La Bataille d'Urfa

La légende des Paladins et des Prophéties oubliées
 
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 Les Sentiers de l'Héritage

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MessageSujet: Les Sentiers de l'Héritage   Sam 9 Fév - 9:50

Le Promontoire Divin..








"Quitte ce foyer dès à présent, et ne reviens que lorsque tu couvriras d'honneur le nom qui est le nôtre. Alors, ta faute sera expiée."
C'est sans se retourner que le jeune homme quitta la demeure de sa famille. Et le regard de son père ne cessa de peser sur ses épaules qu'une fois l'enceinte de l'enclave humaine franchie. Ce nouveau départ, si soudain et inattendu pesait comme une sentence sans échappatoire.




"Les Delmeth servent et protègent leurs concitoyens depuis l'époque sombre de la Fournaise. L'heure venue, cette tâche t'incombera à toi aussi."
Cette initiation qui pour lui tenait plus de l'exode que du rite de passage chamboulait énormément son esprit hélas limité. Il lui fallait trouver sa place en ce monde, reconquérir son nom... mais avant trouver un toit, des vivres, de l'or. Autant de chose anodines par le passé qui devenaient à présent nécessité.
Et puis il y avait ce sentiment de honte et d'abandon. Ce sentiment qu'il avait ressenti déjà tout au long de ces années, à chaque déception, à chaque erreur qu'il commettait. Plus que tout au monde le jeune exilé redoutait la dureté de ces deux opales couleur émeraude qui le toisaient et le jugeait avant tant de sévérité. Que n'aurait-il donné pour y voir germer rien qu'une fois rien qu'un instant fugace l'ébauche d'une lueur de fierté..




"Le chemin pour devenir chevalier est long et éprouvant pour quiconque s'y aventure. Pour toi.. ça le sera d'avantage encore..."
Et pour cette quête désespérée il avait renoncé à l'éventualité de choisir une autre voie. Bien qu'il sût toujours au fond de lui que ce choix là, jamais il n'en aurait la jouissance du fait des traditions héréditaires. Cependant..son cœur aspirait depuis longtemps à d'autres chemins que ceux que sa lignée avait tracés dès sa naissance. Mais pour trouver dans son regard l'amour d'un père, il avait enduré tout ce qu'on avait exigé de lui. Certes il échouait souvent, mais il n'y mit aucune mauvaise volonté, continuant d'espérer voir cette lueur un jour. C'est une chose empoisonnée parfois qu'est l'amour..




"Ta mère a usé ses genoux en prières pour que tu cesses tes âneries..."
Alors, il s'avança à la rencontre de sa nouvelle vie le baluchon rempli de chagrin et d'espoirs...
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MessageSujet: Re: Les Sentiers de l'Héritage   Sam 9 Fév - 9:52

Rues du Promontoire Divin il y a quelques années..






Que n'est il plaisant de voir les enfants jouer au milieu des étals des marchands qui animent les rues. D'entendre leurs rires, leurs jeux et autres tribulations ô combien agitées. Et n'avez vous jamais remarqué que parmi la jeune meute de polissons et de garnements aux genoux écorchés il y en avait toujours un qui regardait les autres à l'écart ?

"Que fais tu petit avec ce sac vide?" demanda un jour un voyageur au garçon exclu du groupe.

"J'garde le sac à trésors !" répondit le chérubin avec fierté.

"Et tu en as beaucoup des trésors mon garçon..?" interrogea le pèlerin.

"Euhhhh..." fut tout ce que l'enfant sut répondre.

L'histoire raconte que jamais ce sac ne fut rempli par autre chose que quelques araignées, des puces et un rat crevé. Et son gardien ne comprit l'étendue de sa situation qu'hélas bien trop tard... La colère d'avoir été ainsi relégué à ce rôle méprisant fut plus forte que le sentiment de trahison de la part de ses "amis", ce qui provoqua une bagarre mémorable entre les enfants mais pour quel résultat..? Des bleus, des vêtements déchirés, et une réprimande sévère de la part de son père. Car en effet, il est récurrent dans l'éducation qu'un Delmeth que celui qui cédait à la violence était en tort. Difficile à cet âge d'assimiler les notions de justice quand on perçoit sa propre expérience comme une injustice quotidienne...

Heureusement, le garçon se fit fort de son expérience et se jura de ne plus se faire embobiner de la sorte. C'est ainsi qu'il se retrouva dans le rôle de faire le guet pour couvrir les exploits pas toujours très honnêtes de ses nouveaux petits copains. Ironie ou forme cynique de justice, son tempérament très distrait fit échouer nombre de tentatives de larcin. Que voulez vous, on est plus facilement attiré par le vol d'une hirondelle ou l'armure d'apparat d'un notable que guetter la porte d'une ruelle glauque...
Mais là encore la sentence fut la même, car le vol est une faute grave, même si l'on est relayé au rang de guetteur...
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MessageSujet: Re: Les Sentiers de l'Héritage   Mer 15 Jan - 18:41

Cette histoire fut scellée.. *







Le Promontoire, il y a déjà quelques temps..









Certains affirment que tous les hommes ne naissent pas égaux, et que ceux dont le destin aurait été touché par la grâce des Six sortiraient du lot. D'autres que la naissance détermine quel individus la vie fera de chacun... Quelques uns même, les doux rêveurs, se plaisent à croire que nous naissons tous égaux au contraire, mais que c'est notre nature qui nous pousse à créer des inégalités.
Ainsi les hommes ont ils créé les titres et les grades..
Les pauvres et les riches..
Les faibles et les puissants..
Toutefois ces pensées devaient paraître bien lointaines au jeune nobliau dont le bras formait un angle improbable avec son coude.


Car par l'intervention d'une main invisible, le noble et le puissant s'était retrouvé misérable et faible. Et cette déchéance au final s'avérait même être plus intolérable que la douleur d'avoir le bras pété. Mais cette main "invisible", responsable de cet état de fait n'était autre qu'un grand gaillard un peu pataud de prime abord, qui cependant contrairement à son habitude arborait une expression féroce et lugubre.

"Vermine ! Tu m'as brisé le bras ! Sais tu qui je suis et comment se nomme ma lignée ?"

Le bourreau toisa sa victime puis porta son attention vers la jeune fille qui sanglotait à côté. En s'attardant sur ses ecchymoses et ses bleus apparents, une bouffée de rage l'envahit à nouveau... Ô sensation enivrante et dangereuse que de sentir cette juste colère vengeresse déferler, surtout lorsque la morale l'approuve, voir la cautionne.
La jeune fille avait visiblement évité le pire, mais elle garderait longtemps dans son esprit les séquelles de cet incident, bien plus longtemps que ne le marquerait son corps.

"Cette souillon fait partie de mes gens ! J'en avais le droit ! Pour qui te prends-tu par les Six ?"

L'allusion aux Dieux était la goutte d'eau qui précédait le raz-de marée. Que ce jeune trou du cul veuille utiliser le nom de sa famille ; qu'il avait obtenu dès la naissance, sans accomplir quoi que ce soit qui mérite de tels privilèges en somme, pour disposer du corps d'une de ses servantes lui donnait la nausée. Mais qu'un être si abjecte ose mentionner les Six, là c'en était trop pour sa patience.
Ainsi, cédant aux douces sirènes qui attisaient son ire, il empoigna le bras cassé et tira dessus avec vigueur. Un son atroce se fit entendre, allant même jusqu'à interrompre les sanglots de la servante qui constata avec horreur que l'os de son tourmenteur était à présent visible.

"Je t'interdis de causer des Dieux ! Tu ne mérites pas de prononcer leur noms ou de les évoquer. Tu ne mérites... même pas leur pardon !! T'es qu'un gros connard..."



Seulement il persiste un fait immuable malgré le sang et les larmes versés par d'antiques et actuels héros. C'est que la Justice elle même, n'est pas juste...
Car malgré le témoignage de la servante, malgré celui de son sauveur, leurs paroles réunies se trouvèrent insignifiantes contre le rang et le titre du jeune noble. Pourquoi ? Pourquoi les mots n'avaient ils pas le même poids selon qui les prononçait ? Pourquoi la vérité paraissait-elle si faible et si impuissante en comparaison d'un titre ou d'un rang...? C'est surement l'une des leçons les plus dures et les plus amers de son existence. Lui qui pensait bien agir et être soutenu par la justice, il tomba de très haut.
Prenez vos valeurs, vos croyances, vos espoirs et enfermez les précieusement dans une flasque de cristal. De là imaginez qu'un salopard piétine cette flasque et jubile à contempler votre désarroi quand vous assistez au massacre. Voici ce que ressentit le jeune Delmeth lorsque le couperet tomba et que ce fut lui que la justice inquiéta, pour avoir malmené sans raison un citoyen de haut rang.

"Voilà une leçon bien cruelle mon fils. Contrairement à nombre de légendes, les Justes et les Vertueux reçoivent rarement les lauriers pour leurs actes. Seule leur conscience les récompense. Dis toi qu'il est rarissime qu'ils fassent de vieux os aussi, mon fils..."

Mais comme une injustice n'arrive que rarement seule, les représailles de la maison noble ne se firent pas attendre. Le jeune Delmeth était aussi tourmenté qu'un client qui aurait été laissé en plan par une pute et qui en prime aurait choppé la chaude pisse sans l'avoir baisée. Ses idéaux et ses repères brisés - comprenez que chez les Delmeth on vous bourre le mou sur l'honneur, la vertu et la justice dès que vous apprenez à marcher - Nennius eut envie de se révolter, de se rebeller contre cette injustice cautionnée par la justice elle même. Car il en était arrivé à la conclusion qu'il n'était pas logique de protéger ou prôner une justice qui se montrait si ouvertement injuste. Il voulait changer l'ordre des choses. C'est con parfois un tout jeune adulte, très con même... Parfois cependant, cela devient beau et parvient même à inspirer autrui. Et pour le coup, la connerie prouve une fois de plus qu'elle peut influencer les choses, voir les changer.


Hélas, peut-être que Nennius avait cette fois-ci chargé de trop grands moulins. Ou peut-être n'était-il pas assez con...
Toujours est il que sa petite rébellion n'eut pas l'effet escompté. Ironiquement, elle lui sauva la vie mais exigea un lourd prix à payer. Cette preuve flagrante de débilité profonde lui épargna d'être enrôlé de force auprès de bataillons envoyés au plus près des terres d'Orr. Elle servit à son Père d'argument justifiant ses actes auprès du jeune noble afin de clamer l'indulgence des autorités pour un simple d'esprit.
Beaucoup de récits narrent les mésaventures d'hommes condamnés à porter des masques, en faisant passer certains pour des martyrs, et quelque fois des héros. Mais jamais, ô grand jamais on ne vit d'épopée narrant les exploits d'un homme qui porte le masque d'un con...













_______________________________________________________
* Ces informations dans leurs grandes lignes sont obtenables pour ceux ayant accès aux affaires des Séraphins (Main de Kormir, TAGS etc)
Si quelqu'un souhaite faire partie de la maison noble citée, me MP Smile
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MessageSujet: Lettres à mon Père..   Mer 12 Mar - 21:46

Lettres à mon Père...



Citation :
Père,


Je vous écris pour vous informer que j'ai été incorporé au sein des Séraphins, dans l'unité appelée TAGS. J'ai été enrôlé assez facilement, bien qu'ils aient posé des questions sur mes antécédents judiciaires.


Il y a un rendez-vous avec un expert en psychologie de prévu, j'avoue appréhender un peu cette échéance.


En tout cas j'espère que je saurai être utile à cette escouade.


Votre fils,

Nennius.





Citation :
Mon fils,


Je suis rassuré que tu aies pu t'enrôler rapidement dans la garde Séraphine. Le fait d'être dans l'armée devrait tenir tes ennemis à distance dans la mesure où tu ne fais pas de vagues là bas.
Concernant ton expertise à venir, il m'est inutile je pense de te rappeler les enjeux que cela implique. Ne va pas gâcher toutes ces années en une seule entrevue.


Ta mère t'embrasse tendrement.
Ton père.






Citation :
Père,


Nous sommes revenus de mission il y a peu. J'ai été blessé bêtement mais rien de grave. Les soldats à soigner sont nombreux mais je devrais m'en sortir sans trop de problèmes.
Je me sens utile au sein de mon unité et je suis très bien accueilli par mes camarades.


On m'a d'ailleurs confié une mission à responsabilités, concernant les produits des laboratoires Tyrange.
Cela fait longtemps que je ne me suis pas senti aussi bien naturellement, ni aussi bien accepté. C'est très troublant et j'ai du mal à tenir le masque par moments.


Embrassez Mère pour moi,
Votre fils,
Nennius







Citation :
Mon fils,


Tu sais mieux que quiconque les implications et les rôles que nous devons tous tenir. J'escompte que tu ne me décevras pas et que tu tiendras tes engagements, ceux de ta famille.


Ton père.






Citation :
Père,


Je suis soulagé de voir que le fait que je sois blessé ou non vous affecte grandement.. Je connais parfaitement la situation qui est la mienne, et par ricochets, celle de notre famille.
Comprenez juste qu'il m'est pénible, voir douloureux de mentir à certains compagnons pour qui j'ai beaucoup d'affection.


En proie aux doutes et aux remords, j'aurais espéré conseils et soutient de votre part. Hélas, au vue de la fréquence de nos correspondances et de leur contenu j'ai du changer mon fusil d'épaule et me tourner vers les Six. Soyez donc rassuré concernant ma conviction et mes doutes.

Votre fils,
Nennius.







Citation :
Mon fils,

Être soldat appelé sur le terrain comporte des risques mon fils.
Je n'apprécie guère l'insolence, même lorsqu'elle s'exprime par courriers interposés. Jusqu'à preuve du contraire, je suis toujours le chef de cette famille, famille que tu as par le passé grandement menacé par tes actes.

Tâche de ne pas l'oublier, ni où est ta place.

Ton père.





Citation :

Père,

Je sais très bien où est ma place, et quel est mon rôle dans cette vaste mascarade dont vous êtes le chef d'orchestre depuis toutes ses années. Je conçois tout à fait son importante quand à la préservation des autres membres de la famille et je l'accepte. Mais pour autant, j'en souffre. Et j'en souffre doublement que vous ne le conceviez pas.

Si ce qui a été fait par le passé devait être refait, je le referai sans hésiter. Car ce n'était que justice. Cela m'a coûté ma place au sein de notre famille, pour qui je suis aux yeux du reste du monde un rebut, un objet cassé et encombrant...

Fort heureusement, au sein du TAGS j'ai trouvé des gens et des valeurs qui se rapprochent d'une famille. Ne vous en déplaise j'y suis heureux et peu à peu le masque se fissure. Bientôt il tombera, et rien ne pourra l'empêcher.
Et j'ai hâte, si hâte que ce jour arrive...

Votre fils,
Nennius







Citation :
Mon fils,

Tu joues un jeu dangereux. Les ennemis que tu t'es fait ont bonne mémoire ainsi que de bons informateurs. En ôtant ton masque, tu compromets tout ce qui a été bâti durant ces longues années qui n'ont pas été plaisante pour nous non plus.
Ta mère se languit de son fils qu 'elle a si peu vu ces dernières années. Elle s'inquiète.

Tant que l'ire de tes ennemis n'aura pas connu d'accalmie, tu seras en danger. Et je crains que le bras invalide que tu leur as laissé en souvenir ne les confortent dans leur rage et leur désir de vengeance.
Pèse bien la portée de tes actes.

Ton père.
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MessageSujet: Re: Les Sentiers de l'Héritage   Mer 12 Mar - 21:47

Le Promontoire Divin...











Le réveil fut douloureux et surtout pénible par ce sentiment tenace d'être happé par sa couche. Il fallut plusieurs minutes d'efforts et de concentration pour que celui qu'on surnomme "Doc" se redresse. Allongé à côté de lui Merkourious respirait lentement. Ses bandages avaient été refait durant le retour au Promontoire visiblement. Le médecin du TAGS voulut se redresser pour voir de plus près l'état de son ami mais s'écroula aussitôt.
La raison de cette fragilité vexante lui revînt alors. Il revit malgré lui la scène au ralenti ; les coups de Madoqua qui pleuvaient sur le corps inerte de Merkourious tels une avalanche que rien ne pouvait arrêter. Le bruit atroce des os de son frère d'arme qui cédaient peu à peu sous la violence des impacts..


Qu'est-ce qui pouvait bien être le plus insoutenable dans cette scène ? Son impuissance à la faire cesser ce massacre en règle, ou bien le fait qu'elle y ait pris une forme de plaisir primal et sauvage..? Il n'aurait su le dire à cet instant. Il ressentait le besoin de pleurer, de culpabilité et de rage. D'impuissance et de dégoût. Mais pleurer était un effort trop grand à ce moment là encore. Ses paupières se fermèrent en dépit de ses efforts...
A son second réveil il était à nouveau alité. Il tenta une fois de plus de se relever et sentit cet épuisement lui rappeler ses droits. Cette fois-ci il prit son temps et ménagea ses efforts. Il lui fallu un peu moins d'une heure pour pouvoir se mettre debout.


Merkourios semblait stabilisé. Sans doute le jeune homme ignorerait-il longtemps à quel sacrifice et à quels risques son médecin avait consenti pour lui épargner le pire. Ses soupçons furent confirmés lorsqu'en sortant tant bien que mal de l'infirmerie il croisa un miroir. Il ne regrettait pas d'avoir fait ce qu'il avait fait. Les blessures de son ami étaient gravissimes, il risquait la mort, voir au mieux de finir totalement aliéné.
Mais en prenant le parti de recourir à cette prière de guérison, il prenait le risque d'y laisser lui même sa propre vie, ce qui aurait eu pour conséquence deux décès au final.


La fatigue perdurerait surement pendant encore quelques jours. Cela laissait peu de temps pour préparer la suite des évènements. Une partie de lui hésitait à présent à aider sa sœur malade. Mais une autre part de lui s'y était engagée. Sa famille se targue depuis toujours de placer la parole donnée et l'Honneur au premier rang. Pouvait-il ainsi s'octroyer le loisir de retirer un engagement, une parole donnée ? Non.
Et puis il avait pu apercevoir fugacement les trésors qu'elle dissimule sous ce masque cuirassé. Cela était synonyme d'espoir. De bonté. Du moins il s'y accrochait.

Mais il y avait ce regard qui le hantait à présent..

Ces yeux plein de haine et de sauvagerie. Ces opales d'une cruauté abyssale où la compassion n'était plus qu'une chimère, voir une insulte. Comment pouvait-on aller si loin dans l'excès ? Le médecin s’interrogea sur ce qui pouvait faire naître tant de colère et de rage en une seule personne. Elle était comparable à un volcan. Paisible et protectrice quand endormi. Mais sans pitié aucune une fois réveillé. Longtemps il interrogea les dieux dans ses prières et ne put s'empêcher de regretter un tel gâchis.


La route vers son objectif était encore éloignée. Il avait tenu à s'y rendre équipé de pied en cape pour faire bonne figure. Il y a déjà bien longtemps qu'il avait songé se rendre à cette forteresse. Les aléas du destin firent qu'il ne franchit jamais ce cap. Jusqu'à aujourd'hui.
Le chemin lui parut interminable. Son équipement, son épuisement, son envie de tout abandonner là, immédiatement pesaient aussi lourd que tout le poids de ses mauvais choix passés. Mais cela faisait aussi parti de l'épreuve.






Car c'est dans la Foi que l'homme parfois parvient à transcender sa nature et dépasse ses limites. Dans sa Foi où il puise l'énergie et la volonté de continuer, d'avancer. De se battre même s'il le faut. A chacun des Six Anciens, il consacra une prière tandis qu'il gravissait le dernier col qui débouchait jusqu'au fort des Veilleurs. Maintes fois il crut sentir le sol se dérober ou ses jambes fléchir. Mais il tînt bon, car il fallait qu'il se rende à cet endroit coûte que coûte. C'était une épreuve, une simple épreuve.
Franchir le seuil du Fort des Veilleurs fut une délivrance et un calvaire. Car toute la douleur jusque là ignorée ou tut par sa détermination se rappela à lui et le submergea. Et quand il voulut prendre une grande bouffée d'air pour reprendre son souffle, l'air glacé lui brûla les poumons...


Ce spectacle misérable attira l'attention des sentinelles qui s'approchèrent de cet intrus. Après quelques formalités et s'être assuré qu'il n'était pas un agent ennemi, il put pénétrer l'enceinte du Fort à la recherche de l'ancienne Commandante afin de lui formuler deux requêtes...

Et jusqu'au dernier moment, il repensait à ses yeux..
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MessageSujet: Re: Les Sentiers de l'Héritage   Mer 12 Mar - 21:47


Fort des Veilleurs..











Trouver la Commandante, ou du moins désormais le Chef de Guerre Dorheirmin n'avait pas été difficile. Le médecin du TAGS eut même la bonne surprise qu'elle le reconnaisse. Cette dernière ne manifesta pas d'objection à sa présentation ni à sa demande.

"Nous avons besoin de volontaires et de braves, mais comme vous avez déjà une affectation active je ne peux vous proposer que de soutenir l'effort de guerre ou bien de panser les blessés qui rentrent de mission en assistant nos médecins... Ça et des tâches plus ingrate qu'on confie aux recrues.."


"Parfois on fait ce que l'on veut. Le reste du temps, on fait ce que l'on doit."

"J'aurais aussi une autre tâche à vous confier.."





Les travaux avançaient à une allure convenable. Les recrues avaient fini par mettre un peu plus de cœur à l'ouvrage. D'abord réticentes, certaines hésitèrent même à quitter les lieux. Peut-être en effet qu'une partie d'entre eux n'était pas faîte pour servir. Cependant au final aucun ne rompit les rangs et ni ne déserta. L'escouade de recrues avait accueilli assez froidement le médecin. Certes ses soins ne furent pas dénigrés ou refusés, mais dans les rangs il se murmurait que cet individu avait été mandaté par le chef de guerre pour les remettre d'aplomb psychologiquement. Ce qui était effectivement le cas.

L'ironie du sort voulait qu'après avoir pansé les blessures ainsi que le moral de son unité durant les derniers jours, il lui fallait réitérer cet exercice périlleux. Mais au lieu d'adopter une étude d'écoute et de dialogue, il avait pour toute entrée en matière fait que leur aboyer des ordres dessus.
Renfrognés mais disciplinés, les recrues en état se mirent au travail afin de bâtir le nouveau parcours d'entraînement.

Le labeur était pénible et éprouvant pour les recrues. Ils ne comprenaient pas pourquoi on leur confiait cette tâche ingrate et dévalorisante alors qu'ils rentraient d'une mission catastrophique. Quelques uns perçurent cela comme une punition et leur désespoir se répandit dans les rangs comme une épidémie. Le travail s'en ressentit et il fallut que le "Doc'' donne de la voix pour les garder concentrés un minima. Par moments il surprenait un ou deux regards clairement hostile à son encontre de leur part. Il leur répondit à tous par un sourire ravi et insolent, assis sur une souche et croquant dans une pomme savoureuse. Sans le savoir ils venaient de faire un premier pas vers la guérison.

Au bout de quelques heures de travaux le Doc choisit l'une des recrues, une des rares qui ne manifestait pas d'hostilité et s'acharna dessus. Il lui confia les plus dures tâches, l'insulta copieusement et le rabaissa plus bas que terre par des brimades cruelles. Il sentait le regard insistant des autres recrues et toute la haine qu'ils portaient à son égard. Mais il avait vu des yeux bien pires la veille, s'ils avaient su ces pauvres bougres..
Et, alors qu'il regardait sa victime tenter de déplacer un tronc bien trop lourd pour lui tout seul, il entendit le fracas du métal sur le sol. Tournant la tête, il aperçut l'une des recrues qui le toisait les poings serrés et le regard plein de haine. Sa hache était à ses pieds. A celui-là le Doc adressa un regard nonchalant et dédaigneux, impatient en secret de voir la suite.

Alors, la recrue révoltée se dirigea vers le souffre douleur du Doc et tenta de l'aider à porter le tronc qui refusait jusque là de céder du terrain. Les deux hommes joignirent leurs forces, la sueur perlant sur leur front et le teint écarlate sous l'effort. Mais le tronc ne bougea pas d'un pouce. Le Doc ricana de manière provocante et se gaussa de leurs efforts inutiles. Alors résonna ce qu'il attendait...
Ça et là, il perçut le son d'outils jetés à terre, puis de pas précipités. Un à un, les hommes de la compagnie se joignirent aux deux autres et ensembles, déplacèrent le tronc aisément. Le jeune Delmeth eut un sourire carnassier.

"J'commençais à croire que vous étiez une cause perdue, tas d'verrue."


"Et pourquoi ça ?" demanda l'un des plus hardis.

"Parce que vous êtes cons comme des pines. La force d'une armée ne dépend pas que des capacités d'un soldat, mais de la force de tous ses soldats et de leur capacité ou non à se battre et œuvrer ensembles."

"..."

"Il est lourd le tronc là hein ? Pourtant vous l'avez soulevé comme un fétu quand vous avez fait preuve d'esprit de corps."

"Pourquoi agir par énigmes?" demanda l’effronté.

"Tu vas la fermer ta gueule toi là bas ? Tu vas me prendre la buchette là bas et me faire 3 tours de la zone au pas de course !!"


Quelques recrues eurent le malheurs de sourire aux déboire de leur camarade.

"Et toute la joyeuse compagnie aussi fera trois tours. Ça vous apprendra à partager les bons ET les mauvais moments."



Après les tours en question et les regards hostiles d'usage, le Doc les accueilli avec quelques vivres. Un peu déboussolé par ce changement d'attitude ils mirent un temps avant de commencer à manger. De ce fait, vexé, le Doc leur octroya trois tours de plus... Les recrues comprirent le message et mangèrent une fois leur punition achevée. Leur bourreau paraissait plus détendu et accessible. Certains se laissèrent aller et commencèrent à plaisanter. Mais aucune réprobation ne vint du Doc. Alors le repas devînt convivial et animé, les hommes ayant au fond d'eux besoin de se changer les idées après cette expérience terrible en Orr. Le médecin du TAGS ne dit pas grand chose tout durant le repas, et encouragea cette pulsion de vie via quelques sourires et anecdotes burlesques. Il fallait que les hommes retrouvent goût aux choses simples et que cet élan vital flamboie à nouveau, même s'il risquait d'être soufflé à la moindre petite bise.
Alors, quand l'animation fut à son comble, le Doc enfonça la porte ouverte.


'"C'est plutôt dégueulasse le pays d'Orr, non ?"


Ce fut un silence macabre qui tomba sur les lieux aussi brusquement qu'un coup de tonnerre. Les rires moururent aussitôt et les yeux fixèrent le sol. Aucun n'osa croiser le regard du Doc. Chacun dans leur monde interne, ils semblaient revivre les horreurs de leur précédente mission.


"Posez vous la question de savoir si vous êtes au bon endroit les louloutes. Parce que la guerre ça n'a jamais fait de cadeau ni peuplé les rêves de choses agréables. Et encore moins quand vous vous frottez aux horreurs que vomit Orr.
Mais comme vous gardez tout pour vous, ça sort pas, et ça vous bouffe les tripes de l'intérieur. Résultat ? De vrais minets inoffensifs."



Certains osèrent lever les yeux. Ceux là reçurent contre toute attente un sourire bienveillant...

"Aujourd'hui vous avez appris par vous même que la colère et le fait d'agir en groupe peuvent vous aider à sortir de situations délicates et à vous dépasser. Ça ne sera pas superflus comme enseignement.."

"Alors c'est tout ? Suffit d'être furax et de se serrer les coudes pour qu'on soit à nouveau aptes?" demanda l'éternel effronté qui décidément plaisait bien au Doc.



"Oh non mes louloutes. Ça c'est qu'une une base pour vous aider à surmonter votre traumatisme. N'importe qui sait que vous avez vu des atrocités sans nom. Tout comme en ont vu vos supérieurs et autres vétérans. Déjà vous êtes vivants, ce qui est une chance accordée par les Six, vu que vos petits copains sont nombreux à être morts sur le tas là bas. Ne gâchez pas le don fait par les Anciens Dieux en vivant dans un cauchemar éveillé. Combattez le, retournez au front et vengez vos frères tombés !"

Quelques approbations discrètes se firent entendre.

"Et c'est tout ? Ces conseils avisés suffiront ?"

"Oh non ma louloute. C'est qu'une base ça. Pour vous remettre d'aplomb sur le plan psychologique. Pour le plan physique, vous allez en chier crois moi.. Vous allez le connaître motte par motte, et pierre par pierre ce parcours d'entraînement..."
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MessageSujet: Re: Les Sentiers de l'Héritage   Mer 12 Mar - 21:48

Village de Claypool...





Spoiler:
 






Le jeune médecin avait marché bien plus qu'il ne l'avait imaginé depuis qu'il était parti furieux de la retraite de sa compagnie. Son sang n'avait fait qu'un seul tour alors que ses compagnons évoquaient les maisons nobles et leurs préférences entre celles-ci. Et rien que l'idée, voir l'éventualité même que cela implique une forme d’allégeance de l'unité, tacite ou non, envers l'un ou l'une de ces maisonnées avait soulevé chez le jeune Delmeth une tempête d'émotions primitives et destructrices.
De crainte d'en être trop submergé et ayant déjà par le passé expérimenté malgré lui ce que pouvaient donner ses accès de rage, il préféra quitter les lieux, non sans essuyer un copieux sermon par Cyrile.


Quand sa colère et surtout ce profond sentiment de révolte furent enfin douchés, c'est là qu'il s'aperçut n'être qu'à quelques lieues du village de Claypool, où Madoqua avait préféré passer sa permission et le temps restant avant son jugement. Spontanément, il décida de s'y rendre saluer sa camarade et prendre des nouvelles. Se doutait-il que sa venue soulèverait tant de poussières et de larmes ? Il en est peu probable, tant il pensait bien faire, le jeune imbécile.
L'accueil ne fut évidemment pas très chaleureux. La jeune sœur de Madoqua prenant cette visite pour une décision anticipée de venir chercher son aînée. Ce fut une étonnante Madoqua qu'il découvrit, bien loin de celle qui tyrannisait ses compagnons d'arme tant durant l'entraînement qu'au cœur des batailles.


Bien au contraire celle-ci était vêtue simplement, bien loin de l'acier et de la maille qui pour le jeune Delmeth semblaient être une seconde peau pour elle. Peut-être cette impression était-elle due aussi à son caractère.. froid et implacable comme une lame. Il crut même percevoir pour la première fois une forme de douceur et surtout un instinct protecteur chez sa camarade quand celle-ci lui proposa d'aller faire un tour pour ne pas perturber Sophia.
Mais si la surprise de cette autre facette saisit le "Doc", Madoqua ne semblait pas être en reste, prise à contre pied qu'un membre de l'unité vienne la voir.




La vue sur le lac était plaisante et le cadre finissait d'apaiser la colère qui l'avait fait marché si loin et si longtemps. Et puis il était content de passer du temps avec cette Madoqua là, plus accessible et un peu moins violente. Il s'allongea sur le ponton et contempla le ciel tout en discutant et surtout en l'écoutant. Ils parlèrent tous les deux longuement, se confiant parfois l'un à l'autre. Il alla même lui conter la raison pour laquelle il avait du quitter son foyer et la source de tous ses ennuis, de son masque.. Le Doc fut touché du sens de la Justice de son amie, et fut ébranlé au plus profond de lui même quand elle laissa apparaître sous sa cuirasse imperméable une faille sous laquelle il lui semblait ressentir de la douceur et une profonde douleur...





Alors, quelque chose d'inconnu et d'étrange saisit son âme. Il eut soudain envie de plonger à travers cette faille, de creuser encore et encore pour percer cette carapace agressive. Il voulait tant, ô l'idiot, parvenir au plus près de ce qui se cachait là, en dessous. Du plus profond de son être brûlait un désir pur et innocent de connaître cette partie inconnue, de la comprendre et de la protéger.
Et puis cette douleur teintée de fragilité qu'elle s'évertuait à noyer sous son épaisse armure... Il aurait tant aimé la chasser. Mais ce n'était pas là une tâche aussi aisée que rendre le sourire à Alyendra, ou bien à faire remonter à la surface les sentiments de deux amants. Non, la blessure était profonde, et sans doute saignait-elle encore.


Alors, tandis que les étoiles commençaient à scintiller timidement à travers le linceul nocturne, il apprit à découvrir et apprécier d'avantage cette nouvelle Madoqua, brûlant toujours d'un désir irraisonné de l'aider. Mais il est délicat de s'approcher d'un animal blessé et aux abois sans se faire mordre, tout bien intentionné que l'on soit. Malheureusement pour le Doc, il sous-estima les défenses que son amie avait elle même dressé autour de son être et de ses blessures. Et il est bien connu, de Claypool jusqu'au Promontoire, que quand Madoqua est fâchée, Madoqua frapper...
Le Doc se maudit de sa maladresse un instant, juste avant que la douleur de son entrejambe meurtri ne monopolise ses ressources intellectuelles. En effet, Madoqua avait le don de toujours savoir cogner là où ça fait très mal...


Mais c'était aussi ainsi qu'elle s'exprimait. C'est à ce moment seulement qu'il le comprit. Ses accès de violence n'étaient en fait qu'une conséquence funeste et inadaptée de sa souffrance. Pour se protéger elle même, elle hérissait une muraille entre elle et les autres. Et du haut de ses remparts, elle avoinait sévèrement les imprudents qui mettaient un pied trop près. Alors, si peut-être il arrivait à soigner la souffrance, la blessure, la muraille ne servirait plus à rien..? Pris d'un espoir fou et inconscient il commit l'insensé. Il s'avança aux pieds de la muraille.
Et il reçut un nouveau coup de plein fouet, mais y répondit tout aussi violemment cette fois-ci.


Alors ressurgit la Madoqua de la caserne. La Furie sanguinaire du TAGS. Arborant un sourire féroce, elle se mit en garde désireuse d'en découdre. L'armure s'était alors refermée autour de l'autre Madoqua. A présent elle n'était plus que colère, rage et sauvagerie.
Le Doc combattit avec tout ce qu'il avait, mais fut très vite maitrisé et dépassé par les compétences martiales de son amie en furie. A aucun moment il ne sembla déceler la présence de cette part douce et noble qu'il avait apprécié auparavant. Ses yeux étaient remplis d'une joie glaciale alors que son étranglement menaçait de lui faire perdre connaissance. Dans ces yeux il n'y avait aucune pitié, aucune humanité. C'est sur cette image terrifiante et troublante qu'il s'évanouit..


Il fut réveillé en sursaut quand Madoqua le balança à l'eau. La tempête semblait être passée, mais son regard demeurait toujours froid et implacable. Comme si au fond d'elle, elle avait encore le besoin de s'adonner à cette sauvage joie qui consistait à tabasser quiconque croisait sa route. Au delà de la vexation d'avoir été si aisément corrigé, il ressentit un profond chagrin devant ce regard. Regard dont l'éclat de haine s'intensifia lorsque Merkourios s'approcha...
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MessageSujet: Re: Les Sentiers de l'Héritage   Mer 12 Mar - 21:48

Le Promontoire Divin..














Les évènements récents tourbillonnaient dans l'esprit déjà malmené du Doc. Il revit la scène comme un cauchemar éveillé. La venue de Merkourios au lac de Claypool et la réaction violente de Madoqua qui s'en suivit. Il se revit assister impuissant au spectacle de la curée qu'infligeait la furie du TAGS à son ami. Ni ses mots, ni la force physique qui lui restait n'avaient pu empêcher ni même freiner toute la violence qui se déversait de Madoqua et qui à chaque coup rapprochait inexorablement Merkourios de la mort.
Fort heureusement, peut-être par l'intervention des Dieux ou par l'expression de cette facette qu'il avait entre-aperçue dans la personnalité de Madoqua, celle-ci s'arrêta avant qu'il ne soit trop tard. Ou du moins juste à temps pour qu'il soit utile de lui procurer des soins.


Alors, les gestes maladroits et encore tout ankylosés par la rouste qu'il avait subie plus tôt il s'affaira à soigner son compagnon d'arme. Les blessures étaient nombreuses et graves pour la plupart. Mais le pire était son crâne qui avait subi l'acharnement méthodique et impitoyable de la vengeance de la furie. Une sensation atroce lui parcourut l'échine tandis que cette dernière quittait les lieux non sans jubiler du spectacle une dernière fois. Il n'y avait dans ses yeux là que haine et cruauté, c'étaient ceux d'une bête sauvage. Pas d'une Séraphine..
Aussitôt éloignée, la sensation dérangeante le saisit à nouveau. C'était pourtant évident.. Même s'il sauvait la vie de son compagnon, les séquelles risquaient d'en faire un aliéné ou peut-être même pire.


Certaines personnes en ce monde croient dur comme fer au destin. D'autres pensent que les mortels possèdent un pouvoir immuable, celui de choisir. Parfois on pense même que le destin est forgé par les choix que l'on fait. Mais ces réflexions semblaient bien lointaines au Doc tandis que la vie de son ami Merkourios s’effilochait peu à peu. Alors, sans réfléchir, il agit d’instinct et fit son choix, au dépend de sa propre vie. Faire appel au pouvoir qui était en lui était dangereux tant pour lui que pour son patient. Les rares occasions où la magie s'était manifestée lui avaient coûté très cher, ainsi que la couleur de ses cheveux. Mais pour sauver un ami, un frère, il était prêt à payer ce tribut...

Citation :


Cette histoire fut scellée...







Le Promontoire était encore à cette époque une zone plaisante où il pouvait déambuler sans craindre pour sa sécurité ni celle des siens. Mais cette période de paix et d'insouciance était condamnée à prendre fin tôt ou tard. Car quand on nait Delmeth, on est préparé et conditionné à suivre un code d'honneur qui depuis des siècles transcende les lois et les règles établies.
Et c'est en suivant dévotement ce code que le jeune Nennius intercepta les jeux cruels de ce jeune fils de ministre.


Ce dernier était persuadé que son sa famille et son rang lui octroyaient de disposer du corps d'une de ses domestiques. S'il y avait hélas des pays ou des lieux où cela était permis, cet acte restait odieux aux yeux du jeune Nennius. Car d'après ce que lui enseignèrent son père et ses ancêtres via leurs traditions, aucune loi, aucun titre quel qu'il soit ne donnait à un être le droit d'en asservir un autre à ce point. Ce n'était pas juste. Et comme ce n'était pas juste, il fallait rétablir justice. Et comme il était du sang des Delmeth, il se devait d'agir.


Mais un violent coup de poing récompensa ses bonnes intentions. Narquois, le nobliau l'avait par la suite ignorer pour tenter de finir sa triste besogne. C'est ce jour là que se révéla au jeune Nennius le pouvoir qui l'habitait. Possédé par une colère tout aussi juste qu'implacable, il rua sur le violeur avec violence et lui asséna une série de coups sauvages ayant pour point culminant de briser le bras du nobliau. Ce fut une impressions à la fois grisante et jouissive bien qu'une part de son être la considérait comme effrayante.


La magie déferlait en son être, renforçant sa volonté et sa force, comme une lame qu'on aiguise pour la rendre acérée. Elle répondait à ses émotions avec l'habileté et la diligence d'une amante experte. Mais quand elle l'abandonna une fois son ire copieusement exprimée sur sa victime, ce fut comme avoir le cœur brisé après son premier amour. Une sensation de vide et de perte sans pareille l'envahit et lui fit même perdre connaissance.
A son réveil, il passait en jugement pour agression sur le fils d'un ministre et s'aperçut que ses cheveux étaient à présent couleur argentée, tout comme son père et son grand père...




Alors le jeune médecin posa ses main sur le crâne meurtri de son frère d'arme et entonna une prière, ou plutôt une supplique à Dwayna pour qu'elle lui permette de sauver la vie de son ami, même au dépends de la sienne. Sans doute daigna t-elle lui faire la grâce de répondre, car il sentit le pouvoir affluer à nouveau et se canaliser vers Merkourios. Ce n'était plus la montée brutale et sauvage qui l'avait envahie il y a des années de ça, avant son exil. C'en était presque grisant et plaisant. Mais surtout il reprenait espoir car c'était là la meilleure chance pour Merkourios de s'en sortir sans trop de dommages..


Hélas la magie lui rappela alors que tout miracle avait un coût et un tribut. Une éprouvante sensation de fatigue l'assaillit peu à peu, sournoise et inflexible. Il devait en plus de se concentrer pour maintenir le contrôle de son pouvoir sur le soin, mobiliser ses dernières ressources pour ne pas s’évanouir. La tentation était grande, de sombrer et de se laisser aller parmi les ténèbres qui lui susurraient mots doux et promesses de repos sans souffrance. Mais une voix en lui s'élevait et lui hurlait de continuer pour le salut de son frère. Et grâce à cette voix révoltée, il put tenir un peu plus longtemps avant que, malgré tous les efforts qu'il mobilisa contre, son esprit et son corps cédèrent.




Quand il rouvrit les yeux, il était au Promontoire. Merkourios était allongé à côté de lui, vivant. Un infirmier lui adressa un sourire rassurant. Visiblement ça avait marché. Mais le Doc sentait au sein de sa chair et de son corps que le prix à payer avait été élevé cette fois aussi.
Mais peu lui importait, il avait pu sauvé Merkourios du pire. Toutefois il n'en ressentait nulle joie, car il en restait une autre à sauver ; Madoqua et ses yeux sauvages...
Alors il soupira et sombra dans un sommeil plombé par l'épuisement et l'inquiétude de ce qui restait à faire. Il n'y avait que peu d'espoirs ni de marche de manœuvre dans cette affaire. Il n'avait qu'une carte restante à jouer, celle des Veilleurs....
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MessageSujet: Re: Les Sentiers de l'Héritage   Mer 12 Mar - 21:48

Village de Claypool..















Le chemin pour revenir jusqu'à ce paisible village qui avait pourtant été témoin d'un drame quelques jours plus tôt lui avait paru à la fois long et trop court. Long car son état de santé était encore précaire depuis qu'il avait du soigner d'urgence Merkourios. Il employait depuis cet évènement son bâton en guise d'appuis pour l'aider à se mobiliser. Et pourtant, même si chaque pas était une souffrance physique, ce n'était rien comparé à son esprit qui était à l'agonie.
Car il se dirigeait vers la demeure de Madoqua pour annoncer le décès de celle-ci à sa jeune sœur Sophia...


Et c'est ce fardeau qui pesait le plus sur les épaules du Doc alors qu'il était en chemin. Malgré la souffrance que lui coûtait ce voyage, il priait pour qu'il s'éternise encore un peu. Il repensait à cette nuit tragique. Il déambulait péniblement dans les rues du Promontoire quand il fut saisi d'un étrange malaise. Se fiant comme à son habitude à son instinct, il se dirigea vers le quartier général des Séraphins et fut surpris du regard que posaient sur lui les autres gardes. Quelque chose n'allait pas. Et la désagréable sensation qui l'avait tiraillé plus tôt s'amplifia. Quand il questionna les soldats en poste sur où trouver le sergent Laynar et d'autres membres du TAGS, tou devient clair.. et funèbre à la fois.


On lui avait indiqué les cellules. Il devait s'agir d'une erreur, forcément. Il était trop tôt. Ils l'auraient fait mandaté, ils l'auraient consulté. Et à ce moment là il aurait pu abattre ses dernières cartes. Les marches étaient étroites et vicieuses et il fut contraint de ménager son impatience pour arriver entier jusqu'en bas. Et, au faire et à mesure qu'il descendait, une odeur de poudre imprégnait ses narines et lui brûlait la gorge et les yeux. Il sentait ses larmes se masser au bord de ses paupières. Ou peut-être n'était-ce pas à cause de cette odeur mais de ce qu'elle impliquait...

Souvenons nous de nos frères morts au combat..
Vano... Estaint.. .Elean... Mira... Edward... Madoqua...

Madoqua ? Non ! Ils devaient attendre ! Ce n'était pas normal, c'était forcément une erreur. Ce ne pouvait pas se passer ainsi... Hélas la réalité est un bourreau impitoyable qui ne souffre aucune contestation même malgré nos plaintes et nos arguments.
Madoqua gisait sans vie au pied du mur de sa cellule, et toujours cette odeur de poudre qui devenait suffocante. Devant elle se tenaient ses anciens camarades du TAGS pour la plupart le canon de leur arme encore fumant de leur crime.
A ceux-là il n'adressa pas l'once d'un regard, de peur de leur sauter à la gorge tant la douleur et la culpabilité avaient déjà commencé à le ravager de l'intérieur. Il essaya de rester digne et debout, tandis que certains lui parlaient. Mais il ne pouvait les entendre, d'ailleurs le souhaitait-il ? Non il était totalement détruit et consumé par la honte et le désespoir. Il avait tant cherché un moyen d'éviter cette issue qu' il était persuadé d'avoir les cartes en main pour. Il avait trouvé deux solutions alternatives.


La première consistait à épargner Madoqua pour qu'elle serve de sujet expérimental sur les produits des laboratoires Edelweiss. Laboratoire à qui il avait même commandé dans les échantillons quelques sédatifs pour voir si avec leur aide il parviendrait à stabiliser et juguler la sauvagerie qui parfois prenait possession de son amie. Ce n'était pas une fin glorieuse ni noble. Sans doute Madoqua aurait refusé et l'aurait haï pour ça. Mais au moins peut-être aurait-elle vécu. D'ailleurs il s'était refusé à tester sur elle les produits autres que sédatifs, la considérant toujours comme membre du TAGS.
L'autre alternative passait par le recours aux Veilleurs. Il s'y était enrôlé quelques jours plus tôt en lien avec ses valeurs, mais aussi pour demander à la chef de guerre Lïn une faveur. Celui d'incorporer Madoqua au besoin au sein de leurs troupes, et ainsi lui offrir une seconde chance et une nouvelle vie qui lui conviendrait peut-être mieux.


Mais tout ça était réduit à néant à présent. Peut-être que ses propositions auraient échoué, qu'elles auraient été balayées d'une revers de main tant par la cours martiale que par Madoqua elle même. Mais de contempler son amie sans vie sans avoir pu même essayer le ravageait. Car même à ce moment là au comble du désespoir, il y avait cet espoir qui refusait de se résigner, ce maudit "et si" qui sous entend que le monde ne serait pas celui qu'il est actuellement. Mais ça la réalité s'en moque éperdument. Mais si il avait pu formuler ses deux requêtes auprès de l'institution militaire, peut-être aurait elle reçu la clémence..? Ces questions et ces ruminations l'anéantirent. Les remords et la culpabilité balayèrent tout sur leur passage, allant même jusqu'à fissurer son masque.

Doc, c'est la fin qu'elle aurait souhaitée..

Sergent. Avec tout mon respect... Vous m'emmerdez.

Sans doute Nennius était il trop envahi par sa propre douleur pour sentir celle des autres membres de sa compagnie. Il serait temps plus tard, beaucoup plus tard, de discuter avec ses compagnons et de resserrer les rangs. Mais pas pour l'heure. Alors, il s'avança vers la dépouille et tâchant de contenir ses larmes rendit les derniers hommages à Madoqua par la prière, et supplia Balthazar de lui permettre de flanquer des roustes jusque dans les brumes de Grenth.
Il implora le pardon de son amie pour être arrivé trop tard et n'avoir pas pu essayer d'avantage, pardon qu'il n'obtiendrait sans doute jamais... Pas plus que sa rédemption ni l'acceptation de cet échec.
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MessageSujet: Re: Les Sentiers de l'Héritage   Mer 12 Mar - 21:50

Claypool...





Pardonne moi...

Les larmes de Sophia semblait faire trembler les murs de la maison familiale tandis qu'elle pleurait la perte de sa sœur.
Alors, il regardait impuissant et coupable ce sinistre spectacle, ce supplice atroce qui lui déchirait le cœur...

Excuse-moi...

La fillette sanglote à chaudes larmes, désormais abandonnée et seule au monde, elle n'est plus que tristesse.
Et l'homme qui endosse le fardeau de bourreau et de message de la mort prie pour que son chagrin cesse...

Ecoute-moi...

L'enfant maudit cette armée sans cœur ni compassion qui fauche ses âmes tourmentées sans leur offrir de pardon.
Et l'étranger se retrouve démuni de tout argument, ne pouvant qu'être déchiré entre sentiments et dévotion..

Ne dis pas ça...

Sophia crie et hurle sa douleur, jamais elle ne reverra plus sa chère grande sœur,
Et Nennius, tourmenté jusqu'en son âme souffre à s'en fendre désormais le cœur...

Ne m'en veux pas...

La môme toise le messager avec dédain, abasourdie par l'égoïsme de sa demande,

Il n'a plus sa place dans cette demeure sa présence est une offense le met à l'amende..


Mon Père viendra...

L'Orpheline lève les yeux vers cet individu étrange et meurtri qui s'en retourne boitillant, son bâton pour béquille..
Le lendemain, un homme lui aussi aux cheveux blancs se présenta à elle pour lui proposer une nouvelle famille..


Au revoir, Madoqua...
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MessageSujet: Lettres à mon Père.. (2)   Mer 12 Mar - 21:50

Citation :
Mon Fils,


Je t'informe que notre famille vient de prêter allégeance à la Maison de Tyrange, en paiement d'une dette ancienne de nos ancêtres.
Je crois savoir que tu connais Siam de Tyrange, je t'invite à te rapprocher de cette dernière pour porter ce serment au nom de notre Famille.

Il est inutile, mon Fils, de te rappeler quel poids a dans notre Famille un serment sur l'Honneur et la notion de Dette.

Ton Père,







Citation :
Mon Père,

J'ai bien reçu votre courrier. Je verrai Siam de Tyrange à ce sujet, j'ai cru comprendre qu'elle était dans la détresse.
Cependant je m'inquiète sur la manière de conserver toutes ces loyautés et serments, tout en gardant "mon masque".

Nennius.












Citation :
Mon Fils,

Cette tâche est difficile et périlleuse je le concède. Mais elle t'incombe.
Les Tyrange sont une ancienne famille Ascalonienne envers qui nous avons une dette de sang, mais eux aussi.
Leurs idéaux sont proches de nos valeurs. J'escompte que tes états de service te permettent d'y être adoubé chevalier.

Ton Père,










Citation :
Mon Père,

Je trouve ces machinations sournoises et malhonnêtes. Je veux bien servir les Tyrange avec plaisir si c'est par Honneur et par Dette. Mais pas dans l'optique d'en recevoir des grâces...
Notre famille est tombée bien bas si nous arpentons ce chemin.

Nennius.










Citation :
Mon Fils,

Je fais ce qui est pérenne pour notre famille et pour toi, que tu le veuilles ou non, que tu le comprennes ou pas.

Ton Père.
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MessageSujet: Re: Les Sentiers de l'Héritage   Mer 12 Mar - 21:51

Claypool...













De minces ombres courraient et mourraient sur cette peau nue. Ces longs doigts noirs zébraient sa chair tout comme ses propres mains peu avant. Cette danse sensuelle, ce jeu d'ombres et de lumières soulignait courbes et creux comme autant de reliefs délicieux.
Ainhoa était magnifique. Bien qu'elle l'ait toujours été, n'hésitant pas à recourir aux artifices propres aux femmes pour séduire et se mettre en valeur, sa nudité conférait à sa beauté une simplicité épurée des plus envoûtantes.

Tantôt réservée, tantôt féline. Parfois prude et parfois sauvage.
Sa compagne avait non seulement éveillé en lui son Pouvoir endormi, mais aussi l'Homme. Elle lui avait fait découvrir l'Amour et ses jeux sensuels.D'abords balbutiants et timides, leurs jeux amoureux avaient fini par être dictés par la Passion enivrante qui avait le don de balayer toute pensée consciente et toute raison. C'était bien là une des rares tyranies contre laquelle il ne nourrissait aucun désir de révolte ou d'indignation.







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MessageSujet: Re: Les Sentiers de l'Héritage   Mer 12 Mar - 21:51

Champs de Gendaran










Un peu de répit avait été octroyé au camp de soins géré par la Maison Chantelieu. La plupart des blessés avaient été transférés dans des zones de soins plus calmes et les dernières civières étaient occupés par des malades qui attendaient leur transfert. Profitant d'un rare moment de calme depuis que cette horreur avait débuté, le médecin du TAGS s'autorisa de consigner les derniers évènements dans un petit carnet.







Citation :
46ème jour de la saison du Zéphyr 1327 Ap.E :



Je suis arrivé tardivement sur les lieux, bien trop tard pour constater l'ampleur du désastre. Dans ma précipitation je n'ai pas eu le temps d'envoyer de message au quartier général des Séraphins, mais j'espère qu'ils me retrouveront là bas au plus tôt. En les attendant je ferai de mon mieux pour me rendre utile et réduire le nombre de pertes si c'est en mon pouvoir.
La ville est encore fumante et ses alentours immédiats sont parsemés de corps sans vie. Je ne sais pas encore qui a fait cela ni pourquoi. Mais je tremble d'avance en imaginant comment ce doit être à l'intérieur.









Citation :
47ème jour de la saison du Zéphyr 1327 Ap.E :

J'ai rencontré un homme exceptionnel dont l'aura illumine un peu ce chaos. C'est le Seigneur Chantelieu, l'homme qui administre le principal campement de soins pour les réfugiés et les troupes blessées. C'est un des rares nobles dont la noblesse d'acte correspond au titre. Je regrette que cela soit si rare. Sa maison l'épaule dans cette tâche, le temps n'est pas aux palabres, mais j'espère un jour pouvoir leur témoigner le respect qui leur est dû. En attendant des nouvelles des autres je me suis rendu utile parmi eux du mieux qu'il me fut permis.

Ainhoa m'a rejoint. De la voir dans tout ce chaos et ces blessés a réchauffé mon âme. Mais à présent j'ai peur pour elle. Et j'ai eu encore plus peur quand elle m'a dit que le TAGS était sur place, à l'autre bout de la ville, vers le passage de Lornar. Nous n'avions pas beaucoup de choix possibles, aussi décidâmes nous de couper au plus court.. à travers l'Arche.

Pénétrer dans la ville était pire que je ne l'imaginais. Au delà du danger de la toxine appelée Miasme qui rôde, c'est surtout de voir dans quel état était la cité. Je n'y suis allé que rarement, mais la grandeur et la démesure qu'elle affichait jadis n'avait plus rien à voir avec les décombres de l'Arche. Mais le pire.. ce sont ces cadavres que l'on croise à chaque recoin. Et parfois pire encore même, certains sont encore vivants. Avec l'aide d'Ainhoa nous avons tenté d'évacuer tous les civils et victimes qu'il nous a été permis. Parmi eux une fillette qui s'est prise d'affection pour Ainhoa.

Le TAGS était bel et bien au passage de Lornar. Mais l'accueil fut aussi glacial que le temps. Merkourios m'a sermonné comme un enfant qui a cassé de la vaisselle. Je n'ai pas compris pourquoi il semblait m'en vouloir, nous avions risqué nos vies pour les rejoindre... Parfois je ne comprends pas mes camarades, encore moins quand ils prennent du grade...

Le TAGS a par la suite déplacé sa base d'opération vers la cote sanglante. Il y avait là-bas un autre camp rempli de blessés à soigner. Parmi eux j'ai pu côtoyer un Hylek qui m'a part la suite fourni des informations ainsi qu'une substance intéressante. Rain avait été exposée au Miasme durant une reconnaissance, la substance a paru faire effet... Mais j'ai très vite vu qu'elle était inefficace sinon au mieux symptomatique pour les cas plus exposés au Miasme.

Mais ce n'était pas l'unique mauvaise nouvelle de la soirée. Le sergent Laynar et les autres avaient décidé de partir en mission au plus près de cette immense foreuse qui défigurait l'Arche. Une mission suicide comme ils l'avouaient à eux-même. C'étaient les ordres.. Mais la Garde n'était pas mandatée officiellement pour intervenir à l'Arche, ce débat politique avait semé le trouble dans le camp. Fort heureusement, le fait que je sois venu en civil et de mon propre chef me permettait de désamorcer les tensions diplomatiques. Et puis j'étais médecin honoraire pour les Veilleurs. Et puis depuis quand fallait-il un titre ou un rang, voir un ordre pour aider son prochain..? Ce jeu d'intrigues et de pouvoir me donne la nausée.

Je m'inquiète pour mes camarades. Je ne doute pas un seul instant que ce sont tous des hommes et des femmes de devoir, et courageux. Mais de les voir accourir d'eux même vers l'étreinte de Grenth.. je ne comprends pas cette tendance à souhaiter la mort. Je m'inquiète pour eux, et je m'en veux profondément. Car j'estime que j'aurais du réussir à leur ôter ce funèbre requiem. Un jour, j'espère, j'y parviendrai...

Mais d'abord hélas il y avait cette mission totalement merdique. Ils allaient foncer tête baissée dans la ville, se frotter au Miasme dont on n'arrivait qu'à peine à comprendre et stabiliser les symptômes. Ils n'avaient aucun rapport précis d'éclaireurs, vu que les éclaireurs eux même se faisait dégommer pour la plupart. Quelque chose en cela me révoltait. Était-ce leur détachement pour leur propre vie ou bien le fait que ceux qui donnaient les ordres en hauts lieux se torchaient du sort des soldats..?

Pire encore et j'ai honte de mon égoïsme. Je ne voulais pas qu'Ainhoa y aille car j'avais peur pour elle dans cette mission. Elle n'était pas encore prête à aller au plus près des combats, et encore moins dans un contexte comme celui là. Fort heureusement il y avait là bas beaucoup de blessés et de quoi nous occuper. Tout ce que j'ai pu faire pour mes camarades du TAGS fut de leur passer du matériel d'urgence et une bénédiction de Balthazar pour qu'il les aide.

L'attente du retour, morts ou vifs, de nos compagnons d'arme fut insoutenable. Et quand enfin nous eûmes des nouvelles cela ne fut pas bon. Les premiers rapports évoquaient deux blessés très graves voir condamnés. Et pire que tout, ils étaient au nord de l'Arche alors que nous étions au Sud...
J'ai vu dans les yeux d'Ainhoa tout son amour et sa résolution à me suivre quoi que je tente. Alors, nous sommes encore une fois passé au travers des ruines , tâchant d'éviter au mieux de nous faire nous mêmes contaminer.

Nous avons mis bien trop de temps à traverser, hélas c'était le prix à payer pour arriver en état de soigner les nôtres. Et encore une fois, les nouvelles en arrivant n'étaient pas bonnes. Il y avait un Séraphin allongé sur le sol. Ses yeux étaient atrocement lucides sur son état. Il ne respirait qu'à l'aide d'efforts surhumains et peu à peu ses forces l'abandonnaient tout comme son sang. Il était foutu. Alors.. j'ai fait la seule chose que je pensais utile pour cet homme. En lui brisant la nuque promptement j'ai mis fin à son agonie et son calvaire. Il s'appelait Maespina je crois..

Les autres étaient eux aussi en sale état, et personne n'écoutait comme d'habitude. Il a fallu que je les menace avec mon arme pour qu'ils se disciplinent et se fassent soigner. Certains n'étaient que peu touchés, comme Merkourios, un Norn ou même Rain. Il y avait la femme du sergent Laynar, Cyrile. Elle était gravement atteint, et comble de tout orgueil refusait d'être soignée.

Il a fallu la menacer, voir lui sauter dessus pour parvenir à lui prodiguer des soins. Quelle conne imbue d'elle même. Cette lutte et les désaccords qui en suivirent me valurent d'avoir le canon de Laynar pointé sur mon front.
Je voulais placer l'unité en quarantaine. Nous ne savions rien de la nature exacte du Miasme et je craignais qu'il soit contagieux. Bien sur Cyrile n'a rien voulu écouter et tout a dégénéré. Au final ils ont accepté que nous partions pour le Prieuré afin d'y installer la quarantaine.

Le Seigneur Chantelieu a une nouvelle fois gentiment offert son aide en nous prêtant des chariots pour transporter toute l'unité. Le voyage jusqu'au Prieuré fut long et maussade. Je revoyais cet homme que j'ai dû achever, pourtant je ne le connaissais pas. Dès que je fermais les yeux je voyais à sa place mes camarades du TAGS.. et parfois Ainhoa. Cela était insupportable. J'en voulais à l'armée d'envoyer de braves gars se faire tuer connement sans même préparer correctement leur mission...










Citation :
48ème jour de la saison du Zéphyr 1327 Ap.E :


Nous sommes enfin arrivés au Prieuré où nous avons pu commencer à soigner et parquer les infectés pour éviter toute contamination. Il y avait aussi des soldats de la Main de Kormir avec eux. Vorlis notamment. Même malade et fiévreux, cet homme parvient à garder son côté hautain...

Peu après nous avons été littéralement piétiné par une Norne rousse qui se targuait de donner les ordres ici même. Je pensais naïvement qu'avoir sauvé la peau de Cyrile nous aurait valu un minimum d'hospitalité, du moins de quoi pouvoir continuer les soins dans de bonnes conditions.. Je maudis ma candeur d'y avoir songé. On nous a bien fait comprendre que nous n'étions que des gêneurs et que nous n'avions rien à faire en ce lieu. Aussi, après avoir insulté comme il se doit un tel manque d'empathie et d'humanisme nous sommes repartis déplacer la quarantaine en lieux plus propices aux soins.
Ainhoa a été récupéré la môme que nous avions sauvé de l'Arche.








Citation :
49ème jour de la saison du Zéphyr 1327 Ap.E :

Nous sommes arrivés à la colonie d'Ascalon pour faire étape. Je suis soulagé de voir qu'il n'y a pas eu de cas nouveau déclarés parmi les rangs. Encore quelques jours et nous pourrons supprimer la quarantaine... Je pense qu'à terme nous irons au camp de réfugiés des Veilleurs. J'y ai de bons contacts là bas, tant pis si Laynar n'a pas aimé que je mentionne que j'y étais affilié en tant que médecin. Mais bon venant d'un type lié à la Lame Brillante et dont la femme travaille pour le Prieuré, femme pour qui il menace son propre médecin..







Citation :

50ème jour de la saison du Zéphyr 1327 Ap.E :

Arrivés au camp des Veilleurs. Le TAGS n'ayant pas reçu d'ordre officiel d'intervenir au nom de la Reine et de la Kryte s'est provisoirement rangé sous commandement noble, chez les Barenthon. Ils veulent à nouveau y retourner dans ce merdier encore fumant.
Merdier dans lequel il m'est arrivé d'aller avec d'autres groupes et équipes visant à exfiltrer des civils et des réfugiés. Ainsi avons nous suivi ce jeune noble et ses vassaux au front. J'ai même aperçu le sergent Guillaume.
Le combat fut comme la cité, chaotique et dangereux et nous avons du battre en retraite..
Hautelance a failli mourir mais avec l'aide d'une courageuse soldat qui s'appelait Charlène il fut sauvé. Mais pas elle... Encore une perte.. Une de trop..

N'étant pas mandaté officiellement au nom du TAGS je profite des temps d'accalmie pour revenir à l'hôpital de guerre des Chantelieu et me rendre utile.
Là bas j'ai appris que la sœur d'Alyon Chantelieu était présumée perdue au sein de l'Arche. Alors, avec un groupe de braves, et même avec un Charr, nous sommes partis la chercher dans ce chaos où règne la folie. Liha Chantelieu était écrasé sous un éboulis de rochers. Une fois extirpée grâce à deux puissantes Nornes, nous l'avons soignée et avons tenté de quitter les lieux au plus vite jusqu'à la coté sanglante pour qu'elle y reçoive plus de soins. Le retour a été éprouvant tant pour les blessés que pour moi.. Je crois que je suis infecté...







Citation :
53ème jour de la saison du Zéphyr 1327 Ap.E

L'Infection est bien là. Elle regresse grâce au produit que les Hylek m'ont montré et à mes soins, mais les symptômes reviennent...

J'ai eu une explication avec mes camarades du TAGS. Ils me reprochent ma liberté d'action. A leurs yeux je n'avais pas à papillonner pour faire ce que j'ai fait. Partant du principe que j'étais sur mo ntemps hors garde, j'étais libre selon moi. En plus le temps que les puissants se décident à trancher si oui ou non il fallait intervenir, cette initiative a, je crois humblement, contribué à sauver quelques vies. Pourquoi alors ne le comprenaient-ils pas ?
Je pensais que ça leur ferait plaisir, qu'ils seraient fiers de moi et de la bonne image du TAGS que je pensais insuffler. J'avais tort...

Je me suis copieusement engueulé avec le Sergent Laynar et il m'a relevé. Ça m'a fait mal. Je me suis senti à nouveau rejeté et seul. C'était pire qu'à l'époque ou je servais les Valyena. Car là j'éprouvais un sentiment de perte atroce. Et d'injustice aussi. Etais-je peids et mains liés quand je n'étais pas en service ? N'avais-je pas le droit de consacrer du temps et mes connaissances à aider mon prochain, quand bien même fut-ce auprès des Veilleurs..?







Citation :
55ème jour de la saison du Zéphyr 1327 Ap.E :

En les regardant partir, je n'ai pas pu m'empêcher de les suivre. Ils allaient encore se mettre sous le commandement des Barenthon. Pour avoir vu à l’œuvre leur armée l'autre jour, sans discipline, sans solidarité apparente, j'avais peur pour mes amis. Nous avons marché côte à côte jusqu'à la cote sanglante. Un voyage de deux jours au moins. J'ai pu discuter avec Laynar. N'étant plus officiellement soldat je me suis permis de chercher ce qu'il dissimulait sous son masque. Cet échange m'a fait comprendre le point de vue de l'armée, et je me suis senti con quand il ma demandé si j'avais eu une permission validée par un officier avant de me rendre à l'Arche. Non. J'étais parti sans autorisation, une faute lourde..

Quel abruti. Et même si Laynar savait que je pensais bien faire, son rang lui interdisait toute clémence. J'ai accepté mon erreur et fait amende honorable en tirant des leçons de tout ceci. Il est difficile de tenir tous mes engagements et leurs contraintes, mais n'ayant pas d'intérêts antagonistes je me plais à croire que je trouverai un moyen d’honorer toutes mes dettes...
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MessageSujet: Re: Les Sentiers de l'Héritage   Mer 12 Mar - 21:52

Le Promontoire...













Tu suivras tous les enseignements des Six et tu feras honneur à leurs paroles.
Tu protègeras la Tyrie contre ses ennemis.
Tu défendras tous les faibles et les nécessiteux.
Tu aimeras ton prochain et le monde où tu es né.
Tu ne fuiras jamais devant l'ennemi.
Tu combattras pour l'équilibre des mondes avec acharnement.
Tu rempliras tes devoirs féodaux, à condition qu'ils ne soient pas contraire à la loi Divine ni à l'amour de ta famille.
Tu ne mentiras jamais et tu resteras fidèle à ta parole.
Sois libre et généreux.
Sois le Champion de la Justice et de la Vérité.
Sois Fier, Fort et Bon. Soit Vaillant et Humble.


Au Nom des Familles Tyrange, de Hiaul et des Six... prends à présent l'épée de mon regretté époux, Ilion de Hiaul, et lève toi,
Chevalier Delmeth, et Baron de Noirfaucon.





Siam de Tyrange lui remit avec émotion la magnifique épée portant les armoiries des deux lignées. Le Faucon et le Cerfs s'enroulant avec une image de force et d'Harmonie autour de la garde de l'arme. Celle-ci semblait peser lourd. Était-ce une volonté de celui qui l'avait forgé de rappeler à son possesseur que de lourdes responsabilités allaient avec cette lame ?
La dame de Tyrange l'étreignit comme un frère par la suite.



"Mais pourquoi..un tel honneur.. pour moi..?" demanda t-il incrédule.

"Parce que tu as tout risqué, tout misé pour te rendre à l'Arche et aider les gens là-bas. Et que visiblement cela ne t'a pas attiré que des félicitations.." lui répondit Siam en souriant. "En ce sens, tu as fait preuve de bien plus de noblesse que de beaucoup de comtes, de barons ou autres."

Le médecin contempla l'épée qu'il tenait dans sa main, encore incrédule. Les deux enfants de Siam gazouillaient de joie devant ce spectacle. De son côté, Nennius perdait pied tant les choses se bousculaient dans son esprit. Il était sensé être au service de la maison Tyrange, pour payer une dette que sa famille contractait envers cette dernière. Rien n'avait laissé prévoir qu'il serait récompensé avant même de faire quoi que ce soit...
Chevalier, il avait longtemps rêvé de le devenir, jamais il n'avait songé un seul instant y parvenir cependant. Tout comme il s'était résigné à voir ses camarades du TAGS gravir les échelons alors que lui resterait inexorablement dans les basses strates. Tout cela il l'avait accepté sans éprouver de rancœur ou d'envie, se savoir utile aux autres éludant toute frustration.


Et à présent, comme beaucoup de choses ces derniers temps, tout était remis en question par un nouvel évènement. Il l'ignorait encore, mais cet adoubement risquait de chambouler encore d'avantage son existence..
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MessageSujet: Re: Les Sentiers de l'Héritage   Jeu 15 Mai - 5:11

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