La Bataille d'Urfa

La légende des Paladins et des Prophéties oubliées
 
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 Les Sentiers de la Spiritualité..

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MessageSujet: Les Sentiers de la Spiritualité..   Mer 11 Juil - 19:04

Cité de Giran...



Une bougie éclairait la modeste chambre louée dans l'auberge, faisant danser les ombres sur les murs déjà usés. Et, allongé aux côtés d'une silhouette féminine endormie, un humain étudiait un ouvrage. De temps en temps sa concentration vacillait et il s'attardait à contempler le corps nu qui sommeillait tout près de lui. Les ombres dansantes soulignaient à la perfection le galbe de sa croupe, ainsi que les creux et les courbes... Il repensa alors à cette mission et à ce qui l'avait conduit sur ce chemin.


Il avait été recruté dans la taverne de Dion, cette riche voyageuse cherchait là-bas une escorte pour rentrer à Giran. En bon mercenaire il avait accepté cette tâche après avoir négocié ses honoraires. La bonne surprise sur cette mission qui s'annoncçait simple à la base était la "solitude" qui accompagnait cette cliente. Marié à un seigneur acaparé par les jeux de la guerre et de la Cours, la compagnie des hommes lui paraissait lointaine désormais. Et visiblement celle de ces gens l'avait probablement déjà lassée. Cependant celle d'un homme d'arme lui paraissait bien à son goùt... Ce qu'elle n'avait sans doute pas escompté, c'est que si le mercenaire avait accepté, il lui avait demandé une rallonge sur ses honoraires durant le temps de la mission.


C'est ainsi que chaque nuit, le mercenaire rejoignait la couche de sa cliente afin de combler ses envies. Ce n'était pas la première fois qu'il monnayait ses "services" dans ce domaine, bien au contraire. Une part de lui s'amusait à constater le nombre de femmes esseulées qui peuplaient les cités comme les campagnes. Plus d'une fois il avait monnayé le gîte et le couvert par ce procédé jugé dégradant. Mais au final ses objectifs était atteints et il se plaisait à crorie que chacun y trouvait son bonheur, aussi bref soit-il. D'un geste presque tendre, il remonta la couverture et cacha la chute de rein de sa cliente qui ne cessait d'attirer son regard et ses pensées...


Après un bref soupire il reprit sa lecture. L'ouvrage était complexe mais captivant. En effet depuis toutes ces années où il avait tourné le dos à ses anciens enseignements à Gludin il avait erré de territoires en territoires, de missions en missions, sans but autre que survivre. Il était ainsi devenu mercenaire, homme d'arme.. et gigolo. Jusqu'au jour où il perdit un contrat à cause d'une guerrier plus humble que lui. Ce dernier accepta la mission gratuitement. C'était là de la concurence déloyale et il avait à coeur de tancer cet escroc par pur vengeance. C'est là qu'il apprit sur le tas une cuisante leçon. Son adversaire n'était pas un soulard malgré l'humilité qui se dégageait de lui. Car c'était l'un des rares chevaliers à être devenu Paladin.


Pris au dépourvu pour avoir considérablement sous estimé son adversaire, il essuya une cuisante défaite. Mais, alors qu'il s'attendait à être achevé, l'individus pansa ses plaies et lui donna un livre en guise de leçon. Peut-être ce dernier avait-il été capable de voir au delà de l'amertume du mercenaire le vide qui meublait sa vie, aucun but, aucune cause. Et depuis ce jour, il ne cessait d'étudier cet ouvrage, toujours plus avide de combler ce néant dans son existence. Pour la première fois depuis cette époque lointaine où il avait rejoint les chevaliers de Gludin, il avait un but..


"Encore en train d'étudier ces fables pour enfants..?" dit une voix suave à côté.


Sa cliente s'étira tel un félin, faisant glisser les couvertures et révélant à l'oeil la chair nue et ferme. Elle vînt aussitôt se blottir contre lui en ronronnant. Sa peau douce et chaude perturba la concentration du mercenaire lorsqu'elle commença à le frôler avec de claires intentions à l'esprit. Mais s'il était à la base un homme comme les autres, la remarque sarcastique de sa cliente l'avait agacé et il négocia sur l'oreiller une nouvelle rallonge en guise de représailles avant de céder à ses avances. Une fois l'argent versé, il lui fit l'amour, mais sans passion ni fougue.
Demain matin son contrat était terminé, et les missions ainsi que les femmes esseulées ne manquaient pas, certaines seraient sans doute de meilleure compagnie..
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MessageSujet: Re: Les Sentiers de la Spiritualité..   Mer 11 Juil - 19:04

Giran..



Alors que marchands, voleurs et aventuriers commerçaient, riaient ou s'écharpaient dans une ruelle sombre une silhouette en bas des marches fixait le temple d'Einhasaad. De temps en temps, un rire, un cri ou un bruit extirpait l'humain à ses pensées pour quelques fugaces moments. Jamais les quelques marches face à lui ne lui avaient semblé si hautes, pas depuis ce temps lointain où il servait à Gludin.





Gludin, quelques années plus tôt..



En rangs et au pas de course !



La voix du chevalier Vasper claqua comme le tonnerre dans la paisible cité portuaire de Gludin. Aussitôt une nuée de jeunes hommes en armure sortit de la caserne précipitamment qui se positionnèrent dans un alignement presque parfait. Le vieux chevalier passa en revue les recrues d’un œil sévère et attentif. Ceux montrant quelques signes de négligence quand à leur posture ou leur tenue étaient copieusement houspillés. Puis, après quelques sermons, il divisa comme à son habitude les recrues en petits groupes pour partir en mission ou pour un entraînement particulier. Seulement, ce jour là, tout était différent…


Le temps de l’entraînement et de l’apprentissage était révolu. Les toutes jeunes recrues étaient à présent des Chevaliers, avec les devoirs qui vont de paire. Car Gludin, fort de sa nouvelle force armée que constituaient ces nouveaux chevaliers, comptait profiter de cette chance pour attaquer un de ses voisins, Dion. Les motivations de la ville, camouflées sous un épais discours de propagande du chevalier Vasper étaient toutefois palpables. Certains furent choqués, d’autres résignés. Et un seul se rebella…


« Attendez ! Ce n’est pas possible ! Dion est notre voisin, un ami ! »

« Jeune Chevalier Khan ! Fermez-la avant que je vous radie de l’ordre ! Cette décision vient de votre suzerain ! » rétorqua le chevalier Vasper.

« Vous nous avez appris qu’un chevalier doit être loyal à son seigneur ! Mais qu’il doit protéger aussi le peuple et toute personne dans le besoin ! Que faîtes vous de tout cela ? Il y a des innocents là bas ! D’autres chevaliers qui eux aussi combattent pour le bien de leur ville !! Nous…nous ne sommes pas des pions ! » s’insurgea le jeune chevalier nommé précédemment.

« Khan Delmeth ! Je te renie de l’ordre de la chevalerie de Gludin ! Quitte cette ville sur le champ où tu seras abattu pour traîtrise ! » gronda le vieux chevalier.



« Je préfère quitter moi-même un ordre qui ment à ses recrues et à soi-même que de devenir un pion ou un simple soldat ! Jamais je ne servirai aveuglement un seigneur comme celui-ci qui fait passer ses intérêts avant celui des autres ! Et vous, mes amis ? Mais rebellez vous ! Vous voulez participer à ce carnage ? Renier en quelques instants tout ce que nous avons appris ensembles par la sueur et le sang ?! C’est ça pour vous, le sens de la chevalerie ?! » s’exclama t-il.


Mais alors qu’il cherchait dans le regard de ses anciens amis une lueur d’approbation, il ne vit que des visages fermés ou des regards fuyants. Le vieux tyran s’en ragaillardit et sonna l’ordre aux recrues restantes de dégainer leurs armes afin de chasser ce rebelle qui commençait à attirer l’attention. Sans doute craignait-il que ses mots ne touchent quelques autres personnes moins promptes à obéir aveuglement à ses ordres. Le jeune rebelle quand à lui avait le cœur transpercé de voir des frères d’armes, des amis brandir le glaive contre lui. Ils avaient tant vécu tous ensembles, tant souffert et tant partagé. C’était comme si votre propre frère vous poignardait dans le dos. Ce fut le coup de grâce, après la terrible désillusion sur le rôle qu’on voulait lui conférer, celui de simple pion. Tous ces mensonges, toutes ces traîtrises..


C’est à ce moment là que quelque chose en lui se brisa pour toujours. Les rêves, les espoirs et la candeur furent violemment amputés et jetés en pâture au torrent d’amertume, de cynisme et de colère qui prit son dû… Le jeune chevalier plein d’espoirs et de valeurs était mort ce jour là. A la place était née une coquille amère et bourrue autour de ce qui restait de bon en lui. On ne choisit pas la façon dont on se protège… C’est à ce moment, lorsqu’il quitta Gludin sans se retourner sur ceux qu’il considérait comme des pantins et des traîtres, qu’il commença sa vie de chevalier errant, de mercenaire. Il préférait choisir désormais pour qui il se battrait, plutôt que servir aveuglément des despotes ou des monstres. S’il abandonnait l’honneur dû à son rang par cette voie, il y retrouvait cependant sa liberté… Peut-être aurait-il la chance durant ses errances de trouver une personne, ou une cause qui réveillerait en lui ce désir ardent qui le consumait pendant sa jeunesse, il l’espérait au fond de lui, caché sous cette armure d’amertume…
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MessageSujet: Re: Les Sentiers de la Spiritualité..   Mer 11 Juil - 19:04

Cité de Gludio...





Parfois, quand le soleil est sur le point de mourir au fin fond de l'horizon, l'esprit s'égare et l'on rêve. Le temps, le passé ou le présent s'effacent et on sombre peu à peu dans les ténèbres confortables de nos chimères. Alors on voit le monde tel qu'on le désire au fond de soi, une terre modelée par les rêves et les passions. Beaucoup à travers les âges ont souhaité s'y perdre pour toujours, d'autres ont tenté de réaliser ces propheties oniriques à leurs dépends.

Citation :
Parfois on rêve.
Et quand l'aube tarde, alors que le sommeil flotte derrière nos paupières, on espère..

On croit en l'harmonie, on la voit vaincre.
Nos peurs, nos doutes, nos haines.
Et puis..

Le matin vient..
Et on ouvre les yeux...







"On rêvasse, mercenaire ?"

Le rêveur sentit brutalement la réalité revenir à lui, et instinctivement, il repoussa cette sensation, en vain. Un homme se tenait face à lui. Celui qui lui avait donné une cuisante leçon il y a peu et qui lui avait donné cet ouvrage parlant de Foi et de Vertue. Un vrai Paladin. Entre respect et agressivité il salua cet homme avec une pointe de méfiance. Le livre qui lui avait donné avait attisé sa curiosité et sa quête mais il avait soulevé d'autres interrogations et deceptions.

"Que cherches tu, paladin ?" demanda Khan.

"La même chose que toi, paladin. " répondit le vieil homme en souriant.

"Je ne suis pas Paladin, moi. Juste un mercenaire." rétorqua t-il avec animosité.

"Pas encore. Le chemin est long il est vrai, surtout pour un chevalier renégat exilé de Gludin." déclara le paladin avec ironie.


La remarque singlante et surtout l'allusion à Gludin provoqua la colère de l'impulsif mercenaire qui se leva aussitôt, arme au poing. Paladin ou non, cet homme avait dépassé les limites de la patience déjà courte de Khan. Et il allait en payer le prix.


"Mhh.. Fier, insoumis et rebelle. Que de bonnes qualités pour un futur paladin."

"Quoi ?!" s'exclama Khan, désarçonné par cette remarque qui semblait sincère.

"Tu devrais le savoir pourtant si tu as lu ce livre. Les paladins ne sont pas exempts non plus de fanatiques et d'extremistes, comme partout. Certains sont allés massacrer des peuples parce qu'il est écrit dans les livres Saints que tel ou tel peuple est mauvais. Alors il obéissent sans remords et se comportent comme ce qu'ils ont juré de combattre."


Il y avait de la mélancolie dans les paroles de ce vieux paladin. Quelque chose qui toucha le chevalier renégat, une douleur ancienne, et commune. Peut-être cet homme avait connu le même destin que lui, vu ses paroles. Khan se reconnut quelques instants dans cet homme qui avait la courage de défendre ses opinions et sa liberté d'âme. Mais il fut déçu d'apprendre que même parmi ces hommes qualifiés de vertueux, le fanatisme et l'asservissement existait...


"J'ai lu..en effet certains passages parlant de guerres "saintes" de génocides soit disant pour le bien de tous..." dit-il.

"Et qu'en penses-tu ? demanda le vieux paladin interessé.

"Je cherche un but, une voie dans ma vie décousue. Mais.. Plutôt crever que servir docilement des principes qui me font vomir de dégoût, quit à être encore renié et exilé. Au point ou j'en suis. Si c'est ça être Paladin, je préfère vivre et mourir libre comme une raclure de mercenaire et de chevalier errant."


Le vieux paladin sourit dans sa barbe. Il posa une main sur l'épaule du jeune rebelle et s'apprêta à lui adresser quelques mots quand il fut coupé.


"En fait, je serai paladin un jour. Mais pas comme eux. Si les dieux sont pas fichus d'apporter un peu de réconfort et prônent la guerre et le massacre, qu'ils restent là haut et nous foutent la paix. Les gens ont pas besoin de ça en plus pour s'etriper. Non..je serai Paladin à ma façon, et si je ne trouve pas d'espoirs et d'idéaux dans les voies sacrées, et ben je placerai mes espoirs dans les êtres vivants. J'ai pas besion d'être aimé d'un dieu pour suivre ma voie..."

"... Si on m'avait dit que je verrai ça de mon vivant, je ne l'aurais pas cru." dit le vieux paladin amusé et ému. "Redresse toi et mets genou à terre, Khan."


Ce dernier s'exécuta, méfiant. Mais le vieil homme posa doucement son épée sur ses épaules puis sa tête dans des gestes précis et solennels. Quand il eut fini, il regarda l'ancien mercenaire et lui dit :

"Chevalier Khan Delmeth. Que ton insolence et ton esprit rebelle ne te quittent jamais et te permettent de rester à jamais un être libre de ses choix. Aujourd'hui, ce soleil couchant m'en est témoin, je te reconnais comme Paladin. Un Paladin libre au service de la Vie et d'autrui, non enchaîné par les principes de fanatiques religieux. Puisses-tu désormais trouver ta place en ce monde. Les bonnes manières cela viendra peut-être plus tard.." *rit doucement*

"C'est trop d'honneur et de cérémonie pour un simple homme. Mais je te remercie de ta confiance. Maintenant je sais à peu près où j'ai envie d'aller dans ce monde, je tâcherai d'y parvenir. Mais je suis pas un paladin je crois encore." répondit Khan.

"Ca viendra avec le temps. Tu en as déjà l'humilité. La sagesse ça viendra surement pas tout de suite avec toi, mais le reste ne tardera pas j'espère."


Pour toute réponse, Khan tourna les talons après un fugace signe de la main. Il repartit sous un ciel étoilé poursuivre sa route, des questions et des rêves plein l'esprit. Mais pour la première fois depuis longtemps, il se sentait un peu plus apaisé, il avait un but dans sa vie.
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MessageSujet: Re: Les Sentiers de la Spiritualité..   Mer 11 Juil - 19:04

Schuttgart...




La forteresse était à nouveau assiégée par son plus vieil ennemi, le froid. Mais, dans cette cité martiale où les cris et les ordres résonnaient s'élevaient plusieurs colonnes de fumée. Forges frénétiques et foyers chaleureux constituaient aussi le lot de la ville et son quotidien. Et un nouveau foyer avait vu le jour au sein de Schuttgart, une petite communauté avait enfin trouvé asile. Il leur avait fallu traverser maintes épreuves pour en arriver jusqu’ici. Bien des efforts, du sang et des larmes avaient été nécessaires. Et au final, l'acharnement de la jeune Elfe Noire et sa dévotion avaient finis par porter leurs fruits. Ils avaient un foyer. Ces gens s'étaient regroupés sous le nom de Legacy, une petite communauté soudée et agitée par de constantes querelles et chamailleries internes. Les pics et remarques acerbes de ces improbables compagnons animèrent quelques temps les rues et places de Giran, avant de résonner dans leur demeure dans la forteresse d'Elmore où la nuit tombait déjà. Alors, blottit contre celle qui était désormais sa compagne, celui qui faisait l'objet d'une nouvelle Prophétie laissait errer ses pensées...



Citation :
Elle dort.
Malgré ses origines, on dirait une figure angélique, comme quoi...
Qui aurait cru ça ? Jamais je n'ai connu une femme si chiante et irritante, et pourtant petit à petit on s'est rapprochés. Sans doute était-ce cela, ou bien on se serait entretués...

J'ai du mal à comprendre.
Elle est belle, oui. Mais naïve, inexpérimentée et chiante. Pourtant j'ai pas envie de lui faire du mal, je n'ai pas touché une autre femme depuis. Est-ce que je deviens finalement quelqu'un de "bien" ..? Quelque part, c'est effrayant
..



Un cri à l'extérieur l'extirpa de ses pensées. Les terres orcs n'étaient pas loin et ces fiers combattants sont toujours prompts à hurler leurs plus féroces cris de guerre avant de se lancer dans de brutales et violentes joutes. Car Paa'grio n'a toujours reconnu que les plus forts... D'un geste presque tendre, il recouvrit le corps de sa concubine et sortit de leur couche afin de marcher un peu. Tôt le lendemain, ils auraient à affronter de puissants ennemis. Mais de ces combats ils tireraient gloire, richesse, et alliés solides. En effet ils n'étaient plus totalement seuls, d'autres personnes à l'alignement similaire leur avait proposé un pacte d'entraide. Cet accord leur assurait mutuellement sécurité et ils l'espéraient tous, prospérité. Oui la vie du petit groupe avait connu rapidement une grande agitation, provoquant souvenirs et réminiscences chez l'amant insomniaque...



Citation :
Tout est allé si vite..
De nouveaux amis, suivis de nouveaux ennemis. Même mon sarcasme et mon ironie se retrouvent désarmés face à la bêtise et la cruauté des espèces de ce monde. De voir ces êtres sans une étincelle de bon sens et de respect pour la vie tout détruire attise en moi un feu que je croyais longtemps perdu. C'est un peu cher payé pour dire que cela fait un mal pour un bien tout de même... Mais aussi ignoble que ça soit, je le pense au fond..
C'est triste de voir ce que devient ce monde. Où que j'aille les gens se battent. La religion, le pouvoir, l'intolérance. Enfin ça dans le meilleur des cas. Certains tuent sans autres motif autre que la folie ou une pulsion traversant leur esprit tordu... Comment en est-on arrivés là..?
Et moi je contemple ce monde au bord de la ruine, ses dangers antiques sur le point de le dévaster, et je ne sais pas quoi faire. Et..est-ce que je peux y faire quelque chose ..?



Une légère brise passa à travers la chambre, et aussitôt un murmure lui fit écho. Tel un félin, Serenade frémit de la fraîcheur et se lova dans les couvertures. Il la regarda, belle et assoupie, sa farouche guerrière, têtue et irritante au possible. Mais cette vision d'un tendre érotisme provoqua une douce chaleur en lui, effrayante au départ puis enivrante. Comme une mélodie tentatrice sur laquelle il se serait laissé dériver jusqu'à la fin des temps. Il regagna le lit et sourit lorsque sa compagne vient à lui, toujours endormie. Si belle, et si fragile...



Citation :
Un vrai Paladin se bougerait..
Il irait par monts et marées combattre l'injustice et la misère, les bouchers et les démons. Mais je ne suis pas l'un d'eux. Car j'ai refusé. J'ai refusé de croire, croire aveuglement et sans borne à quelque chose que je ne vois pas, quelque chose que je ne vénère pas, quelque chose qui à mes yeux laisse faire toute cette misère. Peut-être que le vieux chevalier Vasper avait raison. Que je suis un rebelle, un insoumis. Peut-être, et tant mieux..
J'ai refusé d'être un pion, une marionnette qu'on agite sous couvert de la Foi pour commettre des atrocités. Quoi qu'on dise, quoi que ces hommes aient écrit dans leurs livres saints, nul Dieu n'a le droit de dicter ma vie, car je crois que chacun est libre juge de ses choix et de ses actes. J'aimerais tant qu'Elle le comprenne. Peut-être cela apaiserait-il ses vieilles blessures sur sa race. Alors, elle se verrait telle que je la vois.
.



Et l'aube se présenta déjà à travers les rideaux épais. Bientôt tous se mettraient en marche pour combattre, et peut-être revenir victorieux. Mais rien n'a jamais été écrit à l'avance durant les batailles, jamais. Car la Mort toujours est retors et avide d'accueillir de nouvelles âmes..



Citation :
Je ne puis sauver le monde dans l'état tel qu'il est, ni protéger tout le monde.
Mais si toi, belle endormie je peux au moins veiller sur toi, alors ma quête ne sera pas vaine. A toi qui dort, ma douce, je te promets d'être fidèle et loyal aussi longtemps que cette étincelle ressuscitée il y a peu continuera de brûler, vive et insolente, au fond de moi, ainsi je ne te ferai pas souffrir.
Je repense à ceux qui te montraient tant de loyauté, ces amis qui s'inclinaient devant toi et te paraient de titres pompeux. Pourtant ceux-là t'ont trahi les premiers et tu en as souffert, même si jamais tu n'en parles.
Sache que, toi qui ne peux m'entendre, jamais je ne te ferai pareil offense. L'aube m'en est témoin, dès ce jour tu deviens ma quête, ma Muse.
Tu feras de moi j'espère, un homme meilleur...




Alors, quand le matin vînt, il se leva précipitamment de la couche confortable et secoua sa compagne sans ménagement.

"Debout, femme !" lui dit-il avec ce ton qui le caractérisait si bien.

Cette dernière s'étira de toute sa longueur et après un bref sourire, se mit à grogner de mauvaise humeur d'un réveil si rustre. Tous deux s'habillèrent précipitamment et allèrent réveiller tous les autres membres dans une fanfare qui provoque plus tard quelques bagarres et querelles de courte durée.
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MessageSujet: Re: Les Sentiers de la Spiritualité..   Mer 11 Juil - 19:05

Aux portes des cieux..




Deux yeux damnés contemplent de loin le monde des mortels ici bas, leurs vies pathétiques et ridicules balayées en un instant par un coup de vent. Si pathétiques, si fragiles et si ignorants qu'ils sont, à se battre et s'entretuer pour d'éphémères batailles. Trop peu parviennent à s'elever au dessus de ce tas de fumier grouillant d'inutiles. Mais les rares élus payent souvent un prix très lourd à leur condition. Alors les yeux se tournent un instant vers les cieux, à la fois si proches et si lointains. Car telle est la malédiction éternelle dont ils sont les témoins à tout jamais. Et, quand ils se referment un instant afin d'essayer de trouver un repos interdit, la Tour elle même pleure sa déchéance.


Mais depuis ces temps lointain d'autres sont venus troubler sa sollitude. Car les lieux de pouvoir et de mythes ont toujours attisé les convoitises et les curieux. Hommes, Elfes, Nains...Anges et Démons. Et depuis que ces derniers tentent de s'approprier la suprématie de l'édifice, la guerre fait rage à chaque étage, chaque escalier rescelle un piège mortel, un ennemi prompt à vous assassiner. Pourtant, malgré le danger et les nombreux aventuriers qui n'en sont jamais revenus, d'autres continuent sans cesse de tenter leur chance...


"Putain, on va devoir monter tout ça à pieds ?!" grogna un paladin de mauvaise humeur.


Le reste du groupe le toisa avec désaprobation. L'ascension s'était montrée périlleuse et longue et les esprits étaient déjà forts épuisés. Les piques assassins du paladin et les querelles qui souvent en découlaient étaient encore moins bienvenues que d'ordinaire. Cependant, il fit mouche et l'assemblée regarda celui qui les avait mené si haut déjà. Kheriel accusa une mine troublée, loin de la passibilité qui habitait ses traits d'habitude. Au cours de leur périple il s'était montré plus fiévreux à chaque étage, comme si un étrane changement opérait peu à peu.


"Nous sommes montés si haut ! Immaginez les trésors à l'étage au dessus et les richesses qui y ont été oubliées ?" s'exclama Kheriel en captant ainsi l'intérêt du groupe.


Alors, aveuglés, ils montèrent encore plus haut. Il leur fallut d'abord traverser les rangs de démons et de morts vivants qui erraient à la base de l'édifice. Etonnament, plus ils parvenaient à monter, moins les rangs démoniaques étaient denses. Peut-être qu'après tout ils n'avaient envahi que la base de la Tour, ou peut-être..
Un battement d'aile...quelques plumes d'un blanc immaculée qui tombent sur le sol...
Serenade eut à peine le temps de se reculer pour éviter qu'une créature ailée ne l'empalle de sa lance. Impassible, sans montrer aucune émotion, l'agresseur réitéra son attaque. Serenade ferma les yeux...


"Pour l'amour des dieux bordel !!" cria une silhouette qui se tenait entre Serenade et le Séraphin.


Serenade rouvrit les yeux et vit au dessus d'elle un large bouclier qui avait bloqué la terrible lance qui lui était destinée. Son sauveur quand à lui était voûté et luttait pour ne pas ployer sous la force terrifiante de l'ange. Son regard croisa les opales grises et dénuées d'émotions de son agresseurs, lui qui y cherchait une once de pitié ou de regrets. Non. Il était là pour les tuer, cela ne faisait plus de doutes désormais. Il sentait peu à peu ses jambes fléchir sous la pression insoutenable qu'exerçait l'ange. Puis des battements d'ailes firent échos à la scène, sombres messagers de ce que tous commençaient à craindre. Plusieurs formes descendirent des hauteurs de la tour, planant vers le groupe de mortels comme autant d'oiseaux de mauvais augures.


Mais l'horreur ne s'arrêta point là. Car aux battements d'ailes des cris guturaux et autres mélopées inquiétantes s'élevèrent en provenance des étages inférieurs. Et ce brouhaha terrifiant se rapprochait, encore et encore. Et pendant que le danger s'annonçait à la fois en provenance des hauteurs et des profondeurs, l'ange menaçait d'achever sa proie et de l'empaller de sa lance. L'écu faisait toujours obstacle, mais son porteur avait déjà du poser genou à terre et ne semblait plus pouvoir résister bien longtemps. Mais quand ses forces le quittèrent et qu'il sentit la Mort poser ses mains glacées sur ses épaules, un déluge de lames et de flammes abattirent l'ange meurtrier. Ses compagnons l'aidèrent à se redresser et ils contemplèrent, impuissants et sidérés le spectacle sous leurs yeux...


Des légions entières de démons se pressaient dans les escaliers pour gravir les dernières marches et accéder à leur étage. Leurs pas et leurs grondements résonnaient dans toute la Tour, comme si chaque pierre de l'édifice tremblait. Ils eurent à peine le temps de se refugier dans un renfoncement pour ne pas être pris dans le champ de vision de ces féroces créatures. Mais alors que les premiers démons foulaient l'étage, un immense voile blanchâtre recouvrit les cieux. Une marée d'ailes et d'acier qui fondait sur la masse démoniaque. Et alors, une fois de plus, le chaos prit possession des lieux. Ce n'etait ni plus ni moins que la guerre. Cette guerre éternelle entre les forces sacrées et les démons.


Une paire d'yeux scrutait la scène sanglante avec chagrin et révolte... Le chevalier déchu regardait ce carnage poings et dents sérrées. Il voyait les hommes et les autres races piégées au milieu d'un conflit qui n'était pas le leur. Pour des raisons qui n'étaient pas les leurs. Qu'étaient-ils au final ? Des pions ? De la chair à canon pour servir les intérêts d'être si supérieurs à eux qu'ils les méprisaient à ce point..? C'en était trop, le sang du renégat de Gludin bouillonnait déjà avant que Kheriel ne se rende compte qu'il était trop tard..


Une forme ailée se rua sur l'endroit où était caché ce groupe trop téméraire. La lourde lance de l'envoyé d'Einhasaad allait à nouveau s'abattre sur l'un d'eux. Pas de pitié. Pas de doutes. Pas de compassion. Juste un soldat investi d'une mission, sans âme. Un fracas semblable au tonnerre résonna dans la Tour. L'attaque avait été stoppée nette par un bouclier accusant nombre de cicatrices. Le renégat grognait sous l'effort fournit puis repoussa la lance à l'aide de son écu, et dans le même mouvement, profita de l'ouverture pour porter un coup d'épée à l'abdomen de l'ange. Les autres regardèrent choqués l'envoyé d'Einhasaad choir sur le sol...

"Allez ! Faut s'arracher d'ici ou on finira tués par les uns ou les autres ! Secouez vous bordel !"

Kheriel eut un mouvement de contrarieté que l'assassin de l'ange fustigea du regard. Serenade et les autres semblaient peu à peu comprendre le danger dans lequel ils étaient tous désormais. Ils se frayèrent un chemin parmi le chaos qui régnait à l'étage, massacrant anges ou démons qui leur barraient la route ou tentaient de les agresser. L'écho qui emplissait les hauteurs ne cessait de croître annonçant la venue de plus en plus d'anges pour servir cette boucherie que des fanatiques appellent guerre sacrée.. En bas des cris guturaux peu engageants indiquaient que les rangs de démons jetaient eux aussi leurs forces dans ce charnier. Leur situation était désespérée...


Par chance un des nombreux couloirs de la Tour semblait désert et aucun ennemi ne semblait en provenir, trop étroit ou bien oublié depuis longtemps. Il y avait certes quelques créatures hostiles qui y rôdaient, perdues depuis des âges dans ce labyrinthe de pierres, elles furent promptement abattues. Et après un périple éprouvant la sortie était à portée de vue, enfin. Kheriel protestait, voulait remonter une fois le chaos fini pour ses recherches. La main de son ami partit avant même que celui-ci ne s'en rende compte. C'en était trop, ils avaient failli tant perdre pour ce simple caprice. Serenade réagit la première et empêcha son amant de porter un coup d'épée spontané sur son frère.


Après quelques tension, ils repartirent ensembles, mais quelque chose dans le chevalier déchu était brisé à tout jamais. Et, dans les ruines sanglantes et maudites de la Tour, un ouvrage gîsait parmis les ruines, cet ouvrage même qu'il avait dévoré avec tant de curiosité et d'espoirs...
Non, rien ne change, dieu ou seigneurs...
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