arme jusqu’à ce qu’un monticule putride se forme à mes pieds, et qu’en bas il ne reste que les liches. Celles ci firent de brefs et étranges mouvements saccadés, mais synchrones. Ca n’augurait rien de bon pour moi…
J’avais raison une fois de plus, le rocher derrière lequel je m’étais caché s’est mis à trembler. Mais plus que le rocher c’était le sol qui grondait, et qui expulsa de ses boyaux un colosse de pierre et de terre qui maintenant me faisait face.


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Beaucoup d’élémentaires de toutes sortes croisèrent mon chemin au cours de mes batailles mais celui-ci était unique. Peut-être à cause de la terre noircie et funeste qu’on trouve en Kali... Mais peu importe c’était un adversaire et il fallait le vaincre. Ses bras étaient larges et puissants, et bien qu’il ne portait pas d’armes ses baffes devaient être suffisamment meurtrières pour qui laisserait une joue à portée. Son corps massif principalement composé de pierres, semblait particulièrement résistant, bref un combat difficile en vue qui commençait à faire valoir mon déplacement jusqu’ici. Ce qui m’inquiétait toutefois c’étaient les liches restées plus loin qui pourraient m’attaquer à loisir pendant que j’affronterai le colosse. Elles ne s’en privèrent pas d’ailleurs les bougresses. Bien que le rocher ait servit de rempart et de boucliers à la plupart de leurs sorts, certains ne passèrent pas loin.
Le colosse était lent et puissant, les coups que je parais avec mon écu me faisaient à chaque fois reculer sous l’impact, et les miens ne faisaient que gratter et effriter sa peau de pierre. Mais pendant que je m’acharnais sur l’élémentaire, je ne vis pas le coup en traître qui m’a assomé... Les liches sans doute.

Tout ce dont je me rappelle c’est qu’on ma traîné dans cette caverne. Je me suis réveillé par terre dans une salle qui avait été sculptée et taillée, une large et haute porte se dressait devant moi. Il y avait sur le sol des offrandes, des morceaux de cadavres, des animaux morts, d’autres encore vivants... C’était donc ça qu’ils traînaient...et ça puait la mort a en donner la nausée. Tout de suite après j’ai vu les portes s’ouvrir, quelque chose se tenait derrière, mais à peine ai-je pu distinguer ses traits que tout redevint noir..



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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:50

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MessageSujet: Re: Ma Croisade.   Mar 3 Jan - 14:50

Jour du Métal :






J
e me suis réveillé dans une autre salle, couché sur une pierre qui me glaçait le dos ou un autel, nu comme un vers. Très faible je regardais cet endroit lugubre cherchant à comprendre dans quel merdier j'étais fourré. Je devais être encore sous la colline, dans cette espèce de caverne, mais j'étais étonné de voir avec quel détail et rigueur cette salle avait été sculptée et décorée. De larges frises ornaient les murs souillés de sang et de tripes séchées, et de puissants arcs de voûte soutenaient le plafond. Un tel travail était étonnant de la part de laquais dégénérés et stupides, à moins que cet endroit soit plus vieux que ça...Mais peu importe, j'étais nu, sans armes en milieu hostile et atrocement faible. Je ne parvenais même plus à soulever un membre, alors que je n'avais aucun lien. Je pense que c’est cela mourir de honte..
C'est alors qu'une silhouette que je connais trop bien est apparue devant moi, provoquant aussitôt ma colère et ma haine. L'ordure l'infâme se tenait en face de moi, cynique et triomphant comme à son habitude. Mais alors qu'un flot d'injures allait l'accueillir comme il se doit, il posa sa main devant ma bouche afin de les étouffer.


« Si tu l'ouvres on meurt tous les deux gamin. Décidément je ne peux même pas te confier une toute petite mission sans que tu échoues...Bois ceci, tu recouvreras quelques forces le temps que je t'explique.. »


J'ai protesté, je ne voulais pas de son remède de fataliste, et voyant que je risquais de nous faire remarquer il a du se résigner à m'en donner un draconiste. Et pendant que je recouvrais mes forces il m'expliqua à mon plus grand étonnement ce qui se tramait ici. La chose que j'ai aperçue avant de me réveiller ici possédait un artéfact redoutable et dangereux, une épée ensorcelée. Sur le coup je n'avais eu juste le temps de remarquer qu'en effet elle arborait une lame sombre. Cette lame plus noire ou presque que ce pays et ses habitants possédait une particularité, elle drainait la force et l'énergie de ses ennemis. Je lui ai demandé comment il savait tout ça, mais il ne m'a pas répondu. Tout ce qu'il m'a dit c'est que par ma faute, j'avais contribué à renforcer cette créature quand elle usa de son arme sur moi... Je lui ai aussi demandé pourquoi il m'aidait, il me répondit simplement que pour sortir vivant d'ici il lui faudrait une diversion. Il s'éclipsa aussitôt, juste avant que je finisse de récupérer et que je sois apte à lui sauter à la gorge.
J'enrageais non seulement de m'être fait berner, mais aussi d'avoir contribué à l'apparition d'une nouvelle abomination…


Je fis un bref choix, d'abord je tâcherai de réparer mes erreurs sur cette bestiole, ensuite j'irai m'occuper de l'autre raclure hérétique. Me relevant enfin j'ai réussi à retrouver mon équipement laissé en plan dans un coin. Mais pendant que je finissais de tout renfiler les murmures plaintifs et gutturaux des morts résonnèrent à nouveau dans la caverne. Deux liches se présentèrent, escortant la fameuse chose que j’avais aperçue. J’ai aussitôt brandi mon arme, et j’ai chargé sur elles puis les ai vaincues, avec un léger sentiment de satisfaction personnelle pour m’avoir lâchement assommé l’autre fois. Restait « l’autre »... Il avait changé, les os étaient recouverts de muscles, son arme jadis noire comme les ténèbres, scintillait de reflets flamboyants. De minces volutes transparentes et magiques irradiaient de la lame vers le bras de la créature qui me fixait de ses yeux rouge sang, comme deux funestes opales... L’autre ordure avait dit vrai, il m’avait volé mes forces pour se les approprier, je n’avais donc pas intérêt à me faire cueillir par son arme…


~~~~~~~~~~~~~~~~

~~~~~~~~~~~~~~~~


Sa première attaque fut fulgurante, et failli me déséquilibrer sous la surprise. Plus inquiétant, en un coup il avait bien amoché mon écu ce qui n’augurait rien de bon... Décidément cette épopée semblait s’obstiner à vouloir finir tragiquement. Il se replia légèrement et se mit en garde prêt à contrer…comme je fais d’habitude ! Cette saleté avait-elle aussi copié mon style et mes techniques ?! Je me suis mis moi aussi en position, fidèle à ma façon de combattre et nous nous sommes observés de longs moments, chacun attendant que l’autre charge. Je savais pertinemment que si je chargeais, il ferait comme moi d’habitude, c’est à dire qu’il bloquerait mon attaque et me frapperait d’un coup puissant en contre. Pas bon signe… pas bon signe tu tout..
Seulement cette bestiole n’était pas un combattant, elle n’en avait pas subi les épreuves ni les entraînements et n’en avait pas l’expérience. Si elle usait mes techniques, elle serait vulnérable aux faiblesses de celles-ci.


J’ai chargé volontairement l’arme au poing, tandis qu’elle préparait son contre jubilant d’avance sans doute. Mais ce que cette saloperie ignorait, c’est que si elle ratait son contre en puissance elle serait complètement à découvert me laissant le champ libre pour attaquer à ma convenance... D’un pas de côté je parvins à esquiver son contre qui le déséquilibra, pour ensuite abattre ma lame sur son poignet dans le but de trancher sa main et la priver de son arme. Je fis mouche, et la lame finit sur le sol. Aussitôt la bestiole commença à maigrir, ses chairs et ses muscles se décomposaient à une vitesse impressionnante et écœurante dans un bruit ragoûtant. Elle tenta de se jeter sur son arme, mais je l’en ai empêché d’un coup de pied bien placé et particulièrement défoulant j’avoue. Ne perdant pas de temps en fioriture, j’abattis violemment mon arme sur cette abomination devenue pitoyable après l’avoir salué selon les coutumes. Elle s’écroula à mes pieds, le crâne fendu par ma lame. Son épée quant à elle gisait sur le sol poisseux. Je ne pouvais pas laisser une arme pareille à la portée du premier fataliste venu, il me fallait trouver une solution, car je me refusais à la prendre et l’emporter. Mais pendant que je divaguais à trouver un moyen de cacher ou détruire cette arme une autre liche se présenta dans la salle. J’ai eu juste le temps de me baisser pour éviter son sort qui percuta la paroi de la caverne, ébranlant dangereusement celle-ci. Je me suis jeté sur la créature et l’ai embroché, mais le plafond tremblait toujours. Voilà qui faisait à la fois mes affaires et mon malheur, j’avais là un moyen de sceller cette arme maudite, mais je devais me dépêcher de ne pas finir enterré vif avec elle.


Après avoir couru dans les couloirs et les passages, me frayant un chemin au fil de l’épée j’ai pu m’extraire à temps des boyaux de cette colline peu avant qu’elle ne s’effondre sur elle même. Je reprenais mon souffle quand on m’attaqua une nouvelle fois par derrière – Kroryn qu’ils sont lâches en ce pays... Cette ordure se tenait une nouvelle fois face à moi, l’air amusé. Il me demanda l’arme. Je lui répondis, non sans jurons, que j’avais veillé à ce qu’elle soit enfouie et scellée sous terre là où aucune pourriture comme lui ne pourrait l’atteindre. Il ne m’a pas cru et me récompensa de coups de botte dans le ventre visant à me faire avouer. Crétin de fataliste, pas fichu de savoir que mon verbe est vérité contrairement au sien. Il lui fallut quelques minutes de piétinement pour qu’il comprenne que j’avais bien empêché quiconque de trouver cet objet maudit. Après quoi il s’en est allé bredouille sans rien dire me laissant à demi conscient... Bien fait. Par contre il m’a abîmé mon armure cette andouille….


Mais il est déjà temps de tourner la page cher journal, toi témoin de ma croisade. Demain sera un autre jour, une autre bataille, une autre quête…







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