La Bataille d'Urfa

La légende des Paladins et des Prophéties oubliées
 
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 Les Amants Maudits

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Date d'inscription : 23/12/2011
Localisation : Limbes

MessageSujet: Les Amants Maudits   Mer 1 Fév - 12:10

Les Amants Maudits
Rift 2012©




Mathosia, trente ans auparavant..


Les jeunes époux observaient le couchant, enlacés, la main du jeune mari caressant le ventre rebondi de sa compagne. Cette dernière apposa la sienne avec grâce sur celle de son compagnon puis lui adressa un tendre sourire. Le jeune fermier sentit alors son cœur se soulever dans sa poitrine, saisi par cette vision d'amour, cette promesse de bonheurs à venir. Bientôt leur premier né ouvrirait les yeux sur cette terre qu'ils s'employaient à cultiver et à rendre meilleure. Pour l'humble paysan, il ne semblait pas y avoir plus simple expression de ce qu'était le bonheur, et il en remercia les Dieux pour tous ces dons précieux...


~~~~~~~~


Temps troubles de l'Ombre, vingt ans auparavant..


"Cassandre !! Cassandre !! Emmène les petits au vieux moulin ! Je vais les attirer sur un autre chemin!! Préviens tous ceux que tu croises ! Barricadez vous là bas !"

La femme hésita puis acquiesça lentement, les joues zébrées de larmes. Elle poussa les jeunes enfants apeurés vers la direction du vieux moulin, jeta un dernier regard à son époux par dessus son épaule. La Mort s'était répandu sur Mathosia, et ses séides se déversaient constamment du ciel déchiré. Une ombre immense et gigantesque semblait planer au dessus de l'ancien royaume des hommes, recouvrant ces terres d'un voile funeste et macabre. La ferme voisine brûlait déjà et bientôt les cohortes de damnés viendrait poursuivre ses massacres ici.
Le cœur lourd, le fermier incendia son propre foyer, espérant que la fumée et les flammes gêneraient la progression de ces engeances. Il espérait que cela couvrirait la fuite de sa famille, et priait de tout cœur les Dieux de lui permettre de les rejoindre à temps.

...

"Cassandre ! Les enfants?! Où êtes-vous ?"

Une petite tête pointa le bout de son nez par une des fenêtres du moulin. Aussitôt deux chérubins accoururent vers leur père, talonnés par leur mère morte d'inquiétude. La fumée âcre de son ancien foyer qui se consumait lui parvenait encore, mais le soulagement de retrouver les siens sains et sauf éludait cette perte. Il les serra fort contre sa poitrine, et se prit à espérer...

Mais l'espoir fut fauché quand des sabots martelèrent le sol... Une rangée de cavalier décharnés, montés sur des chevaux en décomposition chargea sur eux..
Le fermier se posta devant eux, pour protéger sa famille, mais seulement en illusion, ou par principe...
Il fut empalé par une lance à la pointe rouillée et dentelée qui en sortant de son dos alla se ficher dans le sol...
Son sang bouillait dans sa propre gorge et menaçait de l'étouffer. Mais ce n'était pas le pire...
Le pire est que la Mort ne lui fit pas le cadeau de l'emporter sur le champ. Oh non, elle lui laissa le temps d'entendre les cris et les agonies de ses enfants ainsi que de son épouse. Empalé et immobilisé, il ne put même pas leur adresser un dernier regard..
Mais, un bruissement dans l'herbe avertit ses sens étonnamment vifs que quelque chose rampait à vers ses pieds.. Il sentit alors une main agripper sa cheville.. puis un gargouillis atroce quand une des engeance planta son javelot dans ce qui se tenait à sa cheville.
Et quand le dernier murmure de cette victime prononça son nom, alors il comprit qu'il s'agissait de son aîné...


Puis vinrent les ténèbres froids et confortables de la Mort, ce long passage menant vers les champs de l'après vie. Là où l'attendaient les siens...
Jusqu'à ce que lui aussi soit une nouvelle fois arraché à ceux qu'il aime..



~~~~~~~~



De nos jours, forêt des Pins de Fer..



L'ancien fermier avait l'impression d'avoir été piétiné par une horde de Valmeras tant l'épreuve qu'il avait subi, mais surtout ce qu'il avait infligé à l'âme de Moyha l'avait épuisé. Les remords le tiraillaient sans cesse, mais sa conscience savait éperdument que ce sacrifice était nécessaire, pour que l'Arbre puisse fleurir un jour. Il avait accepté le sacrifice de ses hôtes qui eux aussi avaient payé très cher ce rituel. Le félin a ses côtés avait quelque peu perdu de sa superbe et marchait d'un pas lourd et peu gracile pour une fois.
Alors, l’Élu contempla un petit collier qu'il tenait en sa main. Il ferma les yeux un court instant et laissa perler quelques larmes. En ce réceptacle, il avait confiné ce qu'il avait sciemment ôté à Moyha quand il avait extirpé son âme des limbes. Tout cet amour, toute cette passion qui l'unissait à ce mage, tout cela résidait à présent dans ce pendentif.


Il avait senti la détresse et le chagrin de Moyha lors du rituel. Une douleur atroce qu'il ne souhaitait à personne, une souffrance qu'il avait lui même expérimenté il y a peu de temps, avant de la réduire à néant en s'arrachant sciemment une propre part de son âme. C'est ainsi que via l'aide de son compagnon et de ses hôtes, il ne lui avait pas rendu ce souvenir encore trop douloureux à ce jour. Que de gâchis. Quel triste époque, de devoir cacher et enfouir l'amour dans sa plus pure expression aux yeux et à la vue de ceux qui y aspirent tant pourtant...
A croire que ceux qui s'aiment n'ont d'autre choix que de souffrir et de se débattre contre un courant bien trop fort qui les tourmente et finit par les emporter au loin. Et que penser de cette Messagère aperçue peu avant le retour de Moyha, était-ce délibéré de leur part que de mettre sur pied cette mascarade ..? La vie de fermier lui parut tout à coup bien plus simple et hélas trop lointaine...
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MessageSujet: Re: Les Amants Maudits   Lun 27 Fév - 19:46

Cette histoire a été scellée..


Taverne des chutes blanches...



Vingt ans. Vingt ans déjà qu'il était revenu, qu'il arpentait le monde de combats désespérés en combats désespérés. Il lui arrivait même souvent, tellement souvent de se comparer à ces âmes damnées qui arpentent encore Mornelande sans autre but que de croquer de la chair tendre et gorgée de sang. On l'avait ramené pour ça, pour se battre et pour rien d'autre. On ne lui avait même pas insufflé le moindre désir, la moindre aspiration pour égayer ce funeste quotidien. Mais ces derniers mois, tout avait changé dans sa vie, et donc par extension, dans la nôtre aussi..


Il avait goûté à nouveau à l'amour, s'en était enivré avant d'expérimenter pour la première fois la déception et la douleur qu'il peut causer. Il en avait même sacrifié une part de son âme pour la confier au Champ de Fleurs, celle qui avait pourtant trahi ses espoirs, l'imbécile, le naïf. Il avait renoncé à ses espoirs, à cette étincelle, à ce souffle de vie pour redevenir cette coquille vide, se damnant lui-même cette fois. Ainsi libéré de ces tourments ô combien humains et ô combien mortels, il avait poursuivi sa tâche, du moins celle qu'il s'était lui même choisi et pas celle toute tracée des Messagères. Force est de constater que sur ce plan là au moins, il fut récompensé..


Et puis il y avait eu Moyha. D'abord Moyha la fanatique, la belliqueuse, l'ennemie. Et puis Moyha la modérée, quand la stupidité de la guerre frappa une amie à elle. Est venue ensuite Moyha l'Arbre, telle qu'il la décrit encore à ce jour. Elles ne sont que deux à ce jour à pouvoir porter ce titre. Mais voilà que les Messagères fauchèrent cet Arbre alors qu'il commençait à peine à croître, avant de recracher l'âme de Moyha sur Telara, enfouie sous celle de Kushiel.
Il avait dû explorer les limbes de cet esprit tourmenté, sonder ce chaos d'esprits, de souvenirs et de douleur pour que son âme tende la main vers celle de l'Arbre. Nous mêmes, avons dû payer un lourd tribut dans cette quête, mais au final l'Arbre a pris la main tendue même si ses souvenirs lui faisaient peu à peu renoncer à la vie.


C'est ainsi qu'il décida de sceller les souvenirs d'Aslamron pour que Moyha revienne à la surface. C'est un choix cruel quelque part d'ôter à autrui ses souvenirs intimes, même s'ils sont douloureux. Je crois que c'est à ce moment là, quand il a.. touché si l'on peut dire l'âme de Moyha qu'il a compris. Moyha était revenue, mais elle était comme lui, incomplète. Il lui manquait ce souffle de vie et d'espoir qui était à présent prisonnier d'un pendentif qu'il gardait sur lui, guettant le jour où il pourrait lui redonner ce qui était à elle. Et au fond de lui, il commença à réaliser qu'il lui faudrait bientôt endurer cela à son tour...


Mais il y avait autre chose qu'il n'avait pas totalement réalisé, ou du moins qui lui était impossible à cause de son âme incomplète. Jamais en vingt années de loyaux services comme âme damnée il n'avait éprouvé le besoin d'avoir un lieu fixe où revenir une fois les combats achevés. Jusqu'à ce qu'il commence à avoir ces longues discussions et ses moments en sa compagnie à elle. Nous avons vu son visage s'éclairer autant qu'il lui était possible quand l'Arbre venait s'assoir au près du feu avec lui. Nous avons senti la chaleur de leur relation, l'attirance inavouée, inavouable en train de naître. Mais pas lui. Car il ne le pouvait pas, l'imbécile incomplet. Et ce blocage le minait, sans qu'il ne puisse savoir pourquoi. Et nous l'observions, attentifs et anxieux..


-Est ce celui qui a enfermé son amour perdu dans un luth qui me parle de courage ?


Ces mots firent éclater le mince voile qui recouvrait son égo. Moyha avait enduré un retour à la vie non souhaité, la perte de son amour, le traumatisme d'être happée dans les méandres de Kushiel pour enfin ressentir à nouveau la douleur de cet amour perdu. Et tout cela en si peu de temps. Mais surtout, elle avait raison. Alors parfois il faut savoir endurer la vérité et l'accepter pour ce qu'elle est, aussi blessante qu'elle puisse paraître. Ainsi a t-il fait ce qu'il redoutait le plus, ce que nous redoutions nous aussi. Il convoqua le Champ de Fleur, la gardienne du Luth aux sentiments. Avait-elle déjà eu l'occasion de gratter ses cordes, ô Traîtresse ? Nous aurions été curieux de voir ceci. Alors l’Élu reprit le Luth maudit, l'objet qu'il craignait par dessus tout, et quand le Champ de Fleur fut parti, il joua...


Quelques notes d'abord timides et guillerettes le transportèrent sur ce qui fut jadis son Champ de Fleur. Il y ressentit l'espoir, l'euphorie d'une ère nouvelle et la promesse de lendemains bien moins sombres que d'ordinaire. Mais peu après ses notes se firent plus graves, plus fortes aussi. Les sentiments déferlaient en lui comme un raz-de-marée implacable.
La trahison. D'abord celle d'Adelya, puis la sienne, faite à la mémoire de sa famille.
La douleur, celle d'avoir cru et ce vide immense qui trônait à la place..
Les remords, d'avoir bafoué le nom et l'honneur de sa femme pour une histoire morte née..
La peur, de vivre, de souffrir et donc d'aimer..
Et puis vînt l'acceptation. Ce qui était fait était fait. Moyha elle même avait enduré tout cela, alors il le devait à son tour. Quel protecteur de l'Arbre serait-il sinon ?


Les minutes passèrent. L'Arbre veilla sur lui pendant tout ce temps, mais à la surprise de celle-ci, il ne fut pas si mal que ça. Au delà des souvenirs douloureux, le sentiment de plénitude qu'il ressentait éludait ses tracas, désormais passés. Il était à nouveau complet, à nouveau libre d'avancer et de trébucher s'il en embrassait le désir. Et même apte à comprendre quels sentiments naissants étaient en train de fleurir auprès de l'Arbre aussi..
Nous avons hâte de voir ce qu'il en fera à présent. Après tout il demeure humain, et à ce titre conserve le droit de faire passer pour une fois ce monde en second plan, et penser à lui et à ses désirs. Oui, nous avons hâte de voir où ses pas et ses choix le mèneront...
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