La Bataille d'Urfa

La légende des Paladins et des Prophéties oubliées
 
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 Un père et sa fille

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Narrateur

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Messages : 252
Date d'inscription : 23/12/2011
Localisation : Limbes

MessageSujet: Un père et sa fille   Ven 22 Juin - 15:19

Environs de Velika..





La nature humaine passe souvent pour être complexe, parfois retors. Des sentiments souvent primaires comme l'amour ou la haine qui nécessitebt tout un code pour s'exprimer ou se faire entendre, quand on parvient à les écouter. C'est là le cruel fardeau de ces âmes à qui l'on a offert le don de la conscience et de la pensée, celui de réfléchir tellement au point de ne plus savoir écouter les passions qui nous animent.

Certains cependant les écoutent et les suivent, parfois à leurs risques et périls. D'autres parviennent à les modérer, ils forment le commun et la masse d'Arboréa. Et puis il y a un poignée, une infime poignée qui parvient à les faire taire. Ou du moins à leur imposer d'autres codes et directives de manière si efficace qu'au final ces pulsions tant humaines ne font que résonner au loin d'une oreille creuse et inattentive à leurs appels.

Mais ce que ces âmes damnés volontairement ignorent la plupart du temps, c'est que même si l'on ignore ces voix, ces désirs primaires, ils ne cessent pas d’exister, bien au contraire. Certains parviennent même à s'exprimer indirectement, comme autant d'habiles manipulateurs de marionnettes. Et pour ceux qui n'ont pas cette chance, vient alors le temps du chagrin, de la tristesse et de la solitude. Ils vivent, mais possèdent un tel manque en eux qu'ils en sont presque vides si l'on creuse au delà de leur buts...

Car des buts les âmes courent toujours après, et parfois ces lointaines chimères sont plus cruelles que la plus rude des aubes. Parce qu'au final, ce n'est rien de plus, rien de moins qu'une fuite en avant... Mais l'âme est telle, que l'on continue d'espérer, et qu'on se brûle les ailes de son plein gré..

Mais la chevalière méritait mieux qu'un tel sort. Hélas l'ignorait-elle surement. Alors, à défaut d'être celui auprès duquel elle avait longtemps cherché ce geste, ce fut un mercenaire colérique et associable qui l'étreignit comme un père aimant son enfant. Et pourtant si elle savait, la blonde idiote, qu'elle avait déjà apporté tant de lumière autour d'elle. Peut-être que ceux qui vivent parmi la lumière sont ceux-là les plus aveugles à la fin, les pauvres, pauvres âmes..
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Narrateur

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Localisation : Limbes

MessageSujet: Re: Un père et sa fille   Ven 22 Juin - 15:19

[align=right][/align][align=center][size=200]VS[/size][/align][align=left][/align]

















[size=85]Velika, Manoir Ninstorm..
[/size]









La silhouette voûté soupira avant de marteler l'imposante porte avec insistance. Un domestique de la respectable lignée vînt lui ouvrir, le nez retroussé devant l'allure et l'attitude de leur visiteur. L'homme avait visiblement déjà franchi la moitié de sa vie, ses cheveux tiraient sur le blanc et de profondes rides sillonnaient son visage marqué par les années comme autant de balafres. Sous ses airs patibulaires perlait toutefois en cette soirée un brin de lassitude, visiblement jugea le domestique ce dernier ne rendait pas cette visite par courtoisie mais par nécessité.


"J'dois voir Lars Ninstorm." déclara l'étranger.

"Maître Ninstorm est rentré il y a peu après une longue absence. Il est éreinté et a fort à faire sire."
répondit avec flegme le serviteur.

"Sa fille couche avec la mienne, entre autres saloperies. Faut qu'on parle de paternel raté à paternel merdique.." rétorqua Nennius.

"Oh.." ne sut dire le domestique, et à sa mine déconfite le bonhomme se rendit compte qu'il était au courant de tout.

"Putain tu l'sais et j'suis sur que tu lui as rien dit? Vous mouillez vos frocs d'lui dire la vérité en face j'parie !" s'emporta l'ancien mercenaire.


Et sur ce, le paternel furibond chassa sans ménagement le domestique qui lui barrait la route. Aussitôt qu'il foula le sol du manoir il se mit à hurler le nom de son propriétaire afin de le débusquer. N'hésitant pas à renverser et bousculer servantes comme jardiniers il était bien déterminé à trouver celui qu'il était venu chercher. Et il trouva d'ailleurs la résolution de cette quête quand au détour d'une pièce son visage rencontra un épais volume relié de cuir. Trébuchant, reculant de quelques pas sous la surprise et la perte d'équilibre, il leva les yeux vers son agresseur et découvrit un homme de haute stature qui le regardait froidement de ses opales couleur d’agate. Les mêmes yeux, le même regard froid et glacé que sa fille. Il n'avait nul besoin de se présenter pour que Nennius sache qui il avait en face de lui ; celui là même qu'il était venu débusquer : Lars Ninstorm.


Ce dernier replaça l'épais ouvrage où il l'avait pris, sans dire un mot, et sans même jeter ne serait-ce qu'un regard vers son homologue paternel. Pendant ce temps, au pas de la porte, les domestiques guettaient, inquiets, la scène.


"Laissez-nous. Il semble que notre hôte voulait me voir, et bien c'est fait à présent."
leur lança t-il calmement.


Ceux-ci ne s'autorisèrent même pas le luxe d'hésiter et obéirent sur le champ. Après tout ils n'avaient pu repousser cet étranger, tandis que leur maître était quand à lui un homme aguerri. Une fois seuls, les deux hommes s'observèrent longuement, sans dire un mot. Et si Ninstorm scrutait son hôte avec une certaine curiosité, Nennius quand à lui bouillonnait de l'intérieur en voyant ce visage si proche de celui d'Astrëa. Et d'un coup, d'une seule poussée, toute sa rage s'embrasa à nouveau, mettant sur le compte de cet homme tous les tracas de sa famille. Car c'était lui qui avait éduqué Astrëa de telle sorte que jamais elle ne reçut l'affection dont elle avait besoin. C'était lui qui l'avait formaté, qui avait écrasé et broyé son innocence pour en faire une bête de devoir et de morale, avec ses principes à lui. C'était par sa faute qu'Astrëa avait succombé au pêché en prenant l'admiration d'Alshindara pour ce qu'elle avait toujours souhaité au fond d'elle : de l'attention, de l'affection...


"Je suis venu voir le seul père qui soit pire que moi."
cracha Nennius.

"Vraiment ?"
Répondit Ninstorm en plissant les yeux. "Vues vos manières et votre tenue, je présume que c'est là une cruelle offense. Et vous êtes venu jusque dans ma maison pour me dire tout ça ?" s'enquit-il.

"Non je suis venu te voir pour que tu reprennes ta fille en main, que tu répares tout le mal que tu lui as fait et qu'elle est en train de faire tout autour d'elle. Ta gamine mon gars, se tape ma propre fille, et elles invitent des étalons à leurs ébats !!" lui lança t-il avec fiel. "Et tout ça c'est d'ta faute !!!" cria Nennius

"... Je ne tolérerai pas d'accusations ou de diffamations au sein de ma propre maison, étranger !" répondit sèchement Lars, piqué au vif qu'on malmène ainsi sa lignée.

"Ah je sais, la vérité fait mal. T'crois que j'ai que ça à foutre sinon ?! Tu crois que ça m'enchante de me dire que chaque nuit, elles batifolent et se roulent dans cette débauche et qu'en plus.. qu'en plus.. elles prônent l'honneur et la droiture.. comme ce cher papa Ninstorm l'a inculqué à sa p'tite Astrëa !!"
cracha Nennius.

"Mensonges !" s'emporta à son tour Ninstorm, balayant une rangée de livres à portée sous la colère.

"J'ai appelé ton Astrëa 'ma fille'. Je l'ai prise dans mes bras comme telle, chose dont elle n'a jamais pu jouir. Jamais ! Trop occupé à en faire ton instrument pour voir que c'est rien d'autre qu'une gamine paumée qui ne veut qu'une chose : que son père lui dise qu'il l'aime !" cria Nennius.


C'étaient là les mots de trop. Et tel un barrage cédant sous une crue trop prompte, la colère se déversa dans la pièce et les deux hommes en vinrent aux mains. Chacun en tort. Chacun en père fautif. Et chacun en était conscient au fond de lui-même. Hélas, le cœur des hommes est si prompt à enfouir les vérités qui blessent sous une épaisse couche de mauvaise foi ou de déni. L'on eut même dit que si on avait pu faire un ciment aussi solide que cette couche là, les bâtiments construits pourraient être témoins jusqu'aux derniers jours de notre monde..
Quand à nos deux pères indignes, et bien après un échange aussi bref que brutal, où le sang fut versé. Ils s'observèrent à nouveau en silence. L'un avait la lèvre éclatée tandis que l'autre saignait sous la paupière. Et tous les deux comprirent alors qu'ils se renvoyaient chacun leur propre reflet déformé.


Si l'un était un modèle de droiture et de rigueur dans sa vie de tous les jours, l'autre savait louvoyer pour survivre, n'hésitant pas notamment dans le passé à utiliser tous les moyens utiles pour parvenir à ses fins, quit à laisser de côté son honneur. Et si l'un avait éduqué sa fille au point d'en faire un instrument, une prolongation de ses valeurs, l'autre avait longtemps ignoré l'existence de son enfant avait choisi de la faire élever par une autre de peur de la souiller. Mais au final, tous les deux avaient fait de lamentables choix. Car voici que leurs propres filles s'adonnaient à des plaisirs malsains et dégradants. Oh, le mercenaire par le passé avait certes couché avec plusieurs femmes en même temps, mais là il s'agissait de sa propre fille. Étonnant comme la morale varie selon les personnes concernées et leurs liens parfois, quand ce qui était excitant la veille devient écœurant le lendemain.


Et que penser de Ninstorm, qui apprenait là de la bouche d'un misérable gueux que sa fille, ses espoirs, se roulait dans la dépravation, à des années lumières de ses principes moraux. Et normalement des siens, à elle. Fragiles sont les châteaux, qu'ils soient de cartes ou de pierres, d'illusions ou de principes. Lars venait de voir en quelques minutes le nom de sa maison souillé, celui de sa fille relégué au même rang que des putains de tavernes, et ses espoirs ainsi que son admiration pour elle piétinés avec.. ingratitude. Que pouvait-il bien ressentir ? Sous ses opalines bleutées ne se lisait rien d'autres qu'une intense réflexion. Rien de plus. Mais cependant le malaise était palpable. Que faire de sa fille, et surtout quel sort réserver à sa concubine ? De colère il imagina bien des scénarios tout aussi flamboyants que sordides pour cette dernière. Mais il restait le problème de son paternel... Non, cela n'était pas digne de lui et de sa maison que de s'abaisser à de telles extrémités.


"On est que deux crétins... Deux mauvais pères pas foutus de tenir leurs gamines comme il faut. Et on y arrivera pas l'un sans l'autre.."
déclara Nennius dont cet aveu lui coutait, car il exprimait et exposait ainsi ses lacunes en tant que père, lacunes qu'il avait longtemps éludé.

".... Je reprendrai ma fille en main. Mais elles ne doivent plus jamais se revoir. Et je ne veux pas que leurs.. dévires soient ébruités.
" répondit Lars.

"Je me doute... T'es vraiment un con de pas lui avoir ouvert tes bras.. Tu sais qu'elle a failli pleurer quand je l'ai enlacé comme ma gamine..?" glissa sournoisement Nennius.

"Sors de ma maison."
cracha Ninstorm les dents serrées par la rage. "Tout de suite." enchaîna t-il.

"Les messagers passent, les mots restent, et la vérité trouve toujours son chemin.."
répondit Nennius en partant.


Et, quand le mercenaire fut parti, Ninstorm questionna ses domestiques qui furent contraints de lui dire la vérité. Et comme le lui avait dit Nennius, la vérité trouva son chemin par leurs bouches pour appuyer les faits que le père d'Alshindara lui avait révélé. On raconte qu'alors retentit un hurlement de colère qui ébranla le Manoir Ninstorm. La rage habitait aussi le cœur du mercenaire qui malgré les attentions de Mélandre ne parvenait pas cette fois ci à la contenir. Les dérives de sa fille la menaient sur un chemin dangereux en plus d'avilissant. La vérité ne sort semble t-il pas que de la bouche des innocents, car Zepha avait raison au final, à lui d'agir en père... Laisser Alshindara patauger dans ses erreurs en était une de plus. Il ne pouvait se permettre d'attendre qu'elle ouvre les yeux et grandisse. Il lui fallait la remettre dans la réalité, sans nul doute que cela serait douloureux pour l'un comme pour l'autre..
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