La Bataille d'Urfa

La légende des Paladins et des Prophéties oubliées
 
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 Les Sentiers de la Foi..

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MessageSujet: Les Sentiers de la Foi..   Mer 11 Juil - 18:50

*Penchée sur un carnet relié de cuir accusant moult intempéries et mauvais traitements une silhouette écrit une part de son chemin, soucieux de laisser une trace dans le néant...*

Je me nomme Gengis Delmeth, mais ce nom désormais miens n'est pas celui qui me fut donné par mes parents à ma naissance.


Aujourd'hui Paladin je ne suis pourtant pas de noble lignage ni même un quelconque bâtard reconnu sur le tard. Loin de tout ça, je ne suis que le cadet d'une famille nombreuse, une famille de simples paysans.
Je n'ai que peu de souvenirs de cette époque, cela remonte à plus de vingt années déjà. Nous vivions tous ensembles mes trois frères ainsi que mes deux soeurs avec mes parents et nos grands parents dans une modeste chaumière où nous étions parfois à l'étroit... Je me rappelle quand nous dormions à trois dans un simple lit conçus pour une personne, certains dormaient même avec les bêtes quand les nuits n'étaient pas trop fraîches. Nous n'étions pas malheureux dans le sens où nos parents firent ce qu'ils peuvent avec leurs maigres moyens. J'ai le souvenir d'un père constamment épuisé par le labeur, tout ça pour nourrir sa grande famille. Oui, le pain manquait souvent dans nos assiettes hélas.


Mes frères étaient bien plus âgés que moi, certains allaient même se marier et fonder leur propre famille quand j'arrivai à l'âge de six ans. Au delà de ces heureux évènements cela signifiait aussi des bouches en moins à nourrir mais en contrepartie de bons travailleurs dont ils faudrait se passer. Mes soeurs n'étaient pas paresseuse, je crois, mais il sembla évident à mes parents qu'à cette époque l'avenir allait se montrer plus que rude une fois de plus. Du moins me concernant, et probablement tous mes frères et soeurs. C'est du moins ce que m'expliqua très tôt l'homme à qui je dois mon nom actuel, celui qui m'a recueilli et nourri enfant.


C'était un matin d'hivers, une silhouette à cheval s'est présentée à notre demeure. Un homme de haute stature tout de fer vêtu et semblant avoir longtemps voyagé demanda à mes parents s'il pouvait jouir de leur hospitalité. Ceux-ci acceptèrent, n'ayant pas pour habitude de laisser autrui dans une misère pire que la leur, qu'il soit seigneur ou non. Cet homme s'appelait Erlan Delmeth, chevalier au service du Roy et pieux combattant au service de la Lumière. Il avait fait longue route jusque Stormwind porteur d'un message et de nouvelles au sujet des Morasses Noires. Malgré son rang, je me rappelle la simplicité et l'humilité de notre invité à l'époque, mes frères affirmaient même qu'il "transpirait" la bonté... Peut-être avait-ils deviné ou simplement anticipé une partie de la suite des évènements. Avant de repartir, le chevalier Delmeth tint à offrir quelques pièces pour l'accueil chaleureux qui lui avait été offert. J'ai appris bien plus tard par sa bouche qu'il avait aussi été frappé et peiné de notre condition. Mais au lieu d'accepter ces quelques pièces qui auraient suffi à elles seules de nous préserver de l'hivers, mes parents lui demandèrent autre chose...


J'étais le plus jeune, le plus petit. Le moins débrouillard et encore le plus dépendant pour accomplir mes tâches. S'il avait fallu se séparer d'un membre de la famille pour permettre à cette dernière de mieux subsister et offrir par la même occasion à celui désigné une chance de vie meilleure, j'étais le mieux placé. Et c'est ce qui arriva. Humbles mais fiers, mes parents exhortèrent le chevalier de m'emmener vivre avec lui, ventant mes mérites au travail et à la tâche. Ce dernier touché, avoua ne plus avoir d'écuyer depuis plusieurs lunes et finit par accepter. Je me souviens qu'à l'époque, l'enfant que j'étais ne comprit pas cette décision et en voulut même à ses parents d'être ainsi abandonné. Plus tard, je compris enfin que ceci n'était pas une punition, mais une chance. J'aurais tant aimé pouvoir étreindre les miens et leur demander pardon pour cette rancoeur passée, j'aurais tant aimé...


C'est ainsi qu'a débuté ma vie d'écuyer aux côtés du Chevalier Delmeth. Il m'a ainsi nourri, élevé et apprit tout ce que je sais. Il aurait pu se contenter de faire de moi un de ces gens, mais il me força même à lire et écrire quand j'eus quinze printemps. Oui, le chevalier Delmeth était un très bon maître. Dur s'il le fallait uniquement, exigent et rigoureux avec les autres comme avec lui même. C'est comme cela que j'ai découvert à quoi ressemblait la vie d'un serviteur de la Lumière. Une vie faîte de Principes, de Devoirs et de Codes rigoureux. Une existence bercée et marquée par la Foi et de nobles idéaux. Et puis aussi hélas des combats...
J'ai suivi le seigneur Delmeth sur chaque champ de bataille où il dut livrer bataille. Les écuyers paraît-il n'ont pas à poser pied à la guerre et se borner à servir et préparer l'équipement et la monture de leur maître. J'aimerais voir ce que dirait celui qui a écrit ça quand une troupe d'Orcs charge le campement par surprise... Enfin ça n'est pas pire qu'une fois où nous avions du traverser des contrées marécageuses, je n'étais pas à cheval, moi.


Cependant, malgré nos rangs et au fil des péripéties que nous traversâmes ensembles, nos liens changèrent. De simple mais loyal serviteur je suis passé au rang de compagnon d'arme puis enfin d'amis. Je me suis toujours effacé en société devant mon maître, mais les fois où il me demandait discrètement mon avis sur un sujet qu'il soit militaire ou d'une conquête féminine remplissait mon coeur d'allégresse. Car nous parlions d'homme à homme dans ces moments là voir au delà. J'avoue avoir cherché l'approbation d'un père auprès du chevalier. J'avais si peu connu le miens que j'espérais sans doute m'en procurer un de remplacement. Le chevalier lui n'avait jamais eu de fils, peut-être n'était-ce pas un hasard. Cette époque me manque. Nous devisions chemin faisant, il me parlait de ce monde que je pensais connaître à force de le parcourir mais qui semblait encore plus vaste.


Dix années après notre rencontre, le fier et robuste chevalier que j'avais connu n'avait rien perdu de sa superbe bien que l'âge remplit son office. Quand à moi j'étais devenu un homme sans m'en rendre compte ou peut-être n'ai je point vu le temps passer. Les voyages et les épreuves m'avaient rendus bien plus robuste que si j'avais passé ma jeunesse à la ferme, il faut dire que risquer sa vie au contact d'un Chevalier qui a tendance à avoir la bougeotte forme la jeunesse. Du moins jusqu'à notre dernier voyage ensemble... Je n'oublierai jamais ce jour maudit, toutes ces horreurs. Bataille improbable, impensable même, mais pourtant bien réelle, telle un cauchemar. Des êtres que jadis tout oppose et qu'aujourd'hui tout oppose encore réunis pour combattre un ennemi encore plus terrible. Kalimdor, contrée maudite où mon maître versa son sang et sa vie pour l'avenir du monde. Chevalier Delmeth, martyr anonyme d'une bataille sanglante comme tant d'autre...


Je me rappelle mon maître, blessé mortellement, mourrant, agonisant dans mes bras... Je me rappelle ses mots, plus réconfortants que jamais dans cet enfer et sa requête. Il n'avait jamais eu de fils ou d'héritier, je n'avais plus de famille... Alors, il me demanda juste avant de mourir de prendre son nom et de faire en sorte de l'honorer, devenir à mon tour un Chevalier Saint, un Paladin... Je me souviens encore de la couleur de ses larmes quand j'ai accepté, je me souviens aussi du goût des miennes. Je crois qu'il est parti en paix, du moins je prie pour que ce soit le cas, c'était un homme bon. C'est pour cela que depuis dix ans je m'efforce d'être à la hauteur, pour lui, pour moi, pour mon peuple...


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MessageSujet: Re: Les Sentiers de la Foi..   Mer 11 Juil - 18:51

Terres de Tirisfal...




Jadis Lordaeron était un pays puissant et prospère. Ses champs fertiles apportaient vie et confort au peuple protégé par son armée. Mais ce temps là est désormais révolu. Car vinrent les jours sombres du Fléau et son sillage de mort et de désolation. Aujourd'hui les contrées verdoyantes sont stériles. La terre noircie et cendreuse attend qu'une main charitable la retourne et fasse jaillir à nouveau la vie de ses entrailles souillée. Mais plus personne ne laboure les champs vides et abandonnés. Les oiseaux ne chantent plus, remplacés par des prédateurs affamés. Les rayons du soleil ne percent même plus l'épaisse couche ténébreuse qui recouvre ces terres maudites. Comme ci le pays lui même était mort...à l'image de ceux qui y vivent. Et au milieu de ce tableau lugubre courait cette flammèche de vie, insolente et insultante envers la mort environnante.


Mais au milieu de cette faune macabre papillonnait en ce jour une étincelle de vie. Créature improbable et insensée en pareils lieux qu'un être vivant qui ne soit pas prisonnier. L'intrus avait fait une longue route, une route semée d'embûches et de rencontres morbides pour venir jusqu'ici. Il était parti d'une petite chapelle plus au sud, à la lisière des terres non infestées par le Fléau. Il avait du partir seul et franchir leurs lignes en évitant de se faire repérer dans le cadre d'une mission d'importance vitale à ses yeux. Alors qu'il cavalait dans cette vaste forêt meurtrie et corrompue il se rappelait les paroles de l'elfe et l'étrange rencontre qu'il décrivait.
Ce dernier prétendait avoir aperçu quelqu'un qui ne devrait plus être de ce monde, quelqu'un qui était parti dans un autre monde combattre les démons. Son retour signifiait donc que la porte était ouverte, et que peut-être déjà les Démons se pressaient à notre monde...


Mais pour l'heure l'elfe n'était pas sur de ce qu'il avait vu et nul ne pouvait affirmer ou non la véracité de tout ceci à moins d'aller enquêter. C'est l'Ordre qui lui avait suggéré de mener ses recherches, ce qu'il accomplissait jusqu'à présent. Plus d'une fois il se maudit de ne pas avoir demandé l'aide d'au moins une personne, il aurait bien demandé à son frère d'armes Gabriel s'il avait pu le croiser en route. Le sort en avait peut-être décidé autrement...
Il règne en ces lieux un froid que nul manteau ou couverture ne parvient à atténuer. Une étreinte glacée et vicieuse qui jamais n'abandonne les rares vivants qui posèrent le pieds sur ces contrées, comme si la mort elle même venait poser ses griffes glaciales sur ses épaules imprudentes. Si l'apprenti Paladin avait par son passé déjà connu maintes épreuves celle ci se révéla être aussi éprouvante sinon plus que ce qu'il avait vu et dû combattre aux pieds du mon Hyjal. Une désagréable sensation de malaise le tourmentait depuis peu, refusant de s'estomper. Alors il commença à craindre que sa présence ait peut-être été découverte...





Il avait pris soin de ne pas s'aventurer sur les routes ou leurs abords, et avait pris un soin particulier à éliminer toute sentinelle ou faune qui l'aurait aperçu en chemin. Peut-être n'était-ce pas suffisant. Il s'était aventuré sur des terres inconnues, en plein coeur d'un territoire hostile. Désormais il maudissait son imprudence alors qu'il accélérait le pas vers le retour. Il avait passé presque un jour et demi à guetter les routes aux abords du fief des non-morts en espérant apercevoir celle que l'elfe pensait avoir identifié. Mais en vain.
Une branche sèche craqua.
Le paladin pressa le pas, désormais certains d'être filé par quelque chose. Il lança un regard derrière son épaule mais ne vit que les ténèbres glaciales qui régnaient dans la forêt. Un doute lui noua les boyaux, à savoir s'il fuyait vers une issue ou bien vers pire encore... Derrière lui il pouvait entendre les pas qui tambourinaient le sol, et se rapprochant.


Mais alors qu'il cédait à la curiosité en voulant savoir qui ou quoi était à sa poursuite, il perdit l'équilibre sur une banale racine décollée du sol. Pris par son élan, il roula au sol mais tenta d'utiliser sa vitesse pour se relever, arme dégainée. Avant que ses yeux ne puissent renseigner son esprit s'il était assis, debout ou même face à son poursuivant il chargea en estoc. Mais sa lame ne rencontra que le vide glacé du néant. Cependant un souffle rauque s’échappa derrière lui. Le paladin voulut aussitôt faire volte face mais un violent coup porté à son visage l'envoya à nouveau rouler sur le sol lui faisant perdre son heaume au passage. Il tenta de se relever pour parer l'attaque imminente de son agresseur qui effectivement s'avançait lame en avant. Mais, alors que le fer était à seulement quelques centimètres de sa gorge, son agresseur ralentit son geste...


Sans hésiter, le Paladin prononça une prière de Châtiment du Mal qu'il ne connaissait désormais que trop bien depuis qu'il luttait aux côtés de l'Aube d'Argent dans les Maleterres. Aussitôt l'agresseur tituba, secoué par la décharge d'énergie sacrée qui venait de tourmenter ses chairs putrides. C'était bien encore un de ces non-morts, une sentinelle sans doute. Son corps était vêtu de ce qui devait être jadis une armure lourde, et ses chairs pourries étaient visibles sous les parties non protégées. Il y avait quelque chose de familier et de troublant chez cette pauvre âme privée du repos de la Mort. Peut-être était-ce la compassion du Paladin pour un soldat qui avait péri en faisant son devoir. Ou bien était-ce....

"Tu ne devrais pas être ici, mon bon Gengis."

Ces quelques mots glacèrent le sang du Paladin. Figé de stupeur il avait désormais le regard captivé sur son agresseur qui se relevait péniblement. Quand enfin il put apercevoir son visage il ressentit alors une violente décharge émotionnelle mêlée de joie et d'horreur, dans un déchirant maelström. Son seigneur, son ami et mentor se tenait là devant lui sous cet horrible condition de non-mort. Il était pétrifié. Il aurait voulu parler mais aucun son ne sortit de sa bouche, pas plus que son bras ne souhaiter se lever contre son ancien maître. Ce dernier le regardait sans dégager la moindre émotion...
Puis un cri strident s'éleva au loin.

D'autres arrivent. Tu n'as rien à faire ici, pars.

Ni colère ni compassion dans le discours de son ancien mentor. Juste un fait et l'implacable réalité de l'instant. L'instinct reprit alors le dessus et il tourna le dos à la sentinelle pour reprendre sa fuite vers les terres de l'Alliance. Il jeta un ultime regard derrière son épaule, découvrant la silhouette de son ami immobile qui le fixait de ses yeux morts...
Il était venu chercher des réponses il ne récolta que des questions et des blessures à nouveau ouvertes. Son seigneur ne l'avait finalement pas tué, il l'avait même reconnu. Existait-il encore une part d'humanité dans cette chair putride ? Une part de lui se prit à l'espérer tout autant qu'une autre pria l'inverse pour le salut de l'âme du regretté chevalier. Mais si effectivement une part du chevalier Delmeht avait survécu à ce sort, alors peut-être disposait-il d'un allié dans l'affaire qui l'avait mené jusqu'ici.
C'est ainsi qu'il poursuivit sa fuite, ballotté par les dernières révélations. Et la silhouette impassible qui regardait son ancien écuyer partir murmura dans le vent glacé...

"Tu es vivant mon ami... mais que venais-tu faire ici sur nos terres, Petit Paladin..?"




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MessageSujet: Re: Les Sentiers de la Foi..   Mer 11 Juil - 18:51

i]Territoire tragique et mythique...[/i]



Au beau milieu des plaines désertes gisait impassible une colline, en contraste avec le relief de la région. Et, sur cette même colline trônait un édifice aussi énigmatique qu'inquiétant. Une tour aujourd'hui délabrée et désertée de ses anciens occupants faîte de pierres lourdes se dressait insolente vers les cieux. Le temps, et les tragiques évènements qui abritèrent cet endroit lui conféraient un aspect funeste, surtout pour les personnes connaissant son histoire...

Karazhan.

Tour du plus puissant mage humain ayant foulé les terres d'Azeroth. Résidence du dernier Gardien de l'ordre secret de Tirisfal, le Magus Medvith. Mais aussi l'endroit où les sombres plans du maudit Destructeur de Mondes, Sargeras, prirent naissance et aboutissement. Car c'est ici que le dernier gardien, corrompu par la présence du seigneur de la Légion Ardente en son sein commit l'irréparable en souhaitant s'extraire à son destin. Le monde n'oubliera sans doute jamais l'arrivée sanglante des orcs, guidés par le Mage et au delà le seigneur démon qui comptait les utiliser à ses fins.

Karazhan..

Théâtre d'un affrontement parricide entre l'ancien apprenti et son maître devenu fou. Ou bien peut-être simplement consumé par le Démon qui partageait son être et son désir de se libérer du destin qu'on lui avait imposé... Chacun se forgea son opinion suite au mythe qui suivit la disparition de Sargéras et de Medvith. Mais alors qu'on croyait le monde privé de Gardien, celui-ci revînt au moment crucial et avec l'aide des races mortelles repoussa une nouvelle fois la légion. Et à nouveau, il disparut...

Karazhan..

Où aujourd'hui une nouvelle ombre se dressa devant les ruines. Ayant parcouru maintes lieues et l'échine courbée par la fatigue l'étranger regarda l'édifice et soupira en repensant aux légendes qui s'étaient transmises au fil des années. L'endroit lui inspirait crainte, mais surtout chagrin pour cet homme prisonnier d'une vie qu'il n'avait pas choisie. La culpabilité l'envahit quand il porta son regard sur la missive qu'il tenait précieusement, mais il se résolut à la déposer sur le sol. Cela devait être fait, cela devait être au moins tenté...

Karazhan..

Endroit mythique et symbolique où désormais une lettre attendait, coincée sous une pierre que quelqu'un vienne la lire. Tout ce chemin, tous ces dangers parcourus en route dans un seul et unique but, dans un espoir insensé ; que l'ancien propriétaire des lieux où qu’il soit la lise...
Ou même un membre de son ordre disparu, quelqu'un... Quelqu'un qui pourrait aider les peuples de ce monde contre cette menace invisible mais terrible qui guette chaque âme vivante à travers les barreaux de leur prison éternelle. Pour certains ce n'étaient que soupçons, pour d'autres qui avaient perçus quelques signes annonciateurs, l'heure était proche, trop proche d'un nouveau conflit...
Et le Paladin s'en retourna chercher ses réponses, priant la Lumière pour que quelqu'un vienne, ou plutôt qu' IL revienne...


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MessageSujet: Re: Les Sentiers de la Foi..   Mer 11 Juil - 18:51

*Penchée sur un carnet relié de cuir accusant moult intempéries et mauvais traitements une silhouette écrit une part de son chemin, soucieux de laisser une trace dans le néant...*





Je m'appelle Gengis Delmeth.. J'ai vécu en tant que serviteur puis en tant que paladin durant ma vie... Et c'est à cause de moi que notre monde risque de disparaître...

Blanche a disparu.
J'ignore quand réellement et surtout comment, mais elle a disparu à nouveau. Pourtant, cette fois-ci j'ai la terrible impression que cela n'est pas lié à ses démons intérieurs. Durant le peu de temps où je suis resté à ses côtés il m'avait semblé qu'elle avait commencé à reprendre confiance en elle. Certes il lui faudrait encore de longues années pour effacer toute cette peine qu'elle traîne, mais la vie des elfes de la nuit n'est-elle pas longue justement ? Cependant son état semblait suffisant pour qu'elle accepte enfin son destin et son rôle dans cette bataille. J'ai été surpris, agréablement surpris j'avoue de la voir mener la défense lors des premiers assauts sur le refuge des Druides.

Mais la joie fut de courte durée. Durant les affrontements contre les dragons venus en nombre exterminer les Druides j'ai failli, j'ai manqué à tous mes devoirs, et surtout à ma promesse. Je n'ai pas pu, je n'ai pas su la protéger et aujourd'hui elle n'est plus là, peut-être déjà morte... Si c'est le cas, alors nous sommes perdus. Et tout sera de ma faute.
Alors, au lieu de pleurer et de prier, je prends un peu de temps pour mettre la vérité sur ces lignes, si jamais il y avait des survivants à ce qui se prépare. Au moins ils sauront, ils sauront ce qui s'est passé et pourquoi, et il sauront qui haïr pour ça...

J'ai fouillé le refuge des druides, mais je n'ai rien trouvé. Je suis parti auprès de la capitale elfique mais je n'ai encore une fois rien trouvé. J'ai demandé à chaque passant, chaque voyageur et jusqu'à chaque animal rencontré, mais toujours rien. Par désespoir j'ai même tenté d'infiltrer la montagne rochenoire pour tenter de trouver une piste, mais là encore aucun signe. Je ne sais plus où chercher ni vers qui me tourner. Les puissants sont occupés à protéger le monde des autres menaces, notamment depuis la réouverture du portail vers l'outreterre, ou bien à vêtir leurs soldats.

Je maudis au plus haut point mon impuissance et ma frustration... J'essaie, je fais tout ce qui m'est possible, mais ça ne suffit pas. Pourquoi ... Pourquoi je n'y arrive pas ? Que faut-il que je fasse pour la retrouver, pour empêcher ce désastre? Je ne suis pourtant pas le seul à la recherche, je le sais, et je l'espère aussi. Pourtant j'ai l'impression que les habitants de ce monde se sont résignés, ou peut-être ne réalisent-ils pas. Ou peut-être envisagent-ils de fuir vers l'Outreterre quand la fin viendra...

C'est pour ça que j'enrage au fond de moi. Je vois ces insouciants vaquer à leurs vies, mais quand viendra le temps de la ruine qui accusera t-on ? Moi... Et alors je déshonnorerai le nom que mon seigneur m'avait légué à sa mort et je trahirai encore une promesse. Ca m'est égal de mourir, ça l'est beaucoup moins que d'autres payent pour mon incompétence. Au fond de moi je désirerais plus... Plus de force, plus de pouvoir pour avoir au moins une chance, juste une toute petite chance d'empêcher cette catastrophe. Mais je sais que je ne peux pas, je n'ai pas le droit. Pourtant, en ces heures funestes j'aspire plus que jamais à cela... Alors j'écris ces mots, peut-être les derniers pour que les gens sachent, et que peut-être ils trouvent la force de me pardonner.

Si quelqu'un d'autre venait à lire ces lignes, c'est qu'alors mes craintes se sont hélas réalisées en dépit de tous mes efforts aussi vains soient-ils. Sachez juste que j'aurai tout donné, jusqu'à mon âme pour la retrouver, jusqu'à mon dernier soupir... Pardon.

Paladin Gengis Delmeth.
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MessageSujet: Re: Les Sentiers de la Foi..   Mer 11 Juil - 18:52

Auberge de Goldshire, peu avant l'aube...




Une frêle bougie posée négligemment sur un bureau modeste rempli de notes et d'ouvrages éclairait timidement la chambre. Seuls quelques bruits de respiration et de draps qui se plissent au gré des mouvements rompaient le silence serein de la pièce. L'aube n'allait pas tarder à paraître, et déjà quelques prémices blafards s'insinuaient à travers les volets de la chambre... Pourtant, deux yeux étaient déjà grands ouverts, et scrutaient le plafond l'air ailleurs. La nuit avait été courte pour le Paladin et le sommeil n'avait pu réussir à se frayer un chemin parmi ses doutes.


Un soupir las à côté de lui attira son attention. Il remonta légèrement la couverture sur celle qui dormait à ses côtés. Celle-ci vint aussitôt se blottir contre lui et coller ses pieds glacés contre les siens. Il se raidit d'abord et voulut pendant un fugace instant s'extraire à cette étreinte... Peut-être était-ce la peur, ou ses doutes qui poussèrent son esprit à vouloir lutter. Toutefois si on esprit tâchait de lutter, son corps lui s'abandonnait totalement. Il en avait presque oublié cette étrange sensation de bien-être, cela faisait si longtemps. Et cela lui faisait si peur...


La fatigue toujours tentait de s'insinuer sous ses paupières, mais dès qu'il les refermait, il sursautait et vérifiait si elle était toujours à ses côtés. Il ne cessait de se faire la morale à lui même d'avoir été si faible et d'avoir cédé. Qu'allaient-ils devenir maintenant ? Il ne savait même pas s'il y avait dans sa vie actuelle de la place pour quelqu'un d'autre, avec tous les dangers que cela comprenait. Car lorsqu'on s'attache, cela devient notre plus grande crainte, de perdre ce que l'on a. Et maintenant, il avait peur. Et il se sentait pourtant si bien à ses côtés...


Mais ses doutes ne cessaient de le hanter, quel avenir avaient-ils tous les deux ? Ils étaient tous les deux paladins, était-ce compatible avec leur voie ? Leurs supérieurs ne verraient-ils pas cela d'un oeil mauvais ? Et déjà cela lui lacérait le coeur de devoir choisir, après tout c'était un choix si injuste. Il avait jusqu'ici tout sacrifier, tout, allant même bannir de sa vie la perspective d'aimer. Cruelle ironie que pour un paladin, une personne sensée être un exemple et un rempart, le fait d'aimer soit une hérésie... Il avait cherché une solution à ses dilemmes toute la nuit, mais en vain. Les premiers rayons du soleil perçaient à présent à travers les volets usés tandis que la bougie s'éteignait d'elle même dans une dernière danse virevoltante.


Sa concubine resserra son étreinte contre lui. D'une main tendre, il caressa ses cheveux sans la réveiller et s'émerveilla en la contemplant puis ferma les yeux de peur que des larmes d'amertume ne lui échappent. Et, telle une gravure d'un âge romantique, il sombra enfin dans un sommeil sans rêve, sa belle dans ses bras. Et dans la pièce à demi éclairée par quelques traits lumineux le couple reposait blottit l'un contre l'autre en dépit du monde extérieur et des dangers qui les attendait. Car tant que la porte en chêne qui les séparait du reste du monde demeurait fermée, alors ils resteraient en paix et intouchables durant ce moment unique qui ne se reproduirait plus jamais…


S'il en avait eu la clef et la certitude, il aurait jeté au loin celle-ci pour rester ainsi à jamais. Il était conscient de ces pensées égoïstes, mais ne les trouva jamais aussi légitimes. Elles étaient désormais son seul phare dans les ténèbres qui hantaient sa vie. La vie et l'avenir semblaient quand à eux se compliquer, les choses simples de jadis devenaient complexes et difficiles.
Car bien souvent les femmes possèdent ce don...
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MessageSujet: Re: Les Sentiers de la Foi..   Mer 11 Juil - 18:52

Présages...











Ailleurs...





Mon esprit s'égare hors du temps, de l'espace... Est-ce ainsi la Mort ?
J'ignore où je suis, qui je suis. Je ne vois que quelques bribes de passés arrachés à une vie qui semble si loin, trop loin. Je crois que j'étais un homme et qu'on m'appelait Gengis. Alors peut-être que oui je suis mort effectivement, et je me sens dériver, flotter vers une destination inconnue. Les ténèbres sont douces... Mais plus je dérive plus j'ai chaud, plus je perçois l'existence de mon corps, de ma pensée.

Est-ce là la fin ?

Une lumière m'aveugle et je crois que mon chemin se termine ici pour de bon. Mais j'ouvre les yeux. Et alors je contemple, horrifié... Je vois..des arbres morts à perte de vue et au loin un horizon où ne brille aucun soleil, juste un paysage mort à perte de vue. Je ne sais où aller, qui appeler ou bien si je rêve.

Où suis-je...?

Je distingue un sentier cendreux au milieu de cette forêt morte. N'ayant d'autres choix je le suis, sur mes gardes. Difficile d'imaginer si cette route fut foulée jadis par des marchands ou des vivants, ou si les chants d'oiseaux ont un jour brisé ce silence implacable... Alors, sous la cendre j'aperçois quelques pavés usés par le temps et je comprends qu'il y a eu ici de la vie, une civilisation. Mais cela ne répond pas à mes questions.

Je veux sortir...

Tout à coup le croassement d'un corbeau m'extirpe de mon angoisse. Mais je ne le trouve pas, bien que ça semble venir de là où mène le sentier. J'aime pas ça. Et plus j'avance plus j'ai quelque chose au fond de moi qui me glace les tripes. Et quand enfin le chemin me mène là où il devait me mener, je pleure... Comment aurais-je pu reconnaître cet endroit sinistre, comment...

Pourquoi !!?

On aurait dit que quelque chose avait tout fait exploser tant l'état des ruines était misérables. Comme si les bâtiments jadis debouts avaient été pulvérisés comme de frêles fêtus de paille... Je revois ces bâtisses que je chérissais, et je contemple le coeur meurti ce qu'il en reste, des pierres éclatées et tristes. La vie a quitté le bourg... Et elle l'a quitté violemment... Les quelques murs encore débout gardent les stygmates de combats violents, du sang séché macule encore le sol et les pierres.

Qui a osé !!?

La colère m'assaille et aucune force morale en moi ne parvient à freiner son expension, mes vieux démons intérieurs ressurgissent comme la fureur d'un volcan longtemps éteint. Empoignant les restes d'un poutre je scrute tout signe de vie, tout coupable potentiel pour appliquer sur lui mon courroux sanglant et ô combien jouissif. Mais ma colère et ma haine disparaissent aussi brutalement qu'ils m'ont assiegé. Et ce qui les remplace est bien pire...

Mes amis...? Ez... !!!!!!

Je suffoque, mes poumons me brûlent tandis que mon coeur tambourine dans mon poitrail. J'ai la nausée, j'ai envie de vomir et je perds l'équilibre. C'est trop... Mais qu'est ce qui s'est passé ?! Mon coeur se serre à chaque évocation chaque micro souvenir d'Elle. J'ai mal bon sang, mal comme jamais... Mes larmes de chagrin et de colère mouillent le sol cendreux, creusant d'autres petits cratères à chaque impact. De mes derniers souvenirs j'étais persuadé que nous avions scellé le portail démoniaque... Avons nous échoué... ?

Qui a fait ça ??

J'entends encore ce maudit corbeau. Qu'il aille se faire voir, je ne veux pas voir la suite, je ne veux pas le suivre... Pourquoi moi je suis vivant, où sont les autres ? Et pour l'amour des dragons que s'est il passé ? Le corbeau a fini par se taire, enfin. Mais soudain j'entends des pas. Aussitôt je fais volte face armé d'un débris de poutre. Je vois un homme encapuchonné, difficile à distinguer dans ce monde ténébreux. Ami ou ennemi ? Au premier faux geste je suis prêt à lui faire manger la poussière, au sens propre. En plus il y a quelque chose en lui qui me met mal à l'aise un sentiment amer de déjà vu, un charisme qui me hérisse le poil.

Qu'est ce que tu veux ?!

Alors l'étranger me parle, et dès ses premiers mots j'en perds à nouveau l'équilibre quand il me raconte tout. Ce que je vois là n'est qu'une vision, un présage d'Azéroth après sa destruction me dit-il.
Citation :
Je ne suis pas ton ennemi, Paladin.
Ceci est un présage, un avenir proche et probable du monde si certaines choses se produisent. Je t'avertis comme j'ai averti tes deux amis.
Vous avez battu la Légion, mais elle reviendra à l'assaut inévitablement.
Si le monde doit se passer d'un Gardien, peut-être a t-il encore besoin de voir renaître l'Ordre...

Puis c'est encore la lumière aveuglante. Et là je vois sous mes yeux Stormwind, intacte. J'ai peine à croire, je tremble comme un nouveau né. Mais le contact des pierres ne ment pas je suis bien dans la réalité... Etait-ce un rêve ? Et puis je découvre stupéfait un rouleau de parchemin dans ma main. Je ne l'avais pas dans ce cauchemar ni à mon départ d'Outreterre. Et ce parchemin porte en son coeur quelque chose que je connais, que je recherche... Le sceau de Tirisfal...

Toi...
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MessageSujet: Re: Les Sentiers de la Foi..   Mer 11 Juil - 18:53

Shattrath....




Havre de paix et de sérenité dans un monde à l'agonie, sans cesse agité par le Chaos, la cité tenue par les bienfaisants Naarus se dresse seule contre les ténèbres toujours croissants de l'Outreterre. Les peuples et les factions s'y croisent sans se déchirer, car dans la cité les agents des Naarus veillent à ce que l'ordre soit maintenu. C'est ainsi que voyageurs, commerçants, combattants de tout horizon, pélerins et réfugiés cohabitent en paix. Et parmi cette population des plus polymorphe on trouve parfois ce à quoi on ne s'attendait pas....

"Tu cherches tes réponses dans tes prières mon garçon..?"

Le paladin fut violemment extirpé à ses pensées lorsqu'il crut reconnaître la voix derrière lui. Faisant volte face il découvrit la silhouette drappée dans un épais manteau qui le fixait de l'intérieur de son capuchon. Seuls ses yeux étaient visibles. Etait-ce...

"Monseigneur...?"

L'inconnu réajusta son manteau lentement avant de contempler le rayon lumineux qui partait du centre de la cité.

"Ton seigneur est mort il y a plus de 10 ans mon garçon. Du moins celui que tu as connu. Il semblerait que tu sois devenu un homme..."

Ni le ton ni la voix ne pouvaient mentir à celui qui avait considéré cet être comme un père de son vivant. Le Paladin contempla muet son interlocuteur ne sachant que dire sur le moment. Ils s'étaient rencontrés aux abords des terres des Réprouvés et s'y étaient affrontés. Le maître avait pris en chasse l'apprenti, la sentinelles traquait l'intrus sur ses terres. Ce n'est que lorsqu'un bref éclat de lune perça la vôute ténébreuse qu'ils se reconnurent mutuellement, avant de se séparer, chacun ébranlé et meurtri par cette rencontre.

"C'était bien vous l'autre fois...
"C'était moi. Tu as été imprudent de t'aventurer là-bas seul. Je t'aurais cru plus sage et avisé.

Le paladin se mordit un instant les lèvres sachant au fond de lui que son ancien maître avait raison. Mais les années avaient passé et la crainte révérentielle dûe à son seigneur n'était plus de mise désormais. Se redressant, il fixa la silhouette encapuchonnée d'un air de défi, d'égal à égal désormais. La capuche pencha sur le côté, trahissant la surprise de son hôte qui tourna les talons aussitôt. Le paladin fit mine de le suivre et l'interpella mais d'un geste de la main la silhouette leva un nuage de cendres qui l'aveugla. Quand il retrouva la vue, le paladin ne put retrouver celui qu'il cherchait du regard. Mais il avait beaucoup trop de questions, trop de choses à lui dire depuis tout ce temps, il fallait à tout prix le retrouver.

Alors, invoquant l'esprit d'une vaillante monture, il se mit en chasse de celui qu'il considérait comme un père...
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MessageSujet: Re: Les Sentiers de la Foi..   Mer 11 Juil - 18:53

Terres verdoyantes de Nagrand..






C'est l'une des rares zones à ne pas être stigmatisée par les drames qu'a connu jadis Draenor. Le ciel y est dégagé, la nature luxuriante et vivante. Mais cela n'en fait pas une terre paisible pour autant, non car le danger y rôde comme partout en Outreterre. Bêtes sauvages, indigènes hostiles et membres de la Légion serpentent ces terres eux aussi, et la mort peut y prendre plusieurs visages. Et parmi les voyageurs et créatures qui errent sur ce territoire, deux galoppaient à perdre haleine...
Le cavalier de tête chevauchait une monture macabre, assemblage d'os et de tendons de corps différents se mouvant grâce à une magie aussi sombre que son possesseur. Le second poursuivait le cavalier de tête tout encapuchonné. Il montait quand à lui un fier destrier baigné d'une aura de clarté.


Le paladin avait pris son mentor en chasse depuis Shattrath et était parvenu à remonter sa piste jusqu'à être repéré. Il constata avec stupeur et effroi que son ancien maître avait usé de pouvoirs ténébreux pour faire revivre sa monture et craignait désormais le pire quand à ce qu'était devenu son père adoptif... Il pressa encore sa monture à cette simple pensée mais ne gagna que peu de terrain, jusqu'à ce que sa cible ne tourne violemment près d'un bosquet. Continuant sa poursuite et craignant de le perdre de vue, le paladin le suivit, mais ne vit pas la longue lance entraver les sabots de son destrier. Le paladin roula sur le sol tandis que l'esprit équin qu'il avait invoqué se dissipait. Il était seul désormais. Seul face à celui qui lui avait presque tout appris.


"Tu voulais me parler, semble t-il. Je t'écoute gamin."
"Est-ce que c'est bien vous..?"
"Tu comptes reposer cette question à chaque fois? Tu te répètes...et tu me fais perdre mon temps.
"Mais comment..."
"La Mort est capricieuse on dirait. Elle m'a refusé son étreinte la première fois, et quand j'ai été "libéré" du Fléau je suis devenu ce que tu vois, un Réprouvé. Si tu as tes réponses va t-en les politesses et mondanités c'était dans mon autre vie."
"Comment pouvez vous dire ça et tourner le dos à ce que vous êtes ?! Moi je n'oublie pas l'homme qui..."
Arrête ça tout de suite mon garçon !


Alors, le maître brandit l'épée contre l'élève... Deux lames sortirent promptement de sous l'épais manteau pointées en direction du paladin, avec une fermeté et des intentions déchirantes. Sans doute était-ce démeusuré pour une simple parole maladroite et injuste. Mais la vie elle même est injuste, pourquoi la mort le serait-elle... Les yeux perceptibles sous le capuchon n'exprimaient ni doute ni once de pitié. L'affrontement semblait désormais inévitable, aussi insupportable que cette idée puisse être. Déchiré, le paladin n'eut d'autre choix que de brandir à son tour son arme...
Les deux combattants jadis unis par des liens presque aussi forts que le sang se faisaient maintenant face au coeur des prairies de Nagrand. La lumière déclinait peu à peu, allongeant les ombres tandis qu'une légère brise caressait les deux duellistes le temps d'un murmure plaintif avant qu'un silence pesant ne prenne possession des lieux.


Un battement de coeur, un clignement d'yeux à peine et la relative quiétude de ce paysage bucolique fut chassée par le fracas du combat... L'ancien mentor chargea le premier combinant un assaut avec ses deux lames. La première fut parée par l'épée du paladin, et la seconde par le bouclier. Ce dernier repoussa son ancien maître d'une poussée franche à l'aide de son écu. Le chevalier connu jadis sous le nom d'Erlan Delmeth effectua un bref rétablissement puis chargea à nouveau avec vélocité. Le chevalier déchu ne retenait pas ses coups. Le paladin recula d'un pas pour éviter le premeir coup et fut contraint de reculer à nouveau tout en parant et bloquant les attaques successives et enchaînées de son maître. Quand ce dernier acheva son enchaînement d'un coup puissant, le paladin prononça quelques mots de pouvoir qui repoussèrent l'assaut du chevalier et le forcèrent à reculer.


"Tu manques de respect à ton maître petit ! Si tu ne veux pas te montrer digne, je t'y forcerai !"


Sur ces paroles, le chevalier frappa le sol du poing avant de charger à nouveau vers le paladin. Mais quand celui-ci voulut se mettre en garde, il fut entravé par d'innombrables bras squeletiques surgis du sol qui l'agrippaient... Apparemment son mentor avait plus changé qu'il ne le pensait. Et il avançait sur lui les armes brandies, prêt à l'achever. La peine mais aussi la colère tourmentaient l'esprit du paladin alors que la peur commençait à poser ses mains glacées sur ses épaules. Etait-ce là son destin ? Devait-il lever son arme contre celui qui l'avait élevé et recueilli jadis ? Devait-il mordre la main qui l'avait nourri ? C'était cela ou bien périr. Mais mourir signifiait ne plus revoir Ezoah. Plus de Goldshire et de feu chaleureux où oublier pendant de fugaces instants toutes les horreurs du monde. Cela signifiait aussi la fin de son oeuvre.


"Non..."


Révolté du plus profond de son âme par cette situation ô combien injuste et cruelle le paladin prononça machinalement les mots de pouvoirs avant même d'en peser les conséquences. Des flammes chargées d'énergie sacrée tourbillonnèrent autour de lui et clacinèrent les mains aggripées à ses membres. L'effet fut tel qu'il stoppa l'élan du chevalier, un instant surpris de ce chavirement. Colère et détermination se lisaient à présent dans le regard du paladin, désormais aussi rude que celui de son mentor.


"Pourquoi faîtes vous cela ?!"
"Nous devons trancher tous nos liens...pour continuer à vivre. Je te remercie de montrer enfin de la combativité, mon fils."


Le paladin refoula quelques larmes qui faillirent monter à ces mots. Il n'acceptait pas plus la situation qu'au départ, mais il était désormais résigné à honnorer la mémoire de son maître, de son père adoptif quelle que soit la fin. C'est lui qui chargea cette fois-ci en prononçant une prière martiale. Le chevalier s'élança lui aussi armé de ses deux lames. Les lames s'entremêlèrent encore puis se heurtèrent avec férocité alors que le ciel se teintait d'orangé. L'agilité du chevalier dépassait celle du paladin, de plus il semblait infatigable. Cependant, la lourde armure et la défense de l'ancien écuyer l'avaient protégé jusque là. Mais, le chevalier d'un geste vif parvînt à entraver les mouvements du paladin via un sort à la morsure glacée. Ce dernier eut à peine le temps de prononcer quelques mots de pouvoir pour former une puissante prière de protection sur laquelle rebondirent les coups de son maître défunt.


L'ancien seigneur recula et attendit que les effets se dissipent. Durant ce laps de temps, il usa encore de ses pouvoirs inquiétants pour enchanter ses armes qui se teintèrent d'ébène. Puis il attaqua frontalement avec une telle violence que l'acier rencontra enfin la chair au niveau de l'épaule du paladin. Celui-ci ressentit une vive douleur qui le brûlait au point d'impact, comme de l'acide. De rage il frappe son agresseur avec son écu et lui fit perdre l'équilibre. Titubant et n'ayant que peu de temps avant qu'il ne revienne l'agresser, le paladin posa une main sur sa blessure et prononça quelques mots sacrés afin de panser sa plaie. Il fixa ensuite son ancien seigneur avec une rage froide. Sans sourcillier, il passa sa main sur le tranchant de sa lame pour en faire couler le sang qu'il macula sur celle-ci. Puis, tout en saluant son adversaire, il prononça plusieurs prières de châtiments sur celle-ci en utilisant son propre sang comme catalyseur...


"Il semblerait que tu te sois décidé."


Le chevalier de son côté se préparait aussi à un assaut puissant. Comme précédemment il concentra ses pouvoirs et en imprégna ses lames jumelles. Sur celles-ci scintillaient plusieurs runes bleuâtres aux reflets inquiétants. Il croisa soudainement ses armes et invoqua à nouveau les morts qui reposaient auparavant sous terre, souillant leur repos éternel. Goules et cadavres incomplets jaillirent des entrailles de la terre pour se ruer sur le paladin. Cette fois-ci ils étaient bien plus nombreux que les quelques membres qui l'avaient entravé la dernière fois. Pire, une boule d'énergie nimbée de flamèches noirâtres lui avait été lancé en même temps. Il était encerclé, piégé. Il n'y avait plus d'espoir quand à sa survie, à moins que...


"Arcane sacrée ! La Barrière du Séraphin ! "


Une intense lumière éclaira brièvement le champ de bataille avant la nuit tombante. Soudain, deux ailes dorées prirent naissance tandis que les mots prononcés avec de plus en plus de douleur prirent effet. Les abominations invoquées ainsi que le sortillège s'heurtèrent à une barrière peu avant qu'une aura flamboyante ne dévore les chaires putréfiées. Le chevalier encapuchonné fronça les sourcils devant ce fait imprévu. Le paladin pointa sa lame vers le chevalier qui se remit en garde. Les mots semblaient vouloir sortir à tout prix de sa bouche mais il serra les dents jusqu'à saigner des gencives pour les refouler. Il se refusait à employer un tel sort contre celui qu'il considérait comme un père, malgré tous ces évènements...


"On dirait que tu as de nouveaux talents mon garçon.."
"Et moi j'ai vu la nature des vôtres !"
"..."
"Comment en êtes vous rendus là ?! "
"C'est ma malédiction... Tu ne sais pas ce que j'ai été entre cette période et ma mort, ce qu'on m'a fait faire.


Il y avait quelque chose de douloureux et de déchirant dans ces paroles, comme une blessure profonde au sein de cette âme déjà si tourmenté. Quelque chose que ni le temps ni les épreuves n'avaient guéri. Le paladin abaissa son arme, refusant clairement de poursuivre le combat.


"Tu t'obstines à vouloir mourir jeune imbécile ?"
"Ce combat est terminé, chevalier. Tu as perdu... Car de nous deux toi seul désire la mort.."
"..."
"Sans doute espérais tu qu'une connaissance, qu'un proche te fasse ce présent je présume?"


L'ancien maître rangea ses armes sous son épais manteau et tourna les talons. D'une main posée sur le sol il invoqua un monticule d'os et de chairs qui se contortionna pour prendre la forme d'une monture macabre. Puis, une fois en selle il se tourna légèrement vers son ancien écuyer.


"Tu as grandi, paladin. Je suis content que tu portes mon nom. Maintenant, nous pouvons vivre nos vies chacun de notre côté. Le passé est le passé, laissons le aux souvenirs. Je te dis adieu, Paladin, jusquà ce que nous nous croisions sur un champ de bataille ou dans un autre monde."


Mais alors que l'élève désormais reconnu comme égal par son maître achevait ses adieux, quelquechose de tapis dans l'ombre surgit. Plusieurs formes de grande taille jaillirent de la végétation et bondirent sur les deux combattants, tentacules en avant... Une meute de chiens démoniaques chargeait sur eux. Et, non loin derrière se dessinaient les imposantes silhouettes de gardes de la cruauté. La Légion venait de s'inviter dans leurs adieux qui pourraient bien être plus prompts et définitifs que prévus...


"Qu'est ce que ?!"
"La Légion ! Notre combat a du attirer les chiens et quelques autres démons..!"
"Tout cet étalage de magie a du titiller leur soif certes.."


Et, alors que les premières étoiles brillaient dans le ciel, un autre combat encore plus féroce s'annonçait. Mais dans celui-ci, le père et le fils ne se tenaient plus face à face, mais dos à dos, comme jadis... Et en son fort intérieur, le chevalier déchu eut brièvement le sentiment d'être à nouveau vivant, comme avant. Du moins s'il survivait assez longtemps pour savourer cette sentation...
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