La Bataille d'Urfa

La légende des Paladins et des Prophéties oubliées
 
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 Tranches de vies et tranches de lard..

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MessageSujet: Tranches de vies et tranches de lard..   Dim 3 Juin - 13:24

Port Coupe-Gorge, le bien nommé..




Les relents de sueurs et d'épices se mêlaient les uns aux autres dans la taverne, le tout assaisonné d'une mélodie aiguë qui besognait sans relâche le fond sonore. Se croisaient ici les putains, les marchands, les voleurs et les assassins de tout bords et tout pays. Chacun venait y vendre ses services, certains même en proposant la main y laissaient le bras tout entier. Le commerce a ses raisons que la raison ignore paraît-il. Et toute cette joyeuse faune était accueillie ici avec autant de bienveillance que la région s'y prête, sous l’œil attentif du gros Tommard, le cul toujours vissé sur son tabouret. D'aucun racontaient qu'il était le fils d'une célèbre putain des environs et qu'il aurait passé toute son enfance dans les bordels où le traînait sa chère mère.

Or, en cette délicieuse et odorante soirée, le gros Tommard n'avait d'yeux que pour une tablée au fond de la salle où quelques bonshommes venus du nord parlaient à voix basse en agitant un petit sac sûrement rempli d'or ou de pierres précieuses. Ils discutaient avec un homme d'un certain âge, un étranger au visage patibulaire et balafré par endroits. La discussion semblait âpre et le gros Tommard savait combien ce genre de conversations était prompt à s’enflammer et à ravager l'établissement. Alors, quand soudainement l'homme d'arme à la sale gueule colla son poing droit dans le museau d'un des deux marchands et que toute la salle s'embrasa, Tommard empoigna son fidèle tabouret, et se fraya un passage dans la foule à grands coups de ce dernier. Les verres, les chaises valsaient. Les cris de douleurs et les grognement virent se rajouter au fond sonore. Certains avaient même tiré l'acier du fourreau. D'autres, plus sournois, tentaient de filer avec une serveuse sous le bras..

Mais le gros Tommard ne fixait que l'homme qui à présent décaissait le comptoir à l'aide du second marchand. Après quelques grands arcs à l'aide du tabouret pour lui déblayer le passage il arriva sur l'homme. Le marchand lui était encastré entre les planches qui habillaient auparavant le comptoir. Le gros Tommard apprêtait à achever sa besogne en écrasant son tabouret sur le crâne de cet homme quand ce dernier fit volte face et lui balança le marchand qui le percuta dans l'abdomen. De surprise, Tommard en lâcha son arme de prédilection.
Alors, lentement, il vit l'homme ramasser son tabouret et le sous-peser un instant.

"Le contrat était pour toi au fait. La casse c'tait pour faire diversion.. Sans rancunes."

Et la dernière chose que vit Tommard avant d'être happé par les ténèbres fut l'image de son propre tabouret qui se rapprochait dangereusement de son visage..

"C'qui faut pas faire pour gagner sa croûte.."
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MessageSujet: Re: Tranches de vies et tranches de lard..   Dim 3 Juin - 13:24

Velika, il y a quelques semaines..





Le mercenaire sortait à peine d'une maison ô combien accueillante tant et si bien qu'on s'y présente les bourses pleines - faute de vexer la patronne et ses employées modèles, chacune dans leur registre - où il avait pris ses habitudes qu'il reçut un courrier qui lui fit perdre dix années d'un seul coup. De cette lettre toute somme banale il mit un certains temps avant de s'en rappeler l'auteur. Et quand enfin il parvint à ouvrir la vanne de ses vieux souvenirs, tout déferla d'un coup. Et ce fut aussi sale que douloureux. Pourtant, cela faisait longtemps qu'il s'était assis sur la honte et qu'il en avait oublié l'arrière goût plus qu'amer. Un peu comme un vin trop capiteux à tendance dégueulasse qui finit de vous racler le gosier dans un spasme qui vous propulse à deux doigts soit de déglutir, soit de tout recracher par le nez..


Mais là, l'amertume avait une saveur inédite, chargée de quelque chose dont il pensait s'être totalement libéré, la culpabilité. Le choc lui en remua la bile qui se révolta et il se révulsa tout en répandant ses humeurs sur les pavés blanc de la cité des Hommes. De colère il déchira nerveusement la lettre qui finit par choir sur les pavés encore souillés de sa honte mis à jour...
Et, sur le papier malmené, quelques mots étaient encore lisibles :

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Tranches de vies et tranches de lard..   Dim 3 Juin - 13:24

Castanica, il y a dix ans...






L'homme se présenta devant une imposante bâtisse, tout aussi garnie de décorations opulentes qu'était la matrone de cette dernière. La maison et sa patronne partageaient cette similarité commune d'avoir forcé à l'excès les démonstrations de luxe et de richesses au point que cet étalage ainsi vomit au regard du quidam vous mettait mal à l'aise. Un paradoxe, pour un établissement réputé dans le milieu. Mais fort heureusement, le mercenaire n'était point homme superficiel et il aimait aller au fond des choses, c'est dire s'il était particulièrement bien tombé. Il savait que passé cette porte et au tintement de sa bourse remplie d'or, on l'abreuverait de compliments et de "monseigneur" ainsi que de politesse toutes aussi enjôleuses que les employées. Mais au final chacun y trouverait son compte. Lui au prix d'un allégement de sa bourse pourrait de les soulager en se sentant l'espace d'un instant un tout autre homme, choyé et aimé, comme par le passé. Mais les politesses ainsi que les caresses ne se marchandaient ici uniquement que grâce à de l'or sonnant et trébuchant. Et tout misérable qu'il était, il était prêt à débourser quantité d'or pour cela. Devait-il en ce but tuer, détruire ou souiller ce qu'on lui commandait. Avili, pourri de l'intérieur par ce qu'il avait du accomplir pour gagner sa besogne ses instinct lui commandaient de trouver au plus vite une oasis de douceur et d'affection afin de redorer un peu l'image de lui même.


"Ah ! Monseigneur Khan ! Il y avait longtemps,bien trop longtemps !" lui adressa la gérante dans son corset si serré qu'on eut l'impression qu'à chaque souffle ses mamelles prodigieuses allaient exploser.

"J'ai eu du travail on dira.." répondit d'un air neutre le mercenaire qui déjà balayait la pièce ornée de soieries et de satin, obnubilé par sa quête.

"Oh oh fort bien ! Je me réjouis de votre prospérité mon bon ami. Et que diriez-vous de fêter ça? J'ai reçu il y a peu de temps un nouvel arrivage de Hautes Elfes délicieuses, vous seriez leur premier client." suggéra l'habile commerçante de chair.

"Mhhhh.. Je ne sais pas. Où sont passés les deux rousses que j'ai aperçu l'autre fois ?" demanda t-il nerveusement.

"Oh elles?" dit-elle d'un air dédaigneux. "Et bien elles ont vogué vers d'autres horizons." se contenta t-elle de répondre énigmatique.


La destinée des putains ne lui importait plus que peu à présent, mais pour les avoir longtemps côtoyées, il savait ce que ces paroles à demi mot signifiaient. Au mieux revendues à un autre établissement, voir à un particulier. Les moins chanceuses, ou les moins rentables plutôt ne survivaient guère. Car hélas la quantité de sadiques ne décroissait pas et ils payaient cher pour jouir de la vie de proies dociles. Quand à celles qui tentaient de fuir, ou de se rebeller... Au final seules les plus malines tiraient leur épingle du jeu, finissaient entretenus par quelque noble ou bien géraient leur propre établissement. Étrange d'infliger aux autres ce qu'elles avaient elles-mêmes subi...


"Et dans vos nouveautés, y en a qu'ont les cheveux roux ?"
demanda le mercenaire d'un ton détaché, tout en sachant déjà ce qu'une réponse positive comprenait.

"Oh ! Eh bien mon bon ami, on pourra dire que vous avez une bonne étoile. Car il se trouve que l'une d'elle justement abhorre une crinière de feu magnifique. Encore plus flamboyante que votre dernière régulière !" s'enthousiasma t-elle, triomphante d'avance de sa prochaine tirade. "Cependant, au vu de sa fraicheur, le prix sera plus élevé.." déclara la matrone, tout sourire.

".. combien?" posa t-il.

"Oh je dirai 50 pièces d'or au total, j'espère que vous soulignerez la fleur que je vous fais. Mais comme vous êtes un de nos habitués c'est tout à fait normal.." souffla t-elle sans même chercher à dissimuler son mépris ou son hypocrisie.


La vieille saloperie. Elle avait depuis le début compris la faiblesse du mercenaire et avait su entre-apercevoir ses faiblesses. Oh comme il souhaitait en cet instant qu'elle s'étouffe dans son corsage ou que sa gorge comprimée éclate dans une explosion de chairs et de bile. Et quand elle eut enfin l'or au creux de sa main et qu'elle eut recompté la somme elle fit venir son employée qui s'inclina docilement vers son nouveau client. De longs cheveux roux cascadaient jusque sur ses épaules, formant ça et là quelques bouclettes. Elle portait comme les autres une tenue légère et raffinée dans l'art de montrer sans déballer, mais avec ouverture facile. Il la suivit jusqu'à une petite chambrette où ne trônait qu'un lit à baldaquins recouvert de coussins en satin. L'elfe s'y prélassa de manière suave et suggestive et aussitôt les souvenirs refoulés du mercenaire prirent son désir d'assaut. Se débarrassant avec grande hâte du superflus il vint la rejoindre et se pressa contre elle, se perdant dans sa crinière flamboyante.


"Comment tu t'appelles..?"
souffla t-elle sensuellement.

"T'occupe pas. Toi pour la durée notre entrevue par contre tu t’appelleras Jah', c'est compris ?
" lui intima le mercenaire.

"Tout ce que tu veux.."
répondit-elle nullement choquée par sa demande

"Jah'..." soupira t-il enfin d'aise en s 'enfonçant en elle.


Mais ce n'était pas elle. Même si sa crinière l'évoquait si fort au point d'en faire bouillir son désir. Même si ses formes et ses cambrures étaient affriolantes et promettaient de longues heures de plaisir et de volupté. Ce n'était pas Jahinya. Mais, au moins aurait-il l'impression de la chevaucher à nouveau les paupières mis closes, la tête enfouie entre sa poitrine ou ses cheveux roux. Et tant que l'or affluerait, il l'emploierait à le consommer de cette manière pitoyable. Le prix qu'il avait payé pour cette étreinte avait essoré toutes ses économies, il n'avait pas de quoi se payer une mousse ou un maigre repas. Sans doute serait-il contraint de voler sa pitance, ou bien de jeuner s'il parvenait à ignorer son instinct de survie. Chose peu probable...


Hélas la jouissance fut comme d'habitude bien trop courte et l’échappatoire à la réalité bien trop fugace. Il contempla l'elfe endormie à ses côtés, encore ruisselante de sueur. Mis à part sa chevelure, elle n'avait rien de comparable à l'originale. Et ce constat amer lui déchira les entrailles. Car alors il reprit en pleine face la misère pathétique dans laquelle il se vautrait depuis tout ce temps. Comme à chaque lendemain de débauche. Comme à chaque fois qu'il besognait une putain rousse en songeant toujours à la même. Et il répétait ce cycle encore et encore au prix de missions déshonorantes et parfois même viles. Tout ça pour marchander quelques instants trop éphémères où à moitié engourdi par le plaisir et ses souvenirs, il se revoyait avec la seule qu'il avait un jour aimé, mais qu'il ne sut jamais traiter avec la considération qu'elle méritait... l'imbécile, le solitaire imbécile...


"Salope.." gronda t-il en voyant timidement se montrer sous la couche flamboyante quelques racines brunes.

"Mhhh ?" gémit l'elfe qui peut-être crut qu'on l'appelait.


Le mercenaire se leva du lit malmené par leurs ébats et quand il croisa son reflet dans le miroir lui jeta une coupe vide qui trainait à portée. Ce fracas eut pour effet de réveiller l'ingénue endormie en panique. Et, sans dire un mot de plus il prit ses affaires et quitta la chambre. Il croisa peu après la patronne qui faisait ses comptes vers le hall d'entrée et cette dernière lui adressa un sourire si hypocrite qu'il eut une envie soudaine de la délester d'une ou deux rangées de dents.


"Notre employée modèle a t-elle su répondre à vos attentes monseigneur ?" s'enquit-elle.

"Avec vos tarifs vous devriez lui offrir d'meilleures teintures, non ?" rétorqua le mercenaire courroucé de s'être fait floué.

"Oh.. Dois-je en conclure qu'elle n'était point à vos convenances? Moi qui pensait qu'elle serait votre nouvelle régulière.."
dit-elle d'un air qui se voulait affligé autant que possible.

"..... Elle le s'ra." dit-il, misérable et pitoyable, avant de quitter les lieux pour fuir le regard triomphant de la matrone.



Le soleil pointait déjà bien haut, et la faim commençait à le tenailler. Mais durant les heures qui suivirent, ce n'est pas cette dernière qui le tourmenta, non il avait bien trop à faire avec ses démons intérieurs et les fantômes du passé. Fort heureusement, quand après avoir tabassé un commis dans un ruelle il ramassa assez d'or pour se payer à boire, toutes ces ruminations furent un temps mises entre parenthèses. Mais pour un temps seulement..
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MessageSujet: Re: Tranches de vies et tranches de lard..   Dim 3 Juin - 13:25

Environs de Velika, vingt-quatre ans auparavant...










Le garçon toisa sa mère avec un air emprunt de fierté mais aussi de défi. Il tenait fermement un baluchon bien maigre, comme lui d'ailleurs. Mais du haut de son tout jeune statut d'homme fait, il comptait bien ne pas renoncer facilement à sa décision. Sa mère pencha la tête de côté et lui adressa un regard torve où scintillait déjà faiblement l'éclat du mal qui ravageait peu à peu son esprit. Elle afficha une moue contrariée, puis reprit son labeur et continua de repriser une vieille toile. Le jeune homme fulmina devant ce désintéressement et cet air désinvolte. Un bol en argile s'écrasa contre le mur.


"C' comme ça que t'envisages des adieux à ta vieille mère hin?" rétorqua la femme d'un ton ironique.

"J'pars ! J'vais devenir soldat et après chevalier ! Ou p'tet que je crèverai mais tu t'en fous hin ?!" s'emporta Nennius.


Et d'une agilité qu'il n'aurait pas cru possible à cet âge, il reçut une claque cinglante de la part de sa vieille mère avant qu'il n'ait eu le temps d'esquisser le moindre geste. Cette dernière cracha sur le sol.


"Ah ! Tu parles ! J'ai eu qu'un fils, un seul et y s'tire à la guerre ! R'garde ça, pas foutu d'éviter une torgnole ! Ah mais si tu veux j'chante ! Et j'danse ! Même que ton père s'il était encore de c'monde y trouverait ça bien tiens !" rétorqua Cassandre Khan, dont le regard avait en cet instant retrouvé toute sa lucidité.


Pour toute réponse, le jeune Nennius serra les poings et tourna les talons. Il quitta la ferme familiale sans même se retourner ou étreindre sa vieille mère. Il ne s'arrêta pas non plus là où gisait son père, Bartog. Sa perte avait quelque peu ébranlé ses repaires et la folie grandissante de sa mère l'incitait chaque jour un peu plus depuis son décès à partir de la maison et n'y revenir qu'une fois les poches pleines d'or. Oh certes, il aurait pu tout aussi bien rester, faire face et s'occuper d'elle jusqu'à la fin. C'est ce que d'autres ont fait, ce que d'autres font en pareils moments. Mais non. Dans sa logique à lui, il était plus simple de partir, de fuir en réalité. Partir pour revenir et tout arranger grâce à des pièces sonnantes et trébuchantes.
Il est récurrent pour les hommes, de préférer la solution la plus simple de prime abord. Mais bien souvent, elle ne se résume qu'à une fuite temporaire ou en avant, rien de plus. Et peu savent que même la lâcheté a un prix à payer..
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MessageSujet: Re: Tranches de vies et tranches de lard..   Dim 3 Juin - 13:26

Velika, 17 ans auparavant...



Spoiler:
 



L'aube se levait à peine sur la cité des hommes que déjà celle-ci grouillait d'activités. Sur la grande place s'affairaient déjà les marchands et les chineurs, les forges rougeoyaient depuis bien plus longtemps encore, et de douces odeurs de pain s'élevaient par moment au dessus des effluves d'urines et d’égouts insalubres.
Et au milieu de cette activité qui allait bon train, un seul bonhomme immobile qui fixait une bâtisse aux soieries extravagantes aux fenêtres et aux rideaux luxueux. Et entre toute autres fenêtres et volets clos, il n'en avait d'yeux que pour une et une seule.


Comme à son habitude il avait veillé jusqu'à cette heure flottante entre les ténèbres et la lumière, parfois il se levait même exprès pour y être présent. Et, alors que le monde était livré à lui même entre la nuit et le jour, comme lui, il pouvait apercevoir ce qui lui avait été pris. Ce qui lui était à présent interdit. Ce qu'il désirait plus que tout et qu'à présent ne serait plus jamais sien...


Ponctuelle toujours, à ces rendez-vous secrets, elle ouvrit ses volets à l'heure habituelle. Crinière rousse au vent, une chemise de nuit qui tombait jusqu'aux épaules. Elle l'aperçut, là où il se tenait chaque matin et lui sourit. Et quand Jahinya souriait, même une armée bien disciplinée déposait les armes. Son cœur tambourina alors dans son plastron de fer, et semblait vouloir crever ce dernier pour la rejoindre là-haut sur ce balconnet. Ce putain de balcon se disait-il qui lui était interdit. Oh.. combien de fois n'avait-il rêvé de charger dans les tapisseries et les soieries de cette maison d'apparence si accueillante, se frayer un chemin à travers toute cette faune puante et l'emmener, elle ? Chaque nuit depuis qu'ils avaient tenté de fuir ensembles. Chaque nuit.. Et chaque matin l'atroce, l'insoutenable réalité au réveil. Mais peu importait en ce moment les regrets, la honte et le chagrin. Rien ne comptait plus que ces instants de bonheur volés.. aussi fugaces soient-ils.


Elle leva timidement la main vers lui, il ne put retenir un sourire et leva la sienne. Mais quand deux mains immondes et poilues s'enroulèrent autour de sa taille à elle, il perdit tout sourire. Jahinya se débattit avec diplomatie pour congédier ce client importun qui venait de saccager leur unique rencontre de la journée. Mais quand elle porta son regard vers l'endroit habituel, Nennius n'y était plus...



L'homme quitta la maison après une nuit des plus délicieuses et des plus douces. Chantonnant, il se mit en route pour ses foyers, le pas léger, et les économies aussi soulagées qu'il l'était lui. Mais, au détour d'une ruelle, une main gantée de fer l'empoigna avant qu'il ne put se tenter quoi que ce soit.

"Alors gros porc, j'espère que t'en as bien profité ? Sale fils de putain !" dit l'homme en armure. Il n'y avait ni tremblements ni hésitation dans sa voix rocailleuse. Et, une des dernières choses que l'ancien client de Jahinya aperçu fut l'éclat funeste de la lame qui l'éventra. Son agonie fut longue, mais pas assez aux yeux de son assassin qui l'oberva froidement durant toute celle-ci..

"Connard va.."
cracha Nennius.
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MessageSujet: Re: Tranches de vies et tranches de lard..   Dim 3 Juin - 13:26

Bureaux d’enrôlement de Velika, 24 ans auparavant...







Une petite foule s'était amassée vers l'entrée du bureau où un jeune coq tentait de forcer le passage auprès d'une poignée de soldats de la fédération. Mais ceux-ci nullement impressionnés par cet imprudent qui vociférait à leur intention toute une mélopée d'injures très imagées n'entendaient pas lui laisser l'accès aux bureaux.


"Tas d'fumiers d'merde! Enfants d'putains lépreuses ! Laissez-moi entrer ! J'suis homme-fait j'peux m'enrôler j'vous l'dis !"
leur hurla t-il tandis que l'un d'eux l'envoyait au sol du plat de sa lance.

"La Fédération Valkyon n'a que faire de gringalets qui n'ont jamais tenu une arme. Rentre chez toi p'tit ça vaut mieux. On en voit passer tout plein des comme toi qui veulent servir cette organisation encore récente".
lui assena l'un des soldats.

"Allez vous faire mettre, vous m'faîtes pas peur ! V'nez donc, j'vous rosse un à un ! " brava le jeune Nennius en s'essuyant la lèvre inférieure éclatée par le précédent coup.


Mais alors que les gardes s'apprêtaient à rosser l'inconscient, une voix forte et grave les stoppa net. Les plus vifs d'entre eux saluèrent avec égard celui qui venait de faire irruption dans leur besogne.


"Peut-être le trouvez-vous un peu jeune ou un peu frêle, soldats, mais néanmoins pouvons nous tous reconnaître sa détermination. Une telle ardeur mérite récompense, je m'en porte garant." déclara l'imposante silhouette du Baraka.

"A vos ordres, centurions Ogodei."
répondirent les bidasses en cœur.

"Ah ! Z'avez d'la veine qu'il soit v'nu sinon j'vous lattais vos culs tas de.."[size=150] *POF!*[/size]

"Tais toi, gamin. Dis moi ton nom." ordonna le centurion en toisant de toute sa superbe le jeune fermier qui se massait sa tête douloureuse.

"Nennius. Nennius Khan m'sire..."
[size=150]*POF!*
[/size]

"Dans l'armée on dit Centurion, gamin. Tu voulais t'enrôler, parfait tu l'es à présent. Alors, heureux ?" lui lança t-il à la fois piquant et cinglant.

"Sans regret.. Centurion."
répondit le jeune conscrit avec tout l’aplomb dont il disposait.

"Nous verrons bien. Tu seras sous mes ordres directs à présent. Entrons maintenant, que l'on t'équipe et qu'on te décrasse.."
renchérit Ogodei.


Alors, d'abord hésitant quelques secondes, il pénétra dans l'imposant bâtiment, pour ce qui allait pensait-il alors marquer le départ d'une nouvelle vie. Et quelque part, il avait raison. Mais si tort en même temps...
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MessageSujet: Re: Tranches de vies et tranches de lard..   Mer 11 Juil - 19:17

[size=85]Velika, il y a 22 ans...[/size]











Le retour au pays fut douloureux. Déjà deux ans que le jeune fermier répondant au nom de Nennius avait quitté la ferme familial et sa mère démente pour vivre ses rêves de gloire et d'acier. Hélas les rêves ont ce trait commun que vient peu après le temps du réveil. Beaucoup alors redoutent l’inexorable aube, bourreau de leurs chimères. Tel est le supplice des rêveurs et des naïfs. Et la guerre, en bonne faucheuse s'il en est, avait largement balayé ses rêves et ses illusions de tout jeune homme. Car quelque soit l'ennemi, quelque soit la cause, la guerre reste et restera toujours une horreur. Ceux qui ont foulé les champs de batailles et leurs immenses charniers n'ont jamais retiré de gloire de vivre un jour de plus, redoutant toujours un lendemain où sonnerait la charge en même temps que le glas pour nombre d'entre eux. Non, car à la gloire ils préféraient la bonne fortune, celle de ne pas se trouver sur le chemin d'un lance ou d'un ennemi beaucoup trop fort. Et Nennius, comme tous les jeunes conscrits et toutes les pucelles que porte Arboréa, connut un dépucelage sanglant. Sans demi-mesure aucune, la Fédération Valkyon envoya son bataillon sur les lignes de front Argoniennes...


Les Argons étaient jusqu'alors un sujet courant dans les baraquements et durant leurs classes. Certains se voyaient déjà tailler l'ennemi en fines tranches, d'autres enfoncer leurs lignes comme s'ils besognaient le giron d'une vieille catin. Mais après leur première bataille contre le réel Ennemi, plus jamais on n'aborda ces engeances, ou alors seulement à demi mot pour les plus braves. La guerre est un feu sans cesse affamé dont le foyer demeure toujours avide du sang de jeunes hommes sacrifiés au front. Car bien souvent combattre en tant que soldat se résume à cela, servir de pion et servir jusqu'à ce que son utilité prenne fin, souvent de manière brutale et sanglante. Combien de vies encore balbutiantes et débutantes ont été dès lors sacrifiées sur l'autel de la gloire et du devoir ? Oh certes, combattre les Argons n'était pas une question de gloire ou de conquête personnelle d'un roi ou d'un général. Il en allait de la survie du monde tel qu'il est à ce jour. Mais hélas on enjolivait encore beaucoup l'atroce réalité sous des draperies de prestige et des médailles d'honneur.


Or, quand vous mettez un pied dans l'engrenage qu'est cette grande famille appelée Fédération Valkyon, il est très dur d'en ressortir avec ses bottines. Après un baptême du feu digne d'un vrai cauchemar où un quart du bataillon perdit la vie, afin de permettre aux troupes d'élites montées de charger l'ennemi et renverser la bataille, les officiers avaient décidé de leur accorder une brève permission. C'était depuis peu l'usage, afin de ménager les jeunes recrues et limiter ainsi le risque des désertions. Aussi, lui et ses camarades étaient retourné au pays quelques jours afin de retrouver leurs proches. Hélas, son retour à la ferme fut maussade et choquant. En effet, il trouva son ancien foyer dans un piteux état, les champs en jachères depuis longtemps, la maison quasiment délabrée. Et la puanteur... comparable à une écurie.
La source en était sa propre mère, souillée de ses propres déjections, pataugeant dans celles-ci. Elle caquettait des propos incohérents comme une vieille poule alors qu'il n'y avait personne. Pire, quand elle aperçut son fils, elle se jeta sur lui, bec et griffes. C'est tout juste si elle était encore humaine, tant le temps et la maladie avait ravagé sa génitrice.


Ébranlé par ce spectacle et cette mère qui ne le reconnaissait plus, il quitta une fois de plus son foyer, conscient que plus rien ne l'y retenait à présent. Il décida alors de rejoindre ses frères d'arme, n'ayant au final que ça de mieux à faire. Ces bougres là, conscients que la prochaine bataille serait surement la dernière décidèrent alors d'aller claquer toute leur maigre solde dans ce qui était une utilisation aussi brève et utile qu'étaient à présent leurs propres vies : au près de filles de joie.
C'est le pas hésitant que Nennius franchit la première fois le seuil d'une maison close. Il posa alors les yeux plein d'émerveillements et de curiosité sur un monde d'apparences, d'odeurs fortes et enivrantes, de jeux d'ombres subtils qui éveillaient les appétits d'un homme encore intact.
Ses compagnons se ruèrent sur les marchandises encore disponibles, préférant pour certains les décolletés débordants; d'autres l'exotisme d'un autre peuple etc. Et pendant que le jeune Nennius se perdait à contempler les lieux et sa faune délurée, il se rendit compte qu'il était à présent tout seul, abandonné par ses camarades qui avaient d'autres prérogatives à cet instant là. Comble du dépit, il ne restait plus une seule fille à l'entrecuisse inoccupé. Quelque peu blasé, et quelque part soulagé, il s'assit sur l'un des larges fauteuils doublés de satin et ramassa quelques fanfreluches laissées là par une propriétaire sûrement aussi libertine que négligente avec ses affaires. Durant ce temps libre, il s'aventura à l'imaginer et à rêvasser, bercé par les gémissements et les bruits de la maison tout autour.



"Hum.. Dis, tu peux me le rendre..?"
demanda une voix timide.


Sortant de sa rêverie, il se redressa et tomba nez à nez avec une jeune femme à la crinière flamboyante. De grands yeux verts le scrutaient avec attention et il se plut une seconde à s'y noyer. Il voulut lui répondre, mais sa gorge se noua, déglutir devenait même difficile. Il se sentit tout nabot et chétif devant cette jeune femme qui allait surement le prendre de haut devant son air penaud et maladroit. Mais surprise, au lieu de cela elle parut intimidée et gênée, allant même couvrir un peu ce que sa tenue suggérait. D'un geste gauche il lui tendit ce qu'elle lui avait demandé, s'excusant de sa maladresse. Elle lui décocha un sourire qui le figea encore quelques secondes. Avait-il eu une absence ?



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"Je m'appelle Jahinya. Je suis.. euh nouvelle ici." lui avoua t-elle lui décochant un nouveau sourire qui faillit soulever sa poitrine en même temps que son entre-jambe.

"Ne-Nennius... Moi aussi j'suis nouveau ici.. Enfin pas en ville, je veux dire là quoi.." bafouilla t-il.

"Hihi tu n'as jamais mis les pieds dans une maison de ce genre ?" demanda t-elle sur un ton taquin. "Tu est venu perdre ta.."

"Mais pas du tout ! N-Non ! Ouhla des tas de fois j'ai.." se fatigua t-il à tenter de la convaincre.

"Mmmmoui.. mais tu sais c'est pas grave ! Moi aussi je suis.. enfin tu vois quoi.." rougit-elle.


Puis, malgré un démarrage quelque peu timide et surprenant, ils discutèrent longuement tandis que les heures défilaient. Ils parlèrent de leurs origines, de leur vie. Enfin Jahinya parlait surtout et lui il écoutait. Il n'avait que peu de choses à dire, et évoquer la guerre risquait d'assombrir le tableau qui se peignait sous ses yeux. Il la fixait intensément et était captivé par sa voix, ses longs cheveux flamboyants, ses yeux verts émeraude.. ce décolleté désinvolte qui laisser apercevoir le sillon creusant sa poitrine blanche. Hélas ce doux moment fut brisé quand une employée ayant assez de bouteille dans la maison pour se permettre de diriger les autres filles rappela Jahinya à son cahier des charges. Celle-ci s'assombrit, et le jeune Nennius se surprit d'être affligé de voir disparaître le sourire qui berçait leurs conversations il y a peu de temps encore. Apparemment, Jahinya était promise à un riche client qui avait allongé une quantité d'or conséquente pour être celui qui la déflorerait. Elle était donc plus ou moins immunisé jusqu'à l'échéance redoutée ou cet homme viendrait pour elle. La suite de sa vie, elle le savait ne serait qu'une très longue succession d'amants sans visages ni noms et d'humiliations.


Quelque chose le piqua quand elle lui révéla son destin à court terme. Un élan chevaleresque ? Plutôt une bribe de jalousie, une ébauche de pulsion encore brute qui reposait sur des sensations encore inconnues et toutes fraîches. Mais une sensation qui était belle et bien présente. Il la voulait, et pour lui tout seul. Ainsi souffrent continuellement les suppliciés qui s'entêtent dans de doux rêves jusqu'à l'aube cruelle. Mais peut-être les dieux en cette soirée s'étaient pour une fois penchés sur son sort, sans doute pour la seule et unique fois de sa vie. Car en cette nuit, on l'autorisa à rêver éveillé sans craindre l'Aube...


"Viens.." lui souffla t-elle en l'emmenant dans sa chambre.


C'était comme dans les rêveries qui le berçaient avant qu'elle n'arrive, dans le petit salon. Il se voyait la suivre le long des escaliers, passer devant les chambres où s'élevaient de multiples complaintes d'amants entre-mêlés comme autant d'encouragements et d’Odes à la Chair. Elle referma la porte, et le temps se sembla ralentir, devenir plus palpable, exubérant chaque sensation chaque sentiment et chaque geste.


"Tu es sure que...? Ça va t'attirer des ennuis." dit-il s'apprêtant à renoncer à ses désirs.

"Si c'est avec toi.. je les assumerai." susurra t-elle à son oreille, lui faisant perdre toute réserve et toute envie de résister d'avantage.


Et sans dire un mot de plus, elle le fit s'allonger sur le lit et le recouvra de son corps magnifique. Alors, sous la bienveillance du destin et du fruit du pêché des hommes, les deux enfants franchirent ensembles la frontière vers le monde des adultes et sa triste réalité. Mais qu'importait sur le moment car tout était parfait et bercé de magie. L'ivresse des sens, des passions nouvelles, des découvertes charnelles et de ses secrets, de l'interdit et d'un soupçon de dépravation. Ils s'abandonnèrent l'un à l'autre sans aucune retenue, comme si le monde devait finir le lendemain. Et quand enfin l'Aube vînt et glissa entre les rideaux ses doigts nimbés de rayons lumineux, au moins un rêveur ne connut pas le supplice de réveil et de l'abandon de ses chimère. Car sa chimère à lui dormait nichée au creux de ses bras...


"Jahinya.." souffla t-il d'un air rauque.

"Mhhh.." ronronna cette dernière, émoustillant son amant revigoré par son sommeil, si court fut-il non ménagé par leurs ébats.

"C'rien.. repose toi.." lui dit il doucement se plaisant à perdre ses doigts dans sa longue chevelure.

"Dis moi.. Tu reviendras me voir..?"
l'interrogea t-elle sans prendre la peine de dissimuler la crainte dans ses yeux et l'anxiété qui s'y massait.

"J'te le promets.."
déclara t-il.

C'est ainsi que leurs destins furent scellés, pour si peu de 'meilleur' et tellement plus de 'pire'..
Car même si l'adage veut qu'on ne pouvait se lier ou faire confiance à une putain, en ces instants et lieux, il prit sur lui la décision d'y croire. Rêveur jusqu'au bout, supplicié jusqu'à l'agonie, tel serait donc son destin... Mais ce fut l'un des rares choix courageux qu'il daigna faire et surtout assumer durant sa vie... Existe t-il un salut pour ces songeurs ou bien chaque Aube doit elle faucher irrémédiablement leurs espoirs à chaque matin..? Nul ne le sait, mais tous y croient tout de même. Tout comme il croyait aux paroles de Jahinya en cet instant. Et tout comme elle désirait revoir son premier amant, espérant le jour où il lui dirait "je t'aime". Car les jeunes filles aussi souvent se perdent et se noient dans de cruelles songes. Et elles aussi demeurent les proies de l'Aube inquisitrice..
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