La Bataille d'Urfa

La légende des Paladins et des Prophéties oubliées
 
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 La Bataille de Karabor

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MessageSujet: La Bataille de Karabor   Mer 11 Juil - 18:57

Chapitre I : L'offensive Alliée













Vallée d'Ombrelune...





D'épais et noirs nuages recouvrent une terre qui jamais plus ne verra le moindre éclat de soleil percer la voûte ténébreuse du ciel. C'est un territoire funeste et macabre offrant un spectacle plus triste encore que les Maleterres. Le sol cendreux et stérile n'est foulé que par des créatures cruelles dépourvues de pitié. Des montagnes coule un flux de magma verdâtre évoquant aux rares et inconscients voyageurs la magie démoniaque et la peste de non mort qu'on appelle Fléau. Les quelques rares bêtes ayant réussi à s'acclimater au mieux à la région figurent parmi les plus redoutables et terribles prédateurs qu'Outreterre compte. Et pourtant, au sein de cette terre chaotique se dressaient une petite poignée d'édifices. La Horde, comme l'Alliance avait établi des avants postes militaire stratégiques. Les Naarus eux aussi étaient présents en ce lieu par leurs fidèles Draeneis et les différentes factions qui peuplaient Shattrath. Et, plus imposant que tous les avants postes réunis, se tenait le funeste Temple de Karabor, rebaptisé le Temple Noir...


Et dans cette monstrueuse forteresse était captive le dernier espoir pour Azéroth d'être à jamais détruit par la main des dragons et ceux qui dans l'ombre les manipulaient. Mais hélas son ravisseur n'était pas n'importe qui puisqu'il s'agissait du tristement célèbre Traître Kaldorei, Illidan Stormrage. Frère jumeaux de l'archidruide Malfurion Stormrage malheureusement disparu à ce jour et amoureux éconduit de la belle Tyrande Whisperwind, Grande Prêtresse d'Elune. C'est un destin tragique que celui d'Illidan qui le poussa, rongé par son ambition et les murmures de voix sournoises qui à ce jour murmurent au vol noir, à trahir son sang, son peuple. Sa soif incontrôlable et déraisonnable de magie l'attira vers la pente des ténèbres et à de dangereuses alliances. Qui sait aujourd'hui ce qui habite le coeur de cet être si puissant, mais si seul...


Chacun ignore quels motifs ont bien pu pousser son esprit dérangé à enlever Blanche. La famille ? Peu probable, mais qui sait... L'urgence était désormais pour un petit paladin qui avait juré de libérer Blanche de tenir son serment et de l'arracher aux griffes de son oncle, coûte que coûte. La suite de cette quête s'annonçait sanglante et morbide, mais il était trop tard pour reculer, et le temps perdu à se lamenter était à jamais gâché. Alors que son griffon chevauchait aussi vite qu'il le pouvait vers la vallée d'Ombrelune, l'esprit du Paladin se changea en rouages et en calculs. Un germe de plan venait de naître, risqué, osé mais c'était tout ce qu'il avait à présent. Les Sin'doreis n'avaient fait encore une fois que tourner autour du pot et repartir avec leurs mystères. Quelque part, dans les recoins sombres de son esprit qui hélas commençaient à s'étendre, il espérait que si tout venait à être perdu, ils soient les premiers à périr afin d'avoir avant de disparaître un fugace mais doux sentiment de vengeance accompli.


Un jour de vol plus tard et un griffon épuisé, il atterrit enfin au bastion du clan Marteau Hardi d'où il comptait coordonner son plan d'attaque. Une part de lui aurait souhaité recevoir juste avant une réponse de la part du généralissime, favorable ou non mais au moins l'impression d'avoir du soutient, car depuis l'enlèvement de Blanche lui aussi commençait à se sentir désespérément seul... Mais aucun messager ni aucun coursier ne vînt. Après tout il est homme occupé, apprendre à faire défiler ses troupes demande un temps considérable... Alors était venu le temps d'agir, l'inaction étant la pire chose à faire en pareils moments. Il fit ce que sa logique et celles des évènements lui dictèrent. A l'aide de mots savamment choisis il sollicita l'aide des nains et des guerriers présents au Bastion. Il avait avant son départ vers Ombrelune rappelé une partie des forces d'appoint du comté de Darkshire pour prêter main forte à sa stratégie. Il laissa là-bas plusieurs sentinelles de confiance et fait évacuer les populations civiles à risques vers les villes mieux défendues.


Des nains répondirent favorablement à son appel. D'autres se décidèrent quand il employa une part du trésor donné par Mystral pour motiver les hésitants. Il utilisa cet or à regret, prévoyant à la base des projets pour le bourg de Goldshire. Mais il n'y aurait plus de Goldshire ni rien si Blanche n'était pas sauvée... Il dépensa une autre partie du présent de Mystral pour lancer la fabrication d'armes de sièges. Peu à peu les choses se mirent en marche. Au fil du temps, des volontaires venaient se joindre à ce projet fou, aventuriers de passage ou combattants alertés par ceux au courrant du drame en cours. Comme si des quatre coins de l'Alliance et jusque sur Outretere chacun avait enfin pris conscience des enjeux et venait en personne luter pour son propre avenir et celui de tout ce qui vit. Prêtres, hommes d'armes, Druides... Les rangs s'étoffaient petit à petit et avec eux se permettait de germer timidement une lueur d'espoir. Le plan était risqué mais tous l'avaient accepté et chacun venait combattre en son propre chef, pas sur ordre d'un quelconque supérieur. Le premier assaut était imminent, et quand les préparations furent finies et les instructions données, alors la vallée s'embrasa...


Une myriade d'yeux scrutait les horizons dévastés sur les fortifications externes du temple de Karabor. Elfes de sang aveuglés par leur soif de magie servant le Traître mais aussi créatures démoniaques relayées au rang de chien de garde. Quand le premier d'entre eux leva les yeux au ciel, il était déjà trop tard. S'élevant du Bastion une nuée de nains valeureux se dirigeait vers les défenseurs du Temple Noir. Ils firent route en haute altitude dissimulés par les épais nuages de la vallée, attendant le signal des premières troupes au sol pour lancer leur assaut. Quand les premiers groupes arrivèrent à portée de vue des sentinelles, ils lancèrent leur assaut. Cette nuit là, on aurait dit que le ciel vomissait une pluie de griffes et de marteaux sur le funeste édifice. L'alerte fut donnée, mais tardivement, car l'assaut aérien avait commencé.


Mais alors que les gardes tournaient leur attention vers le ciel et les nains qui les harcelaient bravement, plusieurs petits groupes se lancèrent à l'assaut des fortifications. A pied ou largués par leur monture volante, ils attaquèrent simultanément en une multitude de points stratégique que les éclaireurs nains avaient repéré. Sous la surprise et l'étendue de l’attaque, la défense ennemie vacilla et se tourna donc vers ses généraux. Mais c'était précisément ceux là qui étaient en partie visés par l'assaut. Alors que les nains distrayaient et couvraient la progression des troupes au sol, des combattants se détachèrent du lot par paires et se ruèrent sur des cibles précises. L'ennemis, désorganisé, surpris et éparpillé sous la multitude de fronts ne put endiguer cet assaut correctement. Les groupes enfoncèrent les rangs illidaris et massacrèrent les officiers et généraux désignés ainsi que tous ceux qui bloquaient leur passage.
Et, a moyenne altitude, un paladin sur son griffon tâchait de coordonner les groupes et placer les renforts aériens avec un détachement surprenant pour les ennemis massacrés. N'hésitant pas à plonger lui même au coeur des fronts pour aider une compagnie à enfoncer l'ennemi, il fit preuve lui aussi d'une sauvagerie inhabituelle...


Quand les cibles furent abattues, il ordonna un repli pour la seconde partie de l'offensive. Les nains avaient pour rôle d'occuper et distraire les défenses le temps que l'assaut au sol soit mené. Mais devant le petit groupe mené par le paladin se tenaient de monstrueux et terrifiants gardiens mécanique, de métal et de magie conçus. Des obstacles, encore sur leur route. Cette idée provoqua une poussée de rage en lui qui ne refoula pas, tout aide serait nécessaire pour mener la première partie du siège à bien. Le groupe chargea vers la sentinelle funeste, arme et rage brandies. La sentinelle fixa ses assaillants, ces microbes insignifiants qui pourtant l'attaquaient. Pourtant, malgré la fatigue, malgré les blessures aucun ne faillit, aucun ne recula. De ce combat, des autres à venir dépendait le sort de beaucoup. Après un assaut violent ou les lames et les griffes des druides redoublèrent de fureur, la sentinelle tomba.


Aussitôt le groupe chargea à nouveau dans la brèche tandis que les nains faisaient diversion. Mais hélas les lourdes portes noires étaient bien gardées, et une autre sentinelle toute aussi énorme les attendait. Alors, les attaquants renouvelèrent leur assaut, encore et encore. Prêtresse et Druides redoublaient d'efforts pour protéger et soigner le groupe déjà bien fatigué par les précédents combats. Les nains aussi commençaient à montrer des signes de faiblesse ainsi que leurs montures. Mais était-ce l'énergie du désespoir ou de l'espoir, qui sait, ils mirent leur ennemi à terre. Seulement, les lourdes portes du temple étaient bien trop solides pour leur force de frappe. Qu'importe après tout, car ce n'était pas le but de cet assaut. Et ils se replièrent aussi vite qu'ils le pouvaient vers le Bastion...


Hélas, un groupe d'elfe de sang leur bloqua la route, mené par une Kaldorei aux allures de disciple de haut rang. Le petit groupe fut surpris mais réussit à prendre l'avantage. Mieux encore, ils parvinrent à assommer celle qui menait les ennemis et la ficeler pour l'interroger ensuite. Ils espéraient ainsi apprendre de précieuses informations sur le temple et ses failles éventuelles. Chargée comme un sac de marchandises sur l'épaule de Rhonyn, le groupe emmena la captive vers une zone plus sûre. Mais là encore, le destin sembla s'acharner sur leur entreprise. Un nouveau gardien mécanique leur barrait la route... Mais, avec l'aide de quelques nains attaquant sur les parties supérieures et fort de leur expérience sur les deux sentinelles précédentes, le groupe eut sensiblement moins de mal à vaincre leur ennemi. La route semblait enfin dégagée pour une retraite et la brèche causée à l'ennemi était honorable.
Le groupe enfourcha montures et griffons et se réfugia au Bastion le plus rapidement qu'il leur était possible. Et, durant leur voyage de retour, les trous dans la défense du temple furent petit à petit rebouchés, certains généraux remplacés au pied levé. Alors, au coeur du Temple Noir des yeux bandés commençaient peut-être à porter leur attention sur cette menace insignifiante, et alors peut-être, le plan fonctionnerait...


De retour au Bastion, la prisonnière fut mise aux fers après qu'elle fut fouillée et correctement entravée. Avant de l'interroger, le paladin remercia chaque personne présente et les nains pour leur aide. Certains chevaucheurs n'étaient pas rentrés et étaient tombés au combat, en héros anonymes. Mais leurs frères chanteraient longtemps leur bravoure dans leurs récits épiques. Parmi les combattants qui avaient risqué leur vie à ses côtés il y avait quatre guerriers, Rhonyn toujours présent et fiable, Oromis et Jilano ainsi qu'un Kaldorei. Trois druides étaient venus, un dénommé Falcon, dame Ayanis et un troisième mystérieux mais qui avait déjà été d'une grande aide contre le dragon de Darkshire. Il y avait enfin une prêtresse qui eut fort à faire pour protéger le petit groupe parti en commando. Elle s'appelait Aylah.


Et, quand il eut congédié et remercié tout le monde, les ténèbres se massèrent en son esprit. A chaque marche qu'il descendait et qui le rapprochait de la prisonnière son coeur se durcit et devint froid. Des guerriers avaient péri en ce jour à cause d'elle et de ses compagnons défenseurs, alors il était logique qu'elle paye après tout. De plus elle savait peut-être où était Blanche ou comment entrer dans le Temple, alors elle devait parler, oui parler à tout prix, par n'importe quel moyen...
Ce soir là, le bourreau devînt proie, et le sang impie macula les mains de celui qui n'était plus innocent. Quelque part, dans les méandres de l'esprit quelque chose hurla et se rebella, en vain. Demain serait un autre jour, un jour de remords s'il le faut, mais ce qui importait dès lors, c'étaient les réponses...
Quelque chose avait été brisé, et quelque chose d'autre venait de naître de ces ruines. Peut-être qu'un jour ces graines donneraient des fruits, qui pouvait bien savoir...


Demain serait un autre jour oui, un jour sanglant lui aussi à n'en pas douter.
Oui, la guerre est belle et bien une horreur, changeant les coeurs et les hommes à jamais.
Ainsi va la Vie, ainsi va la Guerre...
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MessageSujet: Re: La Bataille de Karabor   Mer 11 Juil - 18:57

Chapitre II : De nouveaux renforts














Bastion du clan Marteau Hardi...







L'obscurité commençait à peine à s'accentuer, comme une nuance superflue de ténèbres au sein d'un territoire ô combien ténébreux. Mais déjà à l'intérieur du bastion, guerriers et ouvriers s'affairaient à terminer les derniers préparatifs de l'offensive. La veille, ils avaient attaqué le temple en de nombreux points et fait tomber quelques têtes parmi les généraux Illidaris. Cette fois ci le plan restait à peu près les mêmes mais allait se dérouler différemment.... Les lourdes machines de guerre commençaient à s’amonceler vers la sortie, prêtes à se rendre devant le temple afin d'y accomplir leur tâche destructrice. Au préalable, un groupe de troupes au sol allait partir en éclaireur et nettoyer le passage avant leur arrivée. Mais une arrivée soudaine interrompit momentanément la mise en oeuvre du plan.


L'émissaire de la Horde avait finalement accepté de rencontrer le paladin afin de coopérer dans cette opération dans le cadre de l'alliance de circonstance entre la Horde et l'Alliance. Après tout, en cas d'échec, aucun des deux ne survivrait. Elle était venue seule, preuve de sa confiance ou peut-être de son inconscience. Déjà le paladin craignait que ses tours et son verbe ne suscitent chez ses compagnons l'envie de rompre la trêve. Il eu d'ailleurs durant l'échange parfois du mal à contenir le groupe qui l'accompagnait... Mais au final les deux camps s'étaient accordés sur l'essentiel et allaient enfin coopérer ensembles. Le petit paladin ne cacha pas un fond de méfiance permanant, car il lui déplaisait de confier Blanche aux mains seules des Sin'dorei, il savait mieux que quiconque ce que pouvait pousser à faire les vieilles rancunes et la Haine.


Mais l'heure n'était pas à la contemplation de son âme maculée de tâches noires. Les ordres retentirent à nouveau, l'alliance se mettait en marche sur le temple. Le groupe au sol partit en premier et massacra toute forme hostile sur son chemin, sans pitié aucune. Il était important que les machines arrivent tout entières sur place. Chaque serviteur d'illidan, chaque abomination réveillait en lui de douloureuses et violentes images qui n'eurent pour effet que de faire naître de nouvelles petites tâches sombres... La route peu à peu fut jonchée de cadavres, certains mutilés d'autres amputés. Le groupe avançait toujours, arme au poing défonçant les rangs ennemis. Les zones mieux gardées tels les ponts et autre rétrécissement ne tinrent pas longtemps face à la furie des combattants. Et, derrière, les machines de siège avançaient toujours, foulant au sol les cadavres encore tièdes des rangs ennemis.


Le petit groupe arriva enfin vers le chemin principal du Temple Noir. Mais là, comme il fallait s'en douter se tenait deux sentinelles mécaniques qui barraient la route. Alors, encore une fois ils chargèrent ces sombres mécaniques. Il leur fallait se hâter car les machines arriveraient bientôt et alors elles seraient vulnérables. Heureusement, les sentinelles furent rapidement mises à terre, définitivement. Les machines arrivèrent peu après et aussitôt commencèrent leur office. Un déluge de feu et de fer s'abattit sur les défenses du temple, brûlant, empalant les défenseurs malchanceux. Des généraux ordonnèrent une riposte brutale sur les machines, mais furent contrés par des chevaucheurs de griffon.


Pendant ce temps, le petit groupe s'était dispersé et était parti par binôme attaquer des points clefs de la défense du temple. De nouveaux généraux furent abattus, mais il y en avait un en particulier qui devait être tué ce soir, au sommet d'une des fortifications. Le paladin s'y rendit le premier, attirant sur lui l'alerte et le gros de la garde ennemie. Mais alors qu'ils pensaient l'encercler et l'achever, plusieurs griffons se posèrent tandis que d'autre virent leur cavalier sauter en marche. De un, ils étaient maintenant sept à charger sur le fief du serviteur d'Illidan. Leur cible se rua sur eux parmi les rares survivants qui composaient sa garde. Mais tous furent massacrés implacablement. Selon les éclaireurs, cet Illidari nommé Varedis, était un des premiers adeptes et supervisait la formation de nouveaux officiers et "chasseurs de démons". Sa perte était sans doute un coup important sur les troupes ennemies en plus de la sape morale que pouvait entraîner la guérilla depuis deux jours.


Les machines commencèrent à se replier, toujours escortées par le petit groupe qui revît une fois Varedis abattu. Par chance encore, il n'y avait pas du de pertes à déclarer dans leurs rangs, les blessures seraient guéries bien assez tôt, du moins celles physiques. Car ces boucheries et cette guerre risquaient fort de changer radicalement la vie de ceux qui y combattent, et modeler leur âme, peut-être à jamais... Les blessures de l'esprit elles, sont longues à cicatriser, on dit même qu'elles ne se referment jamais... Qui sait ce que deviendraient les tâches sombres qui gangrènent l'âme d'un paladin épuisé et meurtri, qui sait hélas....
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MessageSujet: Re: La Bataille de Karabor   Mer 11 Juil - 18:58

Chapitre III : Epilogue













Bastion des Marteaux-Hardis...






C'était bientôt l'heure fatidique, le moment où tous les efforts, tous les sacrifices seraient soit vains, soit justifiés. Bientôt, il saurait si son âme serait définitivement souillée ou si le pardon était encore possible. L'assaut final serait lancé sur Karabor, emportant avec les hommes les dernières chances de ramener Blanche. Mais alors que les ordres continuaient d'êtres lancés et que les hommes courraient finir de se préparer, un prisonnier fut amené devant le petit groupe mené par le paladin. Un messager visiblement qui avait été capturé par les derniers éclaireurs nains avant leur retour au bastion. Peut-être avait-il de précieuses informations...


Alors, le regard voilé par un linceul de ténèbres, le paladin interrogea le prisonnier. Seulement cette fois-ci, il ne prit même pas la peine de dissimuler le spectacle à ses compagnons. Il n'y avait pas de temps à perdre, et sa patience ainsi que sa clémence avaient été depuis longtemps épuisées. Un premier coup de sommation fut rapidement porté, sans hésitation ni remords sur le messager. Quelques gouttes de sang de l'elfe maculèrent le sol cendreux, dans l'indifférence totale. Une part du paladin aurait souhaité que l'assemblée l'arrête, l'interpelle ou l'empêche de continuer vers l'inévitable. Mais pas un mot, pas une objection ne fut murmurée...


Les réponses aux questions ne venaient qu'à l'aide de coups et de douleurs infligées. Et le paladin avait soif de réponses... Et le sourire de l'elfe lui en rappelait un autre qui l'énervait au plus haut point. Il avait été mandaté de la terasse Ata'mal et portait un message à Illidan en personne. Mais quand ses bourreaux voulurent apprendre ce que contenait ce message, l'elfe prisonnier tenta dans un geste désespéré de brûler le message qu'il portait. Le coup partit avant même que les vestiges de sa conscience n'en voient l'idée. Le paladin frappa violemment l'elfe et se hâta d'éteindre au mieux les flammes qui consumaient le bout de papier. Mais malgré ses efforts, il ne resta pas grand chose du texte qui en plus était écrit dans une langue inconnue. De rage et de frustration, il frappa l'elfe à terre dans les côtes.


Et tandis qu'il cherchait une personne présente pouvant déchiffrer les quelques mots inscrits, l'elfe mourut de ses blessures, sans que personne ne proteste, sans que personne ne le pleure. Finalement, un druide, Ayanis, parvînt à déchiffrer la fin du message, et ce qu'elle révéla glaça le sang du Paladin. Comme si ses pires craintes étaient réalisées comme si le sort continuait de s'acharner sur leur entreprise et le destin du monde. Le message était signé de Blanche elle même, accompagné d'une formule de politesse envers son oncle. Peut-être était-ce anodin, ou peut-être pas... Les mots de l'émissaire lui revinrent à l'esprit et toute les conséquences que cela entraînait si Blanche avait rejoint Illidan...


C'est à ce moment là qu'elle apparut. Peut-être n'était-ce pas plus mal, car la tempête d'émotions et de questions qui l'assaillait pu lui faire donner l'ordre de se mettre en marche sans plus tarder, et sans attendre le groupe "Eclipse". En effet, la lettre était lourde de symboles et de sous entendus, mais surtout elle indiquait où était Blanche et révélait qu'Illidan n'était pas à ses côtés pour l'instant. Le temps, une fois de plus jouait contre les armées mortelles. Il en informa rapidement l'émissaire de la horde et ils décidèrent de partir en éclaireurs vérifier cette information le temps que les troupes au sol ne les rejoignent. Mais hélas, quand ils arrivèrent à proximité de la terrasse, un déluge de flèches poussa le petit groupe à rebrousser chemin tant bien que mal. Dans la surprise, l'émissaire atterrit en catastrophe, sa monture gravement blessée.


Alors que les gros des troupes étaient à la lisière du temple et commençait à abattre ses défenses, le paladin accompagné d'Hudrik fut lui aussi obligé d'atterrir promptement. Il alla aussitôt rejoindre la position de l'émissaire protégée par quelques alliés à elle. Elle était saine et sauve, et étrangement il en fut soulagé. Mais le temps n'était pas à la contemplation de ce paradoxe. Ensembles, côtes à côtes, ils chargèrent les rangs des serviteurs du traître pour se frayer un chemin sanglant vers le sommet de la tour, vers Blanche. Et, à chaque marche gagnée, un curieux sentiment envahissait le paladin. Un mélange impalpable, indistinct de doutes, de honte et de craintes face à une certitude qui se faisait malgré tous ses efforts pour la refouler plus limpide au faire et à mesure...


Les défenses étaient nombreuses, mais l'alliance des paladins de la horde et de l'alliance se révéla d'une étonnante efficacité. Malgré leurs différences de styles, leurs manières de combattre s'avérèrent complémentaires, et au final payantes. Combinée aux crocs d'Ayanis qui les accompagnait et les armes d'un réprouvé lourdement protégé ils parvinrent à enfoncer les rangs ennemis qui n'avaient pas le temps de se refermer avant que les renforts ne soient sur eux. Cependant, la progression du groupe de tête fut nettement stoppée lorsqu'un invité imprévu leur barra la route. Un dragon, mais pas n'importe lequel se tenait devant eux, un dragon que le paladin et Hudrik connaissaient bien pour l'avoir affronté dans les bois de la pénombre...


Que faisait-il ici ? Illidan n'était pas allié aux dragons qui ravageaient Azéroth, il avait même enlevé Blanche à ses ravisseurs draconiques. Peu importait après tout, il représentait un obstacle sur leur route. Mais un obstacle de taille qui avait balayé toute l'offensive lâchée sur lui. Le gros des troupes arriva enfin, et avec lui peut-être une chance. En parallèle, Ayanis put être assez proche pour sentir la présence de Blanche. Echouer si près du but...alors qu'il n'y aurait jamais plus d'autre chance. Non, c'était impensable, pas après tous ces sacrifices. L'émissaire saisit sa chance et proposa que les troupes de l'alliance s'occupent du dragon pendant qu'elle irait parler à Blanche. Mais ça, il le refusait catégoriquement. Sans doute n'avait-il jamais eu confiance en elle, sentant derrière les sourires et les manières surjouées des motivations cachées ou non avouée. Comme une part sombre sous jacente cachée aux yeux du monde, une part qu'il commençait à hélas bien connaître. Mais vaniteusement s'il ne se sentait plus un aussi digne défenseur de la Lumière qu'il ne l'était auparavant, jamais il n'avait senti ces idéaux chez ces paladins et chez elle. Alors comment faire confiance quand on ne se fait pas confiance à soi...


Mais surtout, il ne voulait pas que d'autres de ses camarades souffrent. Le dragon était trop fort, même une armée n'en serait pas venue à bout. Alors se disait-il, pourquoi gâcher plusieurs vies quand une seule suffit. Ce qu'il envisageait désormais et qui n'avait cessé de devenir plus limpide à chaque ennemi abattu figurait parmis les premières leçons qu'on enseigne aux jeunes paladins. Le sacrifice, le don de soi... Pas pour la gloire ça non il l'aurait laissé volontiers aux Sin'dorei toujours avides, et surtout à ses compagnons. Non, il se moquait qu'on retienne de lui ce passage ou qu'on chante d'éventuelles louanges. C'était un acte insensé, il le savait. Mais il l'avait accepté, et pour la première fois depuis bien longtemps, peut-être depuis les premiers incidents de cette affaire, il semblait en paix et en accord avec ses actes. Peut-être y voyait-il une rédemption pour ses pêchés récents et passés... Qui sait...


Alors il s'avança, seul. Et le Dragon chargea, comme la fois précédente. Il aurait pu ou dû trouver une autre solution sans doute. Mais c'était la seule qui lui semblait meilleure. Il avait déjà affronté ce dragon, et il espérait que cette expérience - bien que douloureuse - lui soit utile. De plus en évitant aux autres de combattre la bête peut-être épargnerait-il quelques vies de plus, et bien qu'elle ne sembla pas l'accepter, l'Emissaire aurait eu besoin d'aide pour repartir avec Blanche. Alors qu'il reculait pour éviter les premières charges du dragon, il ordonna aux autres d'aller récupérer Blanche. Ce qu'il cria par la suite fut noyé sous les rugissements du Béhémoth. Déjà il n'était plus à portée de voix du groupe et reculait encore pour éviter de finir broyé sous un coup de griffes. Hélas, il commit l'erreur de trop reculer et fut aussitôt à portée du souffle du dragon. Il n'eut d'autre choix que de plonger en avant afin de passer sous la gerbe de flammes vertes qui faillit le consumer.


Le béhémoth rua violemment et manqua d'écraser le paladin qui zigzaguait entre ses pattes pour sortir de ce piège. C'est alors qu'un violent coup de queue le projeta en contrebas. La chute et l'impact furent terribles et il dut sûrement sa survie à une bonne dose de chance ainsi qu'à la robustesse de son armure. Mais déjà le dragon descendait vers sa proie. Un puissant coup de griffe manqua d'empaler le paladin dans le sol à tout jamais. Se rétablissant in extremis sur ses appuis il s'élança le plus loin possible de la terrasse afin de faire gagner le plus de temps possible à ses compagnons. Hélas, plusieurs orcs corrompus se mirent sur sa route afin de le bloquer. S'il ralentissait, tout était perdu. Alors, bouclier en avant il chargea avec ce qui lui restait d'énergie. Profitant de son élan et de sa masse, il put renverser le premier ennemi qui lui barrait la route sans perdre trop de vitesse. Mais à terme, il finirait par être ralenti et rattrapé, et condamné....


Durant sa folle course, il ignorait ce qui se passait sur l'autel de la terrasse. Blanche les avait-elle rejoint ? Etaient-ils sains et saufs ? Ces derniers doutes étaient pires que le sort qui l'attendait sous forme de griffes et de crocs. Soudain, il aperçut entre deux fortifications un goulot d'étranglement taillé dans les murs même du temple. De là, il aurait peut-être de meilleures chances d'occuper son adversaire. Peut-être même arriverait-il à le coincer et à renverser la situation. Ses espoirs furent cependant bien éphémères car la bête frappa juste avant qu’il n’atteigne son refuge de fortune. Un coup terrible qui le projeta bien plus vite que prévu au fond du goulot d’étranglement. Hélas, s’il était désormais hors de portée de la bête, il n’était plus en état de combattre ni de la retenir d’avantage… Et le pire à nouveau se produisit, le dragon s’en retourna au sommet de la terrasse. Le paladin, peu avant qu’il ne perde conscience ignorait encore si ses compagnons avaient pu extirper Blanche de cet endroit ou bien s’ils y étaient encore. La culpabilité et l’angoisse le rongèrent fugacement, peu avant que son esprit ne sombre…


Les ténèbres étaient douces et confortables. Il s’y sentait étrangement à l’aise, dans ce duvet d’illusions et de faux semblant, ces recoins obscurs où son esprit oubliait qu’il avait échoué à retenir le dragon. Mais là encore, le repos lui était inaccessible. Une voix rauque l’extirpait à ses chimères. Quand il ouvrit les yeux le paladin découvrit devant lui une curieuse assemblée. Rhonyn se tenait là, accompagné de deux druides. Ils étaient revenus le chercher, mais… Que s’était-il passé ? Blanche était-elle sauve ? C’était ce qui importait le plus, et furent ses premiers mots. Il apprit qu’elle était sauve, à Darnassus parmi les siens. Soulagement ou épuisement ? Il faillit retomber dans les ténèbres sans l’intervention musclée de Rhonyn. Alors, le petit groupe fit demi tour, chargeant le corps meurtri du paladin sur l’un des leurs…


Goldshire… Ce bourg sans prétention lui avait terriblement manqué. Durant la dernière guerre contre la légion, il avait perdu ce qui restait de sa famille et aussi sa patrie dans ce qui est aujourd’hui devenu les Maleterres. Le Manoir Delmeth avait été détruit et les verts pâturages jadis fertiles n’étaient que cendres où déambulaient goules et abominations. Même son maître, son seigneur, avait péri ne lui laissant que pour héritage son amitié et son nom. Goldshire était devenu depuis sa maison, et il chérissait ces terres comme celles où il avait grandi jadis. Le bourg avait souffert des combats contre les dragons, et il y avait fort à faire pour lui redonner la prospérité d’avant. Mais c’étaient là des travaux qui semblaient mieux lui plaire que la diplomatie ou la guerre. Le paladin était un homme de terre, et ses enseignements ne gommèrent jamais totalement l’héritage de sa vraie famille, ses vraies origines. Blanche était sauve, et si le généralissime lui accordait quelque repos et prenait la suite des opérations en main, alors il pourrait s’occuper de ce bourg qu’il chérit tant.


Une petite silhouette trapue l’arracha à ses rêveries. Hudrik se tenait devant lui désormais. La boule de nerf qui l’avait si précieusement épaulé durant cette quête éprouvante lui sauta presque au cou, de joie. Surpris et habitué à son caractère bourru, le paladin grimaça toutefois sous l’étreinte du nain qui serrait sur ses blessures. Il y avait donc des trésors cachés sous cette barbe épaisse et ce caractère corrosif. Les deux compagnons d’armes discutèrent un moment et durant cet échange, il n’y eut plus de maître ou d’élève, mais juste deux amis. Et à un ami fidèle, le paladin confia ses états d’âmes… Cette bataille, cette quête n’avait pas été éprouvante que pour le corps. Les blessures physiques se guérissent avec le temps. Par contre celles morales… Il était conscient de ces tâches sombres qui souillaient son âme et son esprit. A plusieurs reprises, il avait mal agi et pire encore n’en avait pas ressenti de culpabilité. Mais le temps des remords et de la honte était venu désormais. Et tant mieux quelque part, car qui sait où cela l’aurait mené sinon…


Sa convalescence ne pouvait mieux tomber après tout. Il aurait besoin de temps pour méditer et réfléchir sur ses actes. Etait-il digne de son rang encore ? Etait-il digne du nom qui était sien désormais… Autant de questions et de doutes aussi tranchants que du verre dans la chair, auxquels il serait tôt ou tard obligé de faire face. Peut-être était-ce la fatigue, le manque de repos et l’inquiétude croissante pour Blanche. Peut-être pas. Désormais, la Horde et l’Alliance devaient former leurs druides à voyager dans le rêve Emeraude, du moins c’est ce que Mystral avait dit. Mystral… des semaines sans réponse de sa part et toujours ce dragon qui menaçait les bois de la pénombre. Les dragons avaient-ils abandonné les races mortelles ? Il tâta sa poitrine ou était tatoué le symbole de la Volée Rouge. En était-il encore digne à ce jour...


L'avenir le dirait bien assez tôt...
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